octobre 19, 2021

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Manifestation de rue ce 18 mai Mes larmes d’indignation : Ces fossoyeurs qui font mentir l’histoire

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Vous m’excuserez mes émotions en écrivant ce texte qui m’est dicté par quelque chose de plus fort que moi. Seul dans ma chambre, aujourd’hui, J’ai pleuré d’indignation, de honte, de douleur, voire d’une colère étouffée et d’une rage silencieuse. J’ai versé des larmes abondantes, je vous le jure, après avoir visionné une vidéo, produite par des intellectuels africains, qui traite d’Haïti, de l’immensité, de la vastitude et de la singularité sublime des œuvres et exploits de nos ancêtres dont nous devrions être les heureux héritiers.

Mais, Mesdames et Messieurs, j’ai le triste regret de vous le cracher sans filtre : Nous n’avons rien à voir avec les Dessalines, Christophe, Pétion…, et avant eux le grand Toussaint Louverture; ces héros de l’humanité qui sont parvenus à réaliser l’impossible mission de civiliser les ‘‘civilisateurs’’, de leur donner justement cette leçon d’humanité, de liberté, d’autodétermination, d’abnégation et de grandeur.

Qu’avons-nous donc fait de leur mémoire? Notre égoïsme, nos luttes intestines, fratricides, le ôte-toi-que-je-m ’y-mette, le mépris du drapeau et de la patrie, le jusqu’au-boutisme infernal, l’absence de solidarité et d’union, les ont cruellement trahis. Nous pataugeons dans une laideur qui nous déshumanise, mais qui, en même temps, rend ‘‘beaux, bons et exemplaires’’ les corrompus, les corrupteurs, les dilapidateurs, les politiciens véreux et les malfaiteurs, considérés comme des modèles de succès, peu importe les moyens utilisés pour s’enrichir et se hisser au sommet de la hiérarchie sociale, l’éthique et la morale, étant pour eux, des valeurs superflues.

Le respect, que ces frères Africains portent aux Haïtiens, m’a énormément ému, particulièrement à un moment où nous célébrons le 217e anniversaire de la création de notre bicolore. Ils présentent Haïti comme un motif de fierté, un exemple de résistance, et comme étant à la base de la gloire et de la dignité de l’homme noir dans le monde. Mais ce que nous devons savoir c’est que ces éloges ne sont nullement adressés aux générations que nous sommes. Car, nous n’en sommes pas dignes. Seuls nos valeureux ancêtres méritent pareils témoignages d’estime.

En effet, nous sommes comme des enfants crétins, paresseux, débiles et bêtes, qui capitalisent seulement sur la bonne renommée et le legs reçus de leurs parents pour se forger une réputation et justifier une grandiloquence basée sur un héritage historique unique dont les corollaires de développement politique et socioéconomique demeurent sans pertinence actuelle. Souvent, je me demande la raison pour laquelle tout ce dont nous pouvons être fiers date du temps de nos ancêtres. En d’autres termes, on n’a rien foutu depuis plus de 200 ans.

Et sans sous-estimer le coût du fardeau de l’indépendance que nous ont fait payer et que nous font encore payer les puissances colonisatrices, je ne vous apprends rien en soulignant que les échecs imputables à nos défaillances propres (les âneries non provoquées) sont indéniables et sont grandement responsables de nos misères. Et nous nous en donnons à cœur joie. C’est triste!
Ce qui me rend encore plus triste c’est cette attitude irresponsable et quasi criminelle de certains malfaiteurs politiques, devenus fous, qui lancent, en pleine crise de Coronavirus, une manifestation de rue pour demander le départ du président Jovenel Moise. Les membres de l’opposition radicale et leurs alliés doivent faire preuve d’une imagination plus fertile.

On a le droit de protester car le gouvernement peut bien profiter de la crise sanitaire pour s’arroger des droits que la constitution et les lois de la République ne lui reconnaissent pas. Toutefois, cela ne doit pas se faire au détriment de la vie de tous ces gens qui n’auront aucun moyen de se protéger contre une infection au virus mortel, la COVID 19 qui fait rage. On aurait pu organiser une action symbolique, avec une dizaine de personnes, comme SOS Journalistes se préparait à le faire récemment (en respectant les consignes…).

Le 18 mai est un jour consacré aux fondateurs de la patrie commune et à la célébration de ce que notre nation a de plus symbolique, son drapeau. Le peuple en a marre! Cette soif maladive pour le pouvoir se révèle dévastatrice pour ce qui reste de notre pays déjà ravagé.
Notre histoire en est une de géant. Elle charrie un idéal de liberté et d’humanité qui s’inscrit dans une universalité intemporelle. Notre vie de peuple devrait être parmi les plus enviables qui soient. Cependant, cette approche dichotomique et ce vouloir entêté de notre part de toujours remplacer les maitres ou de demeurer esclaves de l’esclavage, ont rendu incrédules et sceptiques beaucoup de gens à travers le monde, qui se demandent comment les héritiers de tels génies et de tels cerveaux sont-ils parvenus à se retrouver au bord de l’abêtissement.
Ce sont donc ces assoiffés de pouvoir, ces fossoyeurs de la République qui font mentir notre glorieuse histoire. Honte à vous! Oh, Nom de Dieu de bordel de merde! Hélas! Respectons la mémoire de nos ancêtres!

Joseph Guyler C. Delva

18 Mai 2021

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