octobre 27, 2021

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Débat sur le racisme : Jovenel Moise perd sa langue Haïti, une voix qui manque cruellement

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Au lendemain des évènements tragiques impliquant George Floyd, un noir américain ayant trouvé la mort à la suite de scandaleuses violences policières, le monde semble se réveiller d’un sommeil d’inconscient pour exiger un changement de paradigme racial qui répond aux valeurs de dignité, d’égalité, d’équité, d’intégrité et de liberté, inhérentes à l’humanité ou à la race humaine à laquelle nous appartenons tous, indépendamment de la couleur de notre peau ou des nuances physionomiques ou morphologiques.
Le racisme est défini comme une idéologie fondée sur la croyance qu’il existe une hiérarchie entre les groupes humains, les « races ». Notons que c’est Larousse qui a mis races entre guillemets. Vous comprendrez pourquoi j’ai noté que c’est Larousse qui a noté, puisque des scientifiques respectables et respectés ont démontré qu’il n’y a qu’une seule race chez les humains, la race humaine; et que les premiers humains ont eu la peau noire et sont originaires du continent africain qu’on désigne, à raison, comme le berceau de l’humanité.
Le racisme est également défini comme une attitude discriminatoire, d’hostilité systématique et souvent violente envers une catégorie déterminée de personnes, etc.
Et s’il y a une thématique, une problématique ou une situation où l’autorité et la légitimité d’Haïti sont incontestables, c’est dans ce débat si crucial sur la question raciale, au vu de la révolution haïtienne où des noirs chosifiés ont défié avec succès l’ordre colonial esclavagiste (l’ordre mondial d’alors) pour réclamer leur dignité, leurs droits et libertés, ainsi que ceux de tous les peuples oppressés à travers le monde. Et ils ont lié l’action à la parole en apportant de l’aide à Bolivar…, dans la poursuite de cet objectif et en accueillant des gens venus de partout où ils faisaient l’objet d’oppressions, de discrimination ou de racisme. Quel bel exemple de solidarité et d’humanité!
Mais comment comprendre, en ce 21e siècle, qu’Haïti puisse se taire devant des faits racistes caractérisés qui ont stupéfié et estomaqué le monde entier. Les réactions, les condamnations pleuvent de partout; des manifestations de colère et d’indignation sont enregistrées mêmes parmi les fils et petit-fils de colons esclavagistes, tandis que les fils et petit-fils des champions historiques de cette lutte – pour l’égalité et la justice raciale, pour l’abolition de l’esclavage et la restitution de la dignité humaine – semblent bizarrement s’accommoder des énormités, des monstruosités dont des noirs sont constamment victimes aux États-Unis et dans d’autres coins du monde.
Et plus récemment (juste le weekend écoulé), on a enregistré, dans la ville d’Atlanta, le cas de Rayshard Brooks, un noir âgé de 27 ans, descendu par un policier blanc, alors qu’il essayait de s’enfuir en courant, après avoir arraché des mains d’un officier, un pistolet ‘‘Taser’’ qui n’est nullement létal. Toujours aucune réaction des dirigeants de la première République noire indépendante du monde.
On aimerait tant voir un Jovenel Moise à genoux à l’instar du Premier ministre canadien, Justin Trudeau, pour protester contre ces violences racistes et ces discriminations raciales dont les noirs sont constamment victimes aux États-Unis et ailleurs. Haïti demeure une des plus grandes puissances historiques du monde, mais malheureusement ses leaders se rapetissent trop souvent.
Cette attitude, au gout de déshonneur, serait-elle due à une peur bleue que Donald Trump ne se fâche, que les autorités politiques ne perdent les bonnes grâces ou les faveurs du président américain?
Le président Jovenel Moise ne doit pas avaler sa langue. Il doit assumer l’héritage historique légué par nos ancêtres qui ont dicté aux esclavagistes les vraies valeurs et la véritable signification de la civilisation humaine.
Un positionnement, un geste de solidarité explicite envers les noirs du monde entier ou une condamnation sans langue de bois de ces comportements racistes, par le président Jovenel Moise, serait un acte à forte charge symbolique.
Il est évident que la voix d’Haïti manque cruellement dans ce débat sur le racisme et les violences qui en découlent.
Il est tard, très tard, mais pas trop tard. Il n’est jamais trop tard pour bien faire, car mieux vaut tard que jamais, dit-on.

Joseph Guyler C. Delva

La redaction de LTP

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17 juin 2020.

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