octobre 17, 2021

Le Tout Au Pluriel Magazine

Nous sommes vos yeux et vos oreilles

7 février 2021 ou 2022 ? Nous sommes aujourd’hui plus confus encore que nous ne l’étions hier, au point de questionner l’opportunité du débat, d’autant plus qu’aucun n’aura été engagé à propos de sujets de préoccupation immédiate.

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Il est en effet regrettable que les érudits comme les politiques de niveau primaire, n’aient pas eu la même énergie et la même détermination pour débattre de nos préoccupations les plus urgentes :

· Vols…viols…meurtres,

· Enlèvements, séquestration contre rançon,

· Usage abusif de la force contre des innocents,

· Spoliations de biens par ceux-là même qui sont préposés à les protéger,

· Distribution massive d’armes et de munitions par des mafieux et des politiques manipulateurs d’une jeunesse privée d’Espoir,

· Tuerie suivie de décapitation et de lacération de cadavres,

· Pénurie inexpliquée d’énergie électrique et de carburant,

· Décapitalisation des entreprises, industries et commerces,

· Paupérisation de la classe moyenne,

· Abêtissement d’une jeunesse avide de savoir,

· Politisation des unités de la Police Nationale d’Haïti avec, comme corolaire, l’émergence de regroupements sans discipline, sans éthique, dénués d’esprit de corps et de respect de la hiérarchie… des regroupements terroristes en somme,

· Absence de politique d’assainissement et de reboisement,

· Incitation à la prolifération des bidonvilles en dehors de tout plan d’urbanisation.

Convenez que ces quelques sujets sont loin d’être tout ce dont nous devrions débattre et, déjà, rien qu’à les énoncer, nous ressentons tous cette terrible migraine que l’on prête à la COVID-19. Cependant, a pris et, prendra encore d’autres vies alors que le mal dont nous souffrons est mille fois plus mortel et risque de décimer toute une nation.

2021 ou 2022… Les médias sont submergés de demandes d’interventions, beaucoup veulent se prononcer et parmi eux, les inconditionnels du 7 février 2021 : interprétations des prescrits de la Constitution, renvois aux textes de loi, les démonstrations de connaissances académiques font pâlir ceux qui, comme moi, n’arrivent toujours pas à dissiper leur confusion, alors que le simple rappel historique concernant le traitement du premier mandat de Jean Bertrand ARISTIDE, auquel il n’a jamais été crédité son temps d’exil, aurait eu bien plus de poids dans leurs argumentaires puisque devenu jurisprudence en la matière. Auraient-ils peur de le citer et courir le risque de lui donner l’avantage du combat puisqu’il est la toute première victime du fameux temps constitutionnel ?

Le principe de continuité du temps électoral aurait pu constituer un argument qui tiendrait la route si le CEP lui-même, en annulant les résultats, n’avait pas annulé tout le processus. S’il y avait continuité, Maître André MICHEL, candidat malheureux à la Présidence en 2015, n’aurait pas pu, par nostalgie d’échec, s’inscrire comme candidat au Sénat pour les compétitions de 2016.

D’un autre côté, les partisans du 2022, suivant une logique toute simple, auraient eux aussi raison. Qui d’entre nous, honnêtement, concéderait, sans aucune raison à un autre, un temps de mandat pour lequel il aurait été élu ?

Si nous acceptons le fait qu’un mandat est un contrat de gestion octroyé à partir des résultats d’un concours entre différents compétiteurs, il est plus qu’évident que le temps imparti commence à courir le jour de la prise de fonction. Mais, remarquez que si nous sommes obligés d’en débattre aujourd’hui, c’est parce que les prescrits constitutionnels ne sont pas clairs. De ce fait et sans aucune méchanceté, ne devons-nous pas douter des compétences de ceux chargés de la rédiger ?

Plus que 2021 et 2022, la refonte de notre loi-mère est un principe acquis mais l’actuel gouvernement ne peut, en aucun cas, l’initier ou la proposer sans risquer d’être accusé d’une violation similaire à un délit d’initier, alors qu’il est souhaitable que les prochaines compétitions électorales aient lieu sous l’égide d’une nouvelle constitution. De plus et pas pour résoudre l’énigme, aucun des Partis et Regroupements de l’opposition n’accepterait de participer à des élections organisées par l’actuelle équipe gouvernementale.

Raisonnons un peu :

· Pour des débats sur les articles proposés, la sensibilisation de toute la population à s’y intéresser, pour la rédaction finale et l’organisation du référendum… minimum 12 mois…

· Pour la mise en place du dernier CEP provisoire ou du premier, constitutionnel, pour l’organisation des compétitions par départements dans le souci d’en diminuer le coup en nous permettant de ne concentrer nos maigres moyens que dans un département à la fois…

· Pour l’obtention de financement international contre pré-qualification de certains candidats…

· Pour la proclamation des résultats et la fixation du temps des mandats… minimum 12 mois…

· Pour la mise en place de l’énième gouvernement provisoire chargé de la réforme constitutionnelle et des élections…minimum 12 mois…

· Pour récupérer le temps consacré à la gestion des éventuelles catastrophes naturelles et/ou préparer la visite d’un cousin de COVID-19 …minimum 12 mois… et nous voici déjà à presque le temps d’un mandat présidentiel complet.

A ce propos, l’appel à la concertation lancé par le Docteur Emmanuel MÉNARD, président de la Force Louverturienne Réformiste, a retenu notre attention et mériterait d’être suivi d’effet.

Pourtant, il suffirait d’un petit compromis pour éviter que l’International, fatigué de nos turpitudes, nous impose un magicien des chiffres qui nous rendra plus pauvres que nous ne le sommes déjà. Evitons aussi que ce soient encore les mêmes qui vocifèrent et imposent, lors même que durant plus de 30 ans, ils n’auront rien produit à part que d’avoir contribué à écrire les pages sombres de notre histoire de Peuple, que ceux-là se taisent et nous foutent la paix !

Il est temps de laisser la place à ceux d’ici et de la Diaspora que de leur tête pleine de savoir et d’expérience sauront nous vendre leur rêve d’une Haïti prospère.

Un compromis, rien d’autre. Un compromis comme un complot citoyen pour livrer bataille contre notre ennemi le plus redoutable, notre léthargie. 2021 ou 2022 sont bien moins importantes que 2020 qui marque l’échéance d’un réveil citoyen.

Faisons tout et n’importe quoi mais faisons quelque-chose pour nos enfants et en mémoire de nos pères.

ECRIT PAR/
Ashley LARAQUE

Le/ 18/6/ 2020/

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