octobre 19, 2021

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Une détresse inédite et persistante

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Nous sommes au milieu d’une détresse inédite dans l’histoire d’Haïti. Nous sommes au milieu d’une catastrophe qui végète… ».

Quand, en 1996, le professeur Leslie François Manigat poussait ce cri patriotique, il a voulu établir la différence à faire, entre une crise passagère – qui constitue un moment aigu de détresse, de souffrance, pour la résolution de laquelle une intervention de choc suffit à rétablir le malade, à rétablir sa santé – et une crise qui perdure. Pour lui, déjà en ce temps-là, nous pataugions dans une crise qui bouche l’horizon du modeste citoyen, lui enlevant tout espoir d’avoir même un toit. Qui interdit à l’ouvrier, jusqu’à sa mort – s’il ne se résout pas, un jour, à partir – de posséder un réfrigérateur, une voiture… comme n’importe quel travailleur d’une société en voie de modernisation, comme celle de la République dominicaine.

En ce temps-là, le pays n’avait pas encore été frappé par la catastrophe humaine du deuxième embargo criminel de son histoire 1991-1994 ,du séisme dévastateur de janvier 2010 qui a sapé tous ses vieux fondements physiques, décapitalisé sa classe moyenne et achevé, surtout, le processus de paupérisation de ses couches ouvrières et paysannes . L’ancien président du pays, fondateur du Rassemblement des démocrates, nationaux, progressistes (RDNP), plaidait, ainsi, pour l’avènement de la modernité en Haïti, avec tout ce qu’elle comporte, permet, comme conditions nouvelles d’existence, pour le plus grand nombre. S’indignant, de fait, que, dans notre société, il n’existe que des enclaves et des îlots de modernité qui, outrageusement, accusent toutes nos impérities, nos iniquités, nos vilénies, nos injustices sociales séculaires…

Il relevait, donc, les effets pervers de la crise politique qui perdure, dans notre refus de modernité, sans pouvoir, à l’époque, présager cette déconfiture de la société haïtienne qui nous a valu, depuis, cet exode massif, débridé de jeunes, universitaires compris, vers le Chili, le Brésil. Voire, le règne triomphant des bandits légaux, des gangs armés, des kidnappeurs, qui nous enfonce dans la dimension la plus avancée d’une crise sociétale : celle spirituelle qui nous fait perdre tous les repères socio-historiques. Qui engloutit toutes les valeurs morales et normes sociales. Qui plonge l’ensemble de la population dans la plus grande angoisse sociale, dans la plus sordide désespérance politique, avant même les inquiétudes et incertitudes charriées, désormais, par le Coronavirus.

En ce temps-là, la société haïtienne n’avait pas connu, encore, la détresse du choléra-minustah, celle de la dilapidation des Fonds Petro Caribe, celle des catastrophes humaines « peyi lòk » et/ou naturelles. Elle n’était pas encore ébranlée par l’effet destructeur de la pandémie Covid-19, que déjà ce passionné du bien public haïtien posait, comme une nécessité fondamentale et urgente, la création des moyens de faciliter l’accès, du plus grand nombre, aux conditions humaines de vie, estimant que celui-là vivait au-dessous du niveau de pauvreté absolue et que le coût de l’homme n’était pas assuré en Haïti.

C’est l’objectif fondamental du combat que mène, encore, le RDNP dans l’offre de son projet de société, comme alternative pour : «Changer la vie en Haïti». Ce projet politique, qu’il entend appliquer, s’impose plus que jamais, doit marquer la rupture avec un certain ordre de choses, et permettre au pays de prendre, irréversiblement, la direction du chemin de la modernité, des chantiers de l’espérance. C’est pourquoi le RDNP travaille, inlassablement, à rassembler tous les nationaux, démocrates et progressistes, autour de cette grande exigence nationale : changer le cours de l’histoire, à partir de l’exécution d’actions politiques et citoyennes concrètes. Changer la vie en Haïti, à partir de l’application de politiques publiques, pragmatiques et réalistes, concoctées par une équipe déterminée à relever le défi. C’est à ce noble combat que nous invitons, les citoyennes et citoyens ayant la majorité requise et la conscience claire. L’invitation à faire le choix entre l’effondrement du pays ou sa survie au bénéfice des générations montantes.

Permettre au plus grand nombre d’accéder aux conditions humaines de vie, en réparant les torts et injustices séculaires, réclame l’active participation des plus capables et honnêtes, à la vie politique, à la vie des partis politiques organisés, structurés. L’apprentissage de la vie démocratique ne se conçoit pas sans la permanence des structures partisanes chargées de former de vrais dirigeants, pétris aux grandes questions idéologiques, doctrinales, historiques, culturelles, conscients de l’objectivité sociale de la vérité et de la morale, soucieux de l’éthique de responsabilité.

L’offre du RDNP s’appuie sur son expérience du pouvoir d’État, faite de sérieux, d’honnêteté, de compétence, de sens du service public et de défense du bien commun. Ce qui lui vaut toute sa réputation de parti responsable et sérieux. Aussi ne cesserons-nous jamais d’offrir notre alternative, pour raffermir la foi des croyants, pour convaincre les incrédules, les tièdes, les désespérés, dans cette croisade que nous menons pour susciter le grand saut qualitatif et quantitatif vers la régénération de la patrie commune.

Ensemble, ensemble, ensemble, jusqu’à la victoire finale.

Met men pran desten nou an men

Eric Jean Baptiste
Secrétaire Général du RDNP

Via Le Nouvelliste, 24 Mai 2020.

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