jeu. Nov 26th, 2020

Sang et larmes, ardoise des chefs…

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Le sang n’en finit pas de couler dans la zone métropolitaine de  Port-au-Prince et en province. Si le décompte funeste se poursuit, en dépit des belles promesses de chefs de mettre les bandits hors d’état de nuire; la machine du kidnapping n’est pas en reste. Elle tourne à plein régime…

Il est midi passé. À la rue des Casernes, en face d’un magasin vendant des pièces de véhicules, un homme fraîchement tué par balle gît au bout de son sang. Autour de son cadavre, ni attroupement ni émoi n’a été observé au passage du journal.

Chacun continue de s’occuper de ses affaires sans prêter attention à ce corps laissé au soleil, entre deux écoles, à moins de 300 mètres du ministère de l’Intérieur, du Palais national, de la cour de cassation ou du quartier général des FAD’H.

L’homme, Wilmack Thomas, avait 47 ans, a appris le journal en fin d’après-midi d’une source proche du commissariat de police de Port-au-Prince.

72 heures avant, c’est dans les hauteurs de Port-au-Prince, à Montagne Noire, un quartier huppé, que la mort a frappé. Peu avant 1 heure du matin, samedi 07 mars, des hommes armés ont fait irruption au domicile de Jean Frédéric Carrenard et criblé de balles ses deux agents de sécurité de la compagnie SNS, Michel Dieunord, 36 ans, et Jean Pierre Richard, 39 ans. « Sur le corps de Jean Richard Pierre, j’ai constaté 14 orifices », a confié au journal le juge de Pétion-Ville, Carl Henry Destin. L’autre agent a reçu quatre balles, trois dans le corps et un au niveau de la clavicule droite, a-t-il poursuivi, soulignant avoir relevé plusieurs douilles et des projectiles de calibre 9 mm au domicile. Le propriétaire, Jean Frédéric Carrenard, a confié au juge Destin s’être défendu et a repoussé  les assaillants qui ont laissé derrière eux une pince coupante. La police scientifique et technique de la DCPJ s’est rendue sur place. Elle a collecté des éléments dans le cadre d’une enquête de la police judiciaire.

Sur la Toile, des photos d’un jeune homme tué par balle ont circulé. La victime aurait résisté à une tentative de kidnapping, à Gérald-Bataille, dimanche 08 mars. Le porte-parole de la PNH, Michel Ange Louis-Jeune, interrogé à ce sujet, a indiqué que la police de Delmas n’a pas d’information sur cette affaire.  La justice expéditive s’installe…
Plus au nord d’Haïti, à morne Gilles, première section communale de la Grande-Rivière du Nord, trois présumés voleurs ont été lynchés par des membres de la population, a révélé au journal le porte-parole de la police du Nord, l’inspecteur divisionnaire Anassé Dorival. « Nous ne savons pas s’ils étaient armés. Nous savons que des membres de la  population ont intercepté quatre des huit présumés voleurs. L’un d’eux, originaire de la zone, était un éclaireur qui a été remis à la police », a-t-il expliqué, soulignant que la loi condamne la justice expéditive. Kidnapping, la machine tourne à plein régime
Entre-temps, au niveau de la zone métropolitaine de Port-au-Prince, la machine à kidnapping continue de tourner. Six parmi les huit personnes kidnappées le week-end dernier ont pu être libérées en échange de rançon. Le journal a appris que l’écolier kidnappé ainsi que l’accompagnateur du conducteur d’un bus scolaire ont été relâchés. Le bus scolaire a été retenu à Village-de-Dieu, un sanctuaire, un no go zone, même pour la police.
Des sources indiquent qu’un employé de la BRH, un homme d’affaires et une femme sont parmi ces personnes libérées. Elles indiquent aussi que ce sont des assaillants lourdement armés qui ont enlevé l’homme d’affaires. Chefs généreux en promesses…
Le nouveau ministre de la Justice, Me Lucmane Delile, a indiqué être le censeur capable de ramener la paix, de libérer le Bicentenaire.  Les bandits feront marche arrière par tous les moyens, a-t-il assuré, appelant la population à la patience, lundi, en début de journée. La semaine dernière, c’est le Premier ministre, chef du CSPN, qui avait affirmé qu’il est temps que le sang arrête de couler. Le Premier ministre Joseph Jouthe, a promis des actions et des résultats en matière de sécurité publique. Sinon, il remettra le tablier, avait-t-il confié au journal Le Nouvelliste vendredi 06 mars 2020. « Ma gestion est axée sur les résultats. Et si je ne peux pas donner des résultats, il faut que je cède la place à quelqu’un d’autre. Nous ne pouvons pas avoir un pays où l’on fonctionne de cette manière », avait indiqué Joseph Jouthe, interrogé sur le décalage entre les promesses d’autres chefs et la dégradation de la sécurité dans le pays.

Roberson Alphonse.

Commentaire de Romane Désir, rédacteur en chef de LE TOUT AU PLURIEL: Tant que nous ne décidons pas de mettre fin dans le phénomène de l’insécurité en Haïti, il restera toujours roi…. Écrire et parler seulement sur ce phénomène n’est pas suffisant, il faut prendre des décisions d’état contre ses auteurs…

Tous droits réservés, 10 Mars 2020.

LE TOUT AU PLURIEL MAGAZINE: NOUS SOMMES VOS YEUX ET VOS OREILLES.

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