octobre 27, 2021

Le Tout Au Pluriel Magazine

Nous sommes vos yeux et vos oreilles

Une crise sans précédent bringuebale la plus grande université du Nord-ouest. Les responsables s’en fichent, le petit personnel titube, des étudiants jouent aux dominos.

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Depuis septembre, les étudiants de l’université Valparaiso (UV) ne savent pas à quel saint se vouer, ils s’adonnent à n’importe quelle activité pour tuer le temps. « Nous jouons aux dominos à longueur de journée, déclare un étudiant finissant en Sciences Po. On ne sait pas si on y retournera [à l’UV] ».

« On ne se souvient même pas de la dernière fois qu’on s’est rendu là-bas, fulmine un autre. Et on n’a pas l’espoir d’un dénouement si proche parce que le recteur a annoncé qu’il reconvertira l’espace en un complexe hôtelier ou un hôpital ». C’est quoi cette sordide histoire de transformation de l’espace en un complexe hôtelier ou un hôpital ?

En effet, la déclaration de l’étudiant rejoint une rumeur qui porte à croire que le recteur de l’université, l’ancien premier Ministre Enex Jean-Charles a déjà vu ailleurs sur la destinée de l’institution. Il oscille entre un hôtel et un centre de santé. Une source digne de confiance rapporte qu’elle n’aurait jamais cru à une telle « avanie ». Cette parole m’est complètement étrangère, dit la source. Une chose est sure : elle n’a pas apporté démenti sinon qu’être prudente dans ses propos.

Les raisins de la colère

L’université coûte annuellement 12,000 gourdes à un étudiant régulièrement inscrit. Point n’est besoin de rappeler que beaucoup heurtent à l’impossibilité de passer à l’économat pour régler à temps ces frais qui, dans la réalité, et si les choses n’étaient pas ce qu’elles sont, serait une modique somme.

Il faut quand même signaler que le montant restait stable ces sept dernières années, et que personne n’a jamais eu l’idée bête de revoir à la hausse les frais de scolarité. Voilà que cette année, au vu et au su de tout le monde, que l’établissement a pris la fâcheuse décision de réajuster le montant avec une plus-value de 8,000 gourdes.

Cette décision pour le moins inattendue a frôlé les nerfs des étudiants ainsi que des professeurs rencontrés qui n’ont jamais été signalés par le responsable académique. « L’administration nous aurait signalé par mail », regrette Francisque Jean-Charles, qui détient au moins une chaire tous les ans à l’UV dès sa naissance 18 mai 2006. Sans surprise, les étudiants ont riposté, l’administration n’a pas voulu faire profil bas, et les portes sont verrouillées depuis. Même les examens de reprise n’ont pas encore lieu.

Pourquoi ce réajustement ?

La même source a expliqué que l’université avait signé un contrat d’association avec l’État haïtien en 2011. Les termes de références s’alignaient à couvrir les frais de scolarité d’environ 70% des inscrits sur une année académique. Cet accord reste flou pour plus d’un, et les responsables n’ont jamais compris que la transparence peut aider à chasser des zones d’ombre.

« La plus grande erreur, c’est que le recteur avait fait croire que l’université devient, à partir de 2011, un partenariat public-privé, explique un ancien de l’établissement. Un brin de doute planait sur cet accord dès que l’annonce a été faite ». Il trouve mal que l’administration n’est animée d’aucune volonté à lever la suspicion qui enrage sur la nature du contrat. Puisqu’il y a ajustement, les étudiants rencontrés affichent la ferme volonté de savoir si le contrat a été résilié, révisé où s’agit-il, tout simplement, d’une bévue du côté de l’État haïtien. C’est l’omerta la plus totale.

Le rejet des enseignants

Francisque Jean-Charles, cousin du recteur, rencontré chez lui à la rue Sténio Vincent à Port-de-Paix, le pôle économique de la région, parle d’un manque de respect de la part de l’administration qui a pris tout le monde de court avec cette « augmentation drastique ». �
Via Loop News

Harry Espoir Michel Pour Ltp