octobre 19, 2021

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La promesse des 3000 gourdes: Jovenel Moise est pris dans son propre piège !

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Le Coronavirus ou la COVID-19, qu’il a engendré a frappé la planète et provoqué des problèmes socio-économiques auxquels les gouvernements cherchent à pallier. De ce fait, plusieurs gouvernements, spécialement aux Etats-Unis et au Canada, ont décidé d’aider leurs citoyens à faire face aux aléas économiques. La décision des gouvernments d’Amérique du Nord a vite été copiée par certains pays, dont le nôtre. Le gouvernement haïtien avait lui aussi promis d’aider son peuple économiquement, et le Palais Natinonal avait annoncé un transfert de 3000 gourdes aux Haïtiens. Au lancement de cette initiative, de transférer des fonds à une tranche de la population, le président de la République eût à dire que « ce fonds est destiné à l’endroit des personnes vulnérables qui sont en insécurité alimentaire dans le pays ». La raison d’une telle initiative a été peut-être justifiée, mais sa concrétisation a été mal faite puisque les fonds ont été déviés de leur vraie destination à cause de l’incompétence du pouvoir “Tèt Kale”, ou encore du sadisme dont a fait preuve le pouvoir PHTK envers le peuple haïtien.

Lors d’une conférence de presse, le président avait fait savoir que l’État allait distribuer trois mille gourdes à 1.500.000 citoyens qui utilisent le service “Moncash » de la Digicel, une plateforme numérique permettant d’envoyer, de recevoir et de faire des dépôts sur des comptes. Entre-temps, l’idée a été déviée en quelque sorte, mais la tactique est restée lui-même.

Pour recevoir le montant des 3000 gourdes, ce n’est pas la Digicel qui sélectionne le nom des bénéficiares, comme on l’avait annoncé dans la première conférence de presse; c’est plutôt le gouvernement Moïse/Jouthe qui achemine des noms à la compagnie pour suites nécessaires, parce que de leur côté, il pensait avoir le contrôle réel des personnes vulnérables dans le but de respecter la destination de ces fonds. Cependant, leur propre tactique les a trahi comment l’expliquer ?

Le gouvernement a lancé des mots d’ordre à ses représentants sur l’étendue du territoire avec pour mission de prendre le nom, le CIN/NIF et les numéros de téléphone des personnes habilitées à recevoir l’aide financière des 3000 gourdes. Malheureusement, et ce grâce à une méthode non-contrôlée, il y a des gens qui reçoivent en deux ou trois fois le montant promis. La nouvelle s’est répandue parce que les tractataires n’ont pas caché de le dire ou de le confier à d’autres personnes. Voyez-vous pourquoi ? C’est parce que la tactique employée n’a pas envisagé de court-circuiter la corruption qui gangrène l’appareil de l’État qui tombe dans l’apathie. Les personnes responsables d’enliser le nom des récipiendaires ont pris le soin d’enregistrer le nom de leurs amis/es, famille et alliés.

Oui, il y a vraiment des personnes ayant accès au téléphone portable, ou qui n’en ont pas, qui sont dans le besoin. Prenons l’exemple des personnes démunies vivant dans les sections communales, ceux et celles qui s’assoient toujours devant les églises et les places publiques, autrement dit les pauvres (enfants et vieillards). L’assistