octobre 23, 2021

Le Tout Au Pluriel Magazine

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Lettre ouverte au Président de la République d’Haïti, son excellence Jovenel MOÏSE!

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Monsieur le président,

Je vous écris aujourd’hui pour vous dire que je vous vois déjà presqu’au bord de l’abîme. Car, vu se qui se passe actuellement en Haïti sous votre administration, vu la gravité de l’heure et l’ampleur de la crise, notre pays est déjà à deux doigts d’une grande guerre civile qui ne cesse de le guetter pour le pire.

Alors, pour sauver Haïti et vous laver un peu devant l’Histoire, je vous conseille de donner votre démission dans les heures qui viennent. Vous serez peu ou prou grand aux yeux du peuple haïtien et devant l’humanité toute entière, car votre acte sera teinté d’un tantinet de magnanimité. Vous serez aussi, de toute l’histoire d’Haïti, le second président ayant tiré sa révérence du doux fauteuil. Et cela ne vous sera pas un passif politique, car la postérité jugera et dira que vous vouliez, en prenant cette décision de sagesse, épargner notre Patrie d’un bain de sang. Elle dira également que vous n’étiez pas le pire ennemi d’Haïti, un président hypermégalomane, un criminel-né, buvant joyeusement et allègrement du sang de ses compatriotes. Elle vous verra au contraire comme un dirigent apparemment responsable mais visiblement dépassé par les événements, qui était obligé, sous la demande persistante et insistante de presque tout un peuple assoiffé de changement, de faire un choix historique d’un si haut vol qu’il n’est pas donné aux petits destins du monde politique traditionnel haïtien de faire. Ça pourra donc, avec un éventuel échec de cette transition qui n’aura pas l’aide du ciel et de son Dieu, vous redorer partiellement le blason, voire vous donner raison aux dépens de toute la classe politique haïtienne pro-démission et transition.

Outre cela, les puinés de notre Nation divisée diront que votre bilan est maigre parce que les tenants du système vous avaient opposé leur véto. Ils vous acquitteront devant le tribunal de l’Histoire en proclamant votre manque d’expérience et de compétence dans la chose politique. Ce qui, à mon sens, fera de vous, au terme des débats, un grâcié de l’Histoire pour cause d’incapacité et d’ignorance politiques. Cependant, vos adversaires politiques et les démagogues rétrogrades de notre Patrie commune, pour se faire bons devant le peuple, lui feront croire que vous étiez le plus monstrueux et le plus contre-productif de toute l’histoire présidentielle de notre pays. Ils clameront que vous étiez pire, voire le mal absolu de notre République. Ce qui sera faux et archi faux. Mais, soit dit en passant, pour faire triompher la grande vérité , certains grands esprits de notre société auront le courage de reconnaître et de dire que le système était notre véritable problème ou le grand mal haïtien. Ils scanderont itou que votre administration n’a pas du tout aidé à transformer l’humaine condition en Haïti, tandis que vos grands amis et patrons du PHTK ont plutôt tant trabelsié le peuple dessalinien. Ce qui ne sera pas du tout faux.

De surcroît, ces mêmes politicards de la République bananière expliqueront aux générations futures que les massacres de Lassaline, de Carrefour-Feuille et de Martissan ont eu lieu sous votre règne. Ils retiendront que votre gouvernance était marquée par la systématisation outrancière de la corruption, la survenance du fameux scandale des 7 mercenaires, l’affaire Petro Caribe, l’assassinat de plusieurs journalistes et l’arrestation, la mise en détention ainsi que l’emprisonnement d’une armada de militants politiques pour cause d’opinion politique. Ils garderont aussi dans leur mémoire que votre régime a également instrumentalisé la Police, accouché et entretenu des gangs dans certains quartiers populaires qui ont assez terrorisé la population   haïtienne. Ils n’oublieront pas que vous avez bénéficié de la complicité de la majorité des parlementaires haïtiens, de celle d’une certaine frange de notre prétendue classe politique et du silence de la société civile haïtienne ainsi que du motus de la communauté estudiantine haïtienne dans vos oeuvres de fossoyeur de la République. Les progénitures haïtiennes sauront aussi que vous étiez un président menteur, soumis, assujetti et en même temps un puissant chien de garde de la cause des nantis sur le territoire de l’Empire de la liberté. Ils sauront en sus que vous étiez également un esclave politique des États-Unis d’Amérique placé à la tête de la magistrature suprême de notre État bourgeois qui a trahi par un vote sur la tribune des Nations unies le peuple vénézuélien du temps de Nicolas Maduro contre la seule garantie de votre conservation au pouvoir, ce malgré vous même et vos dérives.

In fine, monsieur le président, notre pays se souviendra que vous n’avez pris aucune mesure pour soulager sa misère et sa souffrance, et que vous n’avez non plus posé aucun acte politique significatif dans son intérêt, ce en dépit des mille et une prommesses qui lui ont été faites par vous durant votre campagne. Il aura aussi la mémoire d’avoir expérimenté votre enfer, votre mauvaise fois, votre indifférence et votre dictature. Il n’oubliera jamais que vous avez fermé vos yeux sur ses enfants de rues, ses jeunes femmes qui sont obligés de livrer leur coprs pour quelques misérables gourdes et ses enfants à déficience mentale qui sont livrés à leur triste sort dans nos rues. Haïti se souviendra que vous avez choisi de servir la cause de la droite contre celle de la grande majorité de ses files et fils. Elle se rappellera également que vous auriez pu faire quelque chose pour elle, mais vous ne l’aviez point voulu. Elle ne vous pardonnera jamais votre choix de l’assassiner, de violer ses lois et ses droits en liquidant son histoire et bradant son avenir. Honte à vous! Honte à votre femme! Honte à vos conseillers! Honte à votre administration! Haine éternelle à vous, vous qui avez contribué à domestiquer mon  pays natal! Je vous maudis éternellement. Que votre âme connaisse le tourment éternel!
Veuillez, au nom de votre satanisme politique anti-haïtien, recevoir l’expression de ma haine éternelle!

Vive la révolution qui change et libère en Haïti!

Jeudi 31 octobre 2019, Jean-Rabel, Haïti.

Fritz-hériol Mitial, communiste.