octobre 17, 2021

Le Tout Au Pluriel Magazine

Nous sommes vos yeux et vos oreilles

Une femme sans prix, celle qui a marqué nôtre histoire de peuple libre!

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1748-1858

‘’ Passant, si tu veux savoir qui fut cette femme , consulte la première page de ton histoire ‘’.

Voici l’épitaphe inscrite sur la tombe de cette femme, ancienne Première Dame d’Haïti.

En ce 2 janvier , Jour des Aïeux , dans la tradition haïtienne ,nous vous présentons une femme hors du commun , une personnalité de grande envergure , Infirmière , protectrice des enfants , mère sensible , pitoyable et humaniste , grand-mère loyale , une ancienne Première Dame d’Haïti , témoin d’un symbole historique fort pour avoir connu l’esclavage et pris part aux luttes pour l’émancipation de la race noire , dépositaire d’une partie de l’Histoire nationale pour avoir participé à la rédaction de la première Constitution du pays .

Elle est née le 8 mai 1748 à Léogane , de parents esclaves .Son père répondait au nom de : Guillaume Bonheur ; sa mère Marie-Sainte Lobelot . Elle savait lire et écrire pour avoir été éduquée par sa tante Elise Lobelot .

A 22 ans, soit en 1770, elle a été achetée par un peintre français Michel Petit dont elle devenait l’épouse.

‘’ Vous avez tous les droits sur moi : droit d’un propriétaire sur son bien, droit d’un maître sur son esclave , mais si vous voulez connaître la femme qui est en moi , vous devez m’épouser ‘’.

Ainsi Michel Petit épousa la femme, malheureusement il mourut cinq ans plus tard , soit en 1775.

Après plusieurs années de viduité, elle épousa en secondes noces Pierre Lunic qui mourut en 1788.

En 1800, au cours du siège de Jacmel , ( Pendant la ‘’ Guerre du Sud ), elle rencontra Jean-Jacques Dessalines qu’elle épousa quelques mois plus tard .Au cours du mariage , elle exigea la rédaction d’un contrat pour que Dessalines reconnût ses enfants . Mais Dessalines ne sachant ni lire ni écrire, elle rédigea elle-même l’acte du contrat .Elle apprit à lire et à écrire à son mari, le futur Général en chef de l’armée et futur Chef d’Etat du pays .

Première infirmière d’Haïti , elle épargna de l’angoisse , de la famine , de la mort des centaines de vieillards , de femmes et d’enfants en obtenant du Général Jean- Jacques Dessalines l’autorisation de pénétrer dans les murs pour apporter aide et assistance aux malades, affamés , assoiffés et aux blessés .
Elle alluma les feux sous des trépieds improvisés, éplucha les légumes, déballa des caisses de médicaments pour panser de nombreux blessés. Elle savait aussi utiliser les plantes médicinales pour soigner les patients.

Chaque 1er janvier, de 1804 à sa mort , elle distribua de la soupe au giraumont aux nécessiteux et à tous ceux qui en avaient besoin .

Couronnée Impératrice le 8 octobre 1804, le même jour que Dessalines , elle a été surnommée ‘’ FELICITE‘’ .

Elle adopta plus de 30 enfants orphelins.
Femme simple, animée de générosité ,de compassion , de bonté , de bienveillance et de cœur , elle légitima les enfants naturels de Dessalines , enseigna la lecture , l’écriture , la couture et la broderie …

Elle épargna de la mort beaucoup de colons français dont Descourtilz qu’il sauva en suppliant Dessalines à genoux en présence de nombreux officiers et soldats.

Témoin de la Révolution de Saint-Domingue, elle est l’une des rares femmes à garder sa notoriété dans la société haïtienne et participa à la rédaction de la Constitution du 20 mai 1805.

Le 17 octobre 1806, l’Empereur Jean-Jacques Dessalines a été assassiné. Cette femme connut des moments douloureux ; humiliée, persécutée après des interrogatoires musclés par les adversaires , assassins et successeurs de Dessalines qui voulaient surtout savoir où se trouvait la fortune de l’ Empereur .

Elle refusa la main de plusieurs hommes après la mort de Dessalines.

‘’ Quant on a été l’épouse d’un libérateur, il n’y a plus d’hommes pour nous sur cette terre .’’

Elle meurt le 9 août 1858 à 110 ans , aux Gonaïves où gît son tombeau, après 52 ans de viduité.

Certaines écoles nationales et une Fondation portent son nom.

Il s’agit de MARIE CLAIRE HEUREUSE FELICITE BONHEUR DESSALINES

Kesly Lafond
2 janvier 2020
Montréal.

Commentaire de Romane Désir, rédacteur de LE TOUT AU PLURIEL MAGAZINE: Kesly Lafond est un écrivain à suivre. Il peut vous tenir animer du commencement jusqu’à la fin de son texte.

Merci compatriote Kesly pour ce beau texte.

Tous droits réservés, LE TOUT AU PLURIEL MAGAZINE.

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