octobre 23, 2021

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Réflexions sur l’Avenir d’Haïti. 21 février Père Jean-Miguel Auguste. “Le pays à l’envers” !

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Je me souviens encore d’un Éditorial de M. Fardin, dans son Journal d’avant garde, le Petit Samedi Soir. Il donnait la réplique au Président Dominicain d’alors, le Dr. Joaquin Balaguer, qui estimait et qualifiait notre chère Haïti de « Pays à l’envers ».

À cette époque, tout le monde criait au scandale, au racisme, tant nous étions outragés par les propos du Chef de l’État voisin. C’était le temps où toute la Nation était encore fière de sa réputation et pouvait être indignée, offusquée et blessée.

Venant d’un Président étranger : « Haïti Pays à l’envers, » personne ne pouvait imaginer qu’une telle conclusion deviendrait, quelques décennies plus tard, une prophétie, un défi, un souhait, un oracle, une malédiction, une « expédition », qu’il fallait conjurer et renvoyer à son expéditeur. Nous nous sommes contentés de faire preuve de notre faux orgueil traditionnel. Très fâchés au matin, pourtant, on retrouvait à Casablanca, dans la soirée, l’establishment du pays et, tout le long du weekend de cette ignoble déclaration, dans les bordels de Carrefour où les dominicaines tenaient le haut du pavé. Ces boites de nuit ne dépeuplaient pas. Et l’on pouvait entendre, de la bouche des officiels du Gouvernement et des officiers de l’Armée, des chants de gloire et de victoire sexuelle de la part de ces idiots aux dépens de ces femmes du plus ancien métier du monde qui les dépouillaient méthodiquement et régulièrement de tout leur avoir, malgré leurs prétendus grades et savoir. Et cela continue et persiste sous d’autres formes. La Dominicanie nous saigne et nous dévalorise.

Pour beaucoup d’hommes de l’époque, coucher des Dominicaines était source de fierté et moyen de se venger des Gouvernements dominicains successifs, qui n’arrêtaient pas de nous humilier, de nous abuser, de nous massacrer.

Déjà, je comprenais que ce n’était pas la bonne réponse ni la bonne réplique face à l’agressivité et au racisme dominicains, mais j’étais encore trop jeune pour réaliser que ce comportement naïf et primaire donnait inévitablement raison au Dr Balaguer.

Ce n’est qu’en participant aux cours et aux Séminaires d’Été qu’organisait à cette époque, le CHISS du Sociologue Dr Hubert de Ronceray, que j’ai commencé à réaliser et à identifier les différentes manifestations des anomalies dans lesquelles évoluait notre Pays et nous avec. Et elles se résumaient comme suit :
1)La Présidence à Vie et une Chambre des Députés « j’approuve »;
2) L’absence de Campus Universitaires dans le Pays, à l’exception de Port-au-Prince et encore, il ne s’agissait que d’un amalgame de falcutés éparpillées un peu partout dans la capitale;
3) La bidonvilisation et la kokoratizatyon qui envahissaient nos moeurs et le pays dans toutes ses composantes;
4) des écoles à multiples vitesses dont plusieurs ressemblent davantage à des boutiques où l’on vendait un mauvais savoir qu’à des établissements sérieux de formation de nos jeunes citoyens et citoyennes;
5) Une démocratie à la carte tantôt avec parlement tantôt sans;
6) L’incapacité de respecter un calendrier électoral;
7) La permanence des conseils électoraux provisoires plutôt qu’un conseil électoral permanent;
8) depuis 1987, le refus, par tous nos Chefs d’État indistinctement, de la création du Conseil Constitutionnel;
9) La Volonté de certains acteurs de la vie nationale d’amender tout bonnement, une fois de plus, la Constitution de 1987, sans pour autant en respecter les procédures établies.

Et la liste pourrait s’allonger encore de plusieurs pages.

Et soudain arriva le départ des Duvaliers et depuis, le pays s’est retrouvé en chute libre avec pour seul acquis, celui de la liberté de parole qui, malheureusement, a été souvent dévoyée, pleine de vacuité, mal utilisée et mal maitrisée. Et un constat accablant s’impose : des cancres et des amateurs se retrouvent et se succèdent aujourd’hui à la plupart des postes de responsabilité des trois pouvoirs de la République.

Commencée avec les Duvaliers, cette réalité révoltante et avilissante devenue norme, a évolué de manière effrénée jusqu’à faire de notre chère Haïti un « Pays à l’Envers ».

