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Walter C. Medina : « Morir sin prensa » ou quand la presse tourne le dos à la tragédie des Haïtiens!

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Vendredi 15 novembre 2019

Les médias hégémoniques, en accord avec des organisations telles que l’OEA et l’ONU, ont décidé de rendre invisible la tragédie vécue par les Haïtiens. Les grandes chaînes de télévision mettent l’accent sur le Venezuela tout en écartant ou en manipulant la réalité des pays tombés dans la disgrâce du néolibéralisme.

Après huit semaines de manifestations dans différentes villes, l’administration de Jovenel Moise a intensifié la répression. Selon le Réseau national de défense des droits de l’homme en Haïti, 48 personnes ont perdu la vie à cause des actes meurtriers des forces de sécurité. La répression qui a conduit les écoles, les administrations et les entreprises à fermer leurs portes est violente et a contraint les organisations non gouvernementales à suspendre la distribution de l’aide humanitaire.

Les 48 morts recensés à ce jour n’ont jamais fait la une des principaux médias du monde qui restent pourtant attentifs à la crise vénézuélienne.

Comme dans le Chili de Sebastián Piñera, les médias alliés du pouvoir sont remontés contre les «violents, les vandales et les pilleurs». Ils stigmatisent les manifestants comme des « ennemis » de la démocratie. Cependant, au-delà de l’histoire, il existe une réalité dénoncée mille fois. Et c’est la même qui a été vécue dans les pays d’Amérique latine dans lesquels le modèle néolibéral prévaut.

80% des Haïtiens vivent dans des conditions d’extrême pauvreté.

Ce fait dévastateur place Haïti au premier rang des pays les plus pauvres de l’hémisphère. Les troubles des Haïtiens sont compréhensibles, d’autant plus si l’on prend en compte le rapport de la Cour supérieure des comptes dans lequel le détournement de milliards de dollars par des fonctionnaires et des proches du pouvoir, y compris Moise lui-même avant de devenir président, a été dénoncé…

Moïse a toujours deux ans de mandat et, pour le moment, il n’a pris aucune mesure publique concrète et contraignante pour répondre aux demandes de la population depuis le début des manifestations. La vérité est que ce qui renforce la misère du peuple haïtien, c’est le modèle néolibéral qui favorise la dépendance économique et les inégalités.

La presse internationale tourne le dos au drame haïtien. Les 48 morts recensés jusqu’à hier n’ont pas fait la couverture des principaux médias du monde, qui restent toutefois toujours attentifs à la crise vénézuélienne.

Walter C. Medina