octobre 25, 2021

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Ce voyage tombe à pic pour le président, Macron reprend de la hauteur sur la scène internationale. Une pause avant d’affronter un hiver social délicat.

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En débarquant à Shanghai, Emmanuel Macron ne change pas ses habitudes. Sitôt arrivé, il fonce vers le Bund, avenue symbolique et si touristique de la capitale économique chinoise, histoire de jouer les touristes avec son épouse, Brigitte, pendant quelques minutes. Une petite promenade au milieu de quelques personnes triées par la police locale. Tous saluent cette première dame qui les intrigue tant. C’est aussi l’occasion de mesurer le gigantisme de cette métropole de 24 millions d’habitants, véritable plaque tournante de l’économie mondiale, que le couple présidentiel visite pour la première fois.

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France-Chine, acte II : le chef de l’Etat a de la suite dans les idées. En quittant Pékin en janvier 2018 lors de sa précédente visite d’Etat, il s’était engagé à revenir tous les ans. Promesse tenue. Mine de rien, voilà un sacré changement de méthode dans la relation franco-chinoise. S’inspirant de la chancelière allemande qui arpente chaque année depuis bientôt une décennie les provinces de l’empire du Milieu, Emmanuel Macron mise sur la « logique de régularité » pour gagner en crédibilité auprès de Pékin et améliorer le business entre nos deux pays. Les résultats des échanges commerciaux sont sans appel : 50 milliards d’euros côté chinois contre 21 milliards d’exportations françaises. Avec la tournée en mars dernier du numéro un chinois Xi Jinping en France, les deux dirigeants se sont rencontrés à trois reprises en dix-huit mois, sans compter leurs deux tête-à-tête en marge des sommets internationaux. Cela montre l’importance stratégique que le président français accorde à ce « partenariat global » qu’il entend installer dans la durée.

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A Shanghai, Emmanuel Macron succède à Vladimir Poutine comme « invité d’honneur » de la Foire internationale des importations qui rassemble 150 000 acheteurs chinois et des milliards de commandes. Un événement créé par le président Xi en réponse à la guerre commerciale que se livrent Américains et Chinois. A ceux qui y voient une opération de propagande, Emmanuel Macron réplique que les « tensions commerciales sino-américaines ne sont pas bonnes pour l’économie mondiale ». Il en profite pour détailler sa stratégie devant un parterre de chefs d’entreprise français et allemands : « Plus on joue franco-allemand et européen, plus on a de la crédibilité et des résultats. » Joignant le geste à la parole, il débarque à la Foire avec une ministre allemande (Anja Karliczek, en charge de l’Education dans son pays) et le commissaire européen Phil Hogan (un Irlandais chargé de l’agriculture et bientôt du commerce). Une première qui donne évidemment plus de poids à ce déplacement.

« L’idée c’est qu’il n’y ait plus vingt-sept agendas stratégiques qui viennent se confronter à l’agenda chinois, mais une voix européenne commune », assure le président français, pas mécontent de son nouveau coup diplomatique. Au printemps, il avait déjà surpris Xi Jinping en imposant la présence à Paris, lors de sa visite, d’Angela Merkel et du patron de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. « La Chine impose le réveil de l’Europe », se félicite l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, interlocuteur privilégié du régime chinois. « La guerre commerciale sino-américaine sera longue. On ne peut pas dans ce contexte de tensions être la balle de ping-pong entre les deux raquettes américaine et chinoise. Il faut que l’Europe s’impose », analyse Raffarin, qui publie à la fin du mois « Chine. Le grand paradoxe » (éd. Michel Lafon).

LA CHINE VIENT ENFIN D’ACCEPTER LA RECONNAISSANCE DES I/via paris match

/HARRY ESPOIR MICHEl/POUR LE TOUT AU PLURIEL MG...