Le “Pays est à l’envers“ quand il devient plus facile et plus rapide d’obtenir un extrait d’archives à travers un racketteur que par les voies régulières.
Le “Pays est à l’envers” quand un Président prétend combattre la corruption et que pas un seul corrompu notoire et avéré n’est arrêté et encore moins jugé, condamné et jeté en prison. Le “pays est à l’envers” quand, le Président, dans le dernier décret sur la passation de marché, enlève à la Cour Supérieure des Comptes son pouvoir constitutionnel de rendre un avis favorable avant toute signature d’un contrat liant l’État haïtien à un tiers.
Le “Pays est à l’envers” quand les représentants de l’ordre, les policiers, doivent se comporter eux-mêmes, en bandits légaux, pour obtenir et jouir d’un droit que leur accordent la Constitution et le bon sens.
Le “Pays est à l’envers” quand le Gouvernement dépense des millions de gourdes pour organiser un Carnaval voué aux gémonies populaires, mais que le Président veut à tout prix pour plaire à celui à qui il doit son poste, au lieu d’investir cet argent dans l’Agriculture, dans l’Éducation ou dans un programme de prévention de certaines maladies contagieuses.
Le “Pays est à l’envers“ quand le Gouvernement de facto de Lapin, en accord avec le Président de la République, utilise les fonds publics pour satisfaire les caprices et désirs d’un maniaque « ke twò ta bare » pour l’aider à aller insulter ces braves et décents citoyens et citoyennes du Nord héroïque et lui permettre ainsi, dans la bêtise et avec des tours de rein et des invectives, lancer sa campagne présidentielle en panne de slogan et de bilan.

Cet entêtement peut être fatal pour beaucoup, car les Capois, la jeunesse et le Pays en général ne se laisseront pas faire. Le Pays est à l’envers quand lors des présidentielles de 2010, des hommes d’Eglise, des professionnels, une partie du secteur privé et de la société civile ont ouvertement et bêtement, demandé et chanté « Bann chawony nou « . Leur requête a été agréée et nous payons toujours le prix d’une telle inconséquence et en humons encore l’odeur.
Oui, le ”Pays est à l’envers” et même très à l’envers quand nous passons tout notre temps à détruire et à brûler le peu d’infrastructures qui nous restent, ainsi que nos biens privés et publics tout en continuant à décapitaliser la classe moyenne à travers les casses, le kidnapping, les rançons et en assassinant et martyrisant de paisibles concitoyens.
Le “Pays est à l’envers” quand systématiquement est proscrite toute participation des compétences de la Diaspora dans la gestion des affaires de l’Etat.
Le “Pays est à l’envers” quand nos dirigeants ne manifestent aucune véléité à vouloir créer de la richesse à travers de bonnes politiques fiscales, une bonne gouvernance et l’exploitation méthodique et disciplinée de nos ressources minières et énergétiques.
Le ”Pays est à l’envers” quand exceptionnellement nous possédons tant de mines dans notre sous-sol et, piteusement, refusons de les mettre en valeur alors que nous vivons dans l’indigence, dans l’assistanat, dans la mendicité, dans la saleté, dans le deshonneur et dans la honte.
Le ”Pays est à l’envers” quand, malgré la pénurie, les déficits et l’inflation, la dévaluation monétaire accélérée, nous continuons de gaspiller, de voler, de produire et de provoquer le désespoir et la fuite des cadres et des cerveaux, des capitaux et des entrepreneurs.

Les exemples de fonctionnement à l’envers du Pays sont interminables et innombrables.

Aux vrais patriotes, à tous ceux et celles qui croient encore à la compétence, au savoir, au savoir faire et à la vocation ancestrale et historique d’être une Nation Arc-en-ciel comme l’Afrique du Sud et plus encore et mieux encore, au “Petit Reste” des gens bien formés et bien informés, aux hommes et aux femmes de Lumière, que la Sagesse et la Connaissance soient données, pour qu’ils comprennent aujourd’hui même le nécessaire et l’urgent devoir de prendre la destinée et le gouvernail de notre Pays pour le conduire vers son Epiphanie, par la moralité, par le respect des valeurs et des normes, par la pratique des vertus de justice et d’égalité, par la prospérité et la modernité.

Le temps presse. Il est presque trois heures… le Pays est encore à l’envers. AN NOU VIRE L LANDWAT! Choisissez le Bien. Choisissez d’y croire. Choisissez d’être un Arc-en-ciel. Que Notre Dame du Perpétuel nous vienne en aide en intercédant pour nous.

Père Jean-Miguel Auguste

+50937470865
+13473378954
miguelnov19@gmail.com

Commentaire de Romane Désir, rédacteur en chef de LE TOUT AU PLURIEL MAGAZI: La situation que vive Haïti depuis longtemps est preuve qu’il y a une conspiration totale contre le peuple haïtien qui est le peuple choisi de Dieu- les vrais Hebrews-Israelites. Il est clair que l’occident connaisse cette vérité sur le peuple haïtien. Et en retour, il choisit de corrompre quelques haïtiens ignorants pour destabiliser le pays; mais cette battaille appartient à Dieu- Le Créateur de tout ce qui existe..

Il y a une prophétie sur Haïti. Maintenant, il est une question de temps avant que les humanoïdes disparaîssent dans le pays.

Merci collègue Jean-Miguel Auguste pour ce texte lumineux.

Tous droits réservés, 23 Février 2020