octobre 18, 2021

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QUELLE OPPOSITION POUR QUEL PAYS? QUELLE OPPOSITION POUR QUEL PAYS?

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Il est difficile de croire des acteurs politiques formant l’opposition au régime établi ont récupéré la mobilisation populaire pour contraindre le président de la république de démissionner pour mauvaise gouvernance. Ils accusent le président Jovenel Moïse de tous les maux du monde, mais ils se comportent comme les grands défenseurs des couches défavorisées. Ils refusent de reconnaître qu’il a été élu avec un programme politique et il a hérité un pays meurtri et dévasté par des luttes intestines pour le pouvoir politique.

Il est vrai que le président Jovenel Moïse est novice en politique. Il été choisi comme dauphin de Joseph Michel Martelly pour représenter le parti politique PHTK à la place des autres candidats plus connu dans ce milieu. Les dirigeants de ce parti ont tout fait pour qu’il échoue dans la mise en œuvre de son programme politique. On pourrait lui reprocher de son accointance avec les parlementaires proches et alliés du parti PHTK. La connexité du pouvoir exécutif avec le pouvoir législatif n’a pas eu le résultat escompté du fait que les parlementaires ne défendaient pas les intérêts de leurs mandants ni le gouvernement.

Au contraire, ils utilisent leur fonction de sénateur et de députés largement rémunérés par le fonds public pour marchander leur vote au Parlement. Au lieu d’exercer le contrôle sur les actions gouvernementales, ils s’amusent à pratiquer la corruption en ramassant l’argent du secteur mafia de l’élite économique qui défend ses intérêts économiques. Ces parlementaires ont boycotté toutes les actions gouvernementales visant à améliorer les conditions de vie de la population.

Après le 2e lundi du mois de janvier 2020, le président Jovenel Moïse aura la chance de trouver les moyens nécessaires pour améliorer les conditions socio-économiques des gens des bidonvilles. Il n’y aura pas de salaire à verser aux 119 députés et près d’une vingtaine de sénateurs seront au chômage pour quelques temps. Ils ont agi au détriment de leurs intérêts en ne votant la loi électorale permettant l’organisation des élections libres et démocratiques.

Ils ont décidé de ne pas voter le budget national ni entériner le contrat de Taïwan visant à fournir l’électricité à toute la population sur l’ensemble du territoire. Ces parlementaires n’ont pas daigné statuer sur le choix d’un gouvernement légitime afin d’entériner le prêt du fonds monétaire international. Le pays a perdu les subventions budgétaires de l’Union européenne. Ils ont choisi de perdre leur temps sur une question de mise en accusation du président au lieu de statuer sur l’amendement constitutionnel.

Devrions-nous condamner uniquement le président de la République si les conditions socio-économiques de la population sont devenues déplorables? Qui pourrait faire mieux que lui dans cette situation regrettable? Le gouvernement s’est pris avec des contrats d’électricité des firmes privées qui gèrent les entreprises d’Etat. Le gouvernement subventionne les produits pétroliers, achète de l’électricité à un coût élevé pour refiler à moindre coût à la population. Cependant, le courant électrique se fait rare dans la capitale et dans les grandes villes de province.

Plusieurs entreprises ont obtenu des franchises d’importation des produits de première nécessité pour baisser leur coût de vente pour les petites bourses. Le prix des biens de consommation augmente de manière vertigineuse à cause de la spéculation exercée sur les marchés de devises. Le peuple crève de faim parce le pouvoir d’achat des familles diminue considérablement de jour en jour et le chômage s’accentue continuellement. Pour ainsi dire que la cherté de la vie incite les gens à manifester leur colère contre le régime de manière à exiger aux autorités de prendre des mesures pour améliorer le sort des plus démunis. Ce qui est normal dans de pareilles circonstances.

Des organisations politiques sans fondement idéologique qui n’ont aucune légitimité populaire décident de récupérer la mobilisation populaire pour se faire une crédibilité. Le secteur mafia de l’élite économique finance certains mercenaires de la politique pour attiser la colère des manifestants afin de renverser le régime constitutionnel. Les acteurs politiques sans légitimité populaire ont pris le pays en otage, ils ont incité les manifestants à piller les magasins, à brûler les édifices et les biens publics et à incendier les voitures des gens paisibles. Ils ont paralysé les activités économiques et les entreprises ont fermé leurs portes et envoyer des gens au chômage.

Les familles qui vivaient péniblement au jour le jour éprouvaient beaucoup de difficultés à nourrir les enfants. Les acteurs politiques de l’opposition ont bloqué le pays pendant deux mois consécutifs de manière à forcer le président Jovenel Moïse à démissionner de ses fonctions présidentielles. L’impact économique de deux mois de blocage du pays est considérable et il y a une crise de famine à l’horizon. Plusieurs diplomates étrangers ont demandé aux acteurs politiques de s’assoir avec le président pour trouver une issue à cette crise multiforme dans l’intérêt de la population. L’opposition politique résiste et maintient sa position en exigeant la démission du président élu pour mauvaise gouvernance.

Si on demandait les acteurs politiques de l’opposition est-ce qu’ils ont un programme permettant de résoudre l’insatisfaction de la population. Ils n’ont pas de réponse concrète, mais ils souhaitent la démission du président pour mettre en place une transition de manière à s’enrichir au détriment de la population. Ce qu’il faut croire, l’opposition politique a contraint le renversement du président Jean-Bertrand Aristide en 2004, rien ne s’est amélioré pour les classes défavorisées. On a empêché le régime de Joseph Michel Martelly de fonctionner en bloquant les activités économiques. Ils ont boycotté le deuxième tour des élections en instituant un gouvernement provisoire avec Jocelerme Privert.

Ils ont sucé l’administration publique et bénéficié des avantages de toutes sortes. Ils ont armé les groupes de jeunes dans les quartiers populaires pour rançonner la population. Ce sont les mêmes acteurs politiques qui veulent renverser le régime en place pour pouvoir offrir des contrats juteux à leurs comparses pendant que le taux de chômage s’accentue chez les jeunes désabusés par la politique partisane.

Les acteurs de l’opposition ne veulent pas participer à une course électorale parce qu’ils savent que le peuple ne les font pas confiance. Les organisations politiques ne sont pas représentées dans les 10 départements géographiques et leurs dirigeants ne sont pas crédibles ni honnêtes. De ce fait, on ne peut plus parler de l’opposition politique avec des mercenaires qui s’enrichissent en attisant les manifestations quotidiennes et le blocage du pays causant la perte de vies de milliers de citoyens. Ils continuent d’être le perdant et le peuple a bien compris que personne ne défend ses intérêts légitimes. Le peuple ne souhaite que la paix, la stabilité, la solidarité, la réconciliation et l’emploi pour favoriser le développement du pays.

Jean-Marie Mondésir
Juriste haïtien | Spécialiste en droit civil
Maître en sciences de développement
Éditeur de Port-Salut Magazine
Citoyen engagé de Dumont