lun. Oct 19th, 2020

Haïti – USA : «Nous, les américains, avons une dette considérable envers Haïti» dixit Michèle Sison

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Mercredi soir lors d’une soirée de commémoration du 243ème anniversaire de l’indépendance des États-Unis (4 juillet) à l’Ambassade des États-Unis à Port-au-Prince, l’Ambassadrice américaine, Michèle Sison a délivré un discours rendant hommage à Haïti au travers des contribution du leader américain abolitionniste Frederick Douglass (1818-1895), né esclave sur la côte Est du Maryland, qui fut esclave durant 20 ans, avant de s’enfuir vers le Nord, s’instruire et consacrer sa vie au service des États-Unis. Après s’être installé à Washington, Douglass occupa plusieurs postes de haut niveau sous cinq présidents américains.

Extraits du discours de l’Ambassadrice Michèle Sison :

« […] En remontant dans l’histoire, je voudrais que nous examinions ce soir les nombreuses contributions de Frederick Douglass, l’éminent auteur et abolitionniste américain.
[…]
Haïti était très importante pour Frederick Douglass et très chère à son cœur. Cedar Hill House, la maison de Douglass à Anacostia à Washington, D.C., est maintenant un site historique […] Les guides touristiques de Cedar Hill notent que la maison affichait des portraits de Toussaint Louverture et de Florvil Hyppolyte du vivant de Douglass.
[…]
Frederick Douglass avait bien compris l’histoire des États-Unis et l’histoire d’Haïti. Lors de son discours à l’occasion de l’inauguration du pavillon d’Haïti à l’Exposition Universelle de Chicago en 1893 […] “ Nous ne devrions pas oublier que la liberté dont vous et moi jouissons aujourd’hui, est en grande partie due à la position courageuse adoptée par les fils noirs d’Haïti, il y a 90 ans… Quand ils ont sonné l’heure de la liberté, ils l’ont construite mieux qu’ils ne le savaient. ” […] l’histoire d’Haïti fait partie de notre histoire, l’histoire des États Unis…
[…]
Frederick Douglass a déclaré aussi et je cite “Aucune autre terre n’a d’eau plus pure, de sol plus riche ou de climat plus heureusement diversifié. Elle a toutes les conditions naturelles essentielles pour devenir un pays noble, prospère et heureux […] Pourtant, la voici, déchirée et brisée par des révolutions de factions bruyantes et des anarchies; pataugeant …dans un labyrinthe de misère sociale […] Tant que cet esprit de turbulence prévaudra … son indépendance bien gagnée sera menacée… le bras de son industrie sera paralysé, son esprit d’entreprise languira, les opportunités nationales seront négligées, les moyens d’améliorer l’éducation seront limités …ses espoirs … seront flétris”

Ainsi, dans ce passage, nous entendons Douglas exprimer son angoisse face aux turbulences, donc à l’instabilité en Haïti au 19ème siècle […] comment comprendre que Frederick Douglass avait les mêmes préoccupations il y a 126 ans que nombre d’entre nous aujourd’hui ?

[…] que proposait Frederick Douglass comme solution? Sans surprise il était fermement convaincu du pouvoir du dialogue. De fait, lorsque ses collègues abolitionnistes ont critiqué sa volonté de dialoguer avec les propriétaires d’esclaves, il a répondu “Je m’unirais avec n’importe qui pour faire le bien et avec personne pour faire le mal ”

C’est-à-dire, il était prêt à s’asseoir autour de la table avec n’importe qui, et à dialoguer pour préserver le bien commun. Ceci est un message qui nous est lancé à tous par l’éminent Frederick Douglass: la nécessité d’engager un dialogue de bonne foi afin de préserver le bien commun.

[…] Nous, les américains, nous avons une dette considérable envers Haïti dans la lutte pour notre liberté.

Et le bel hymne national haïtien : la chanson de Dessalines exhorte “Pour le pays, pour les ancêtres, Marchons unis, marchons unis” En effet “marchons unis” pour le bien commun !

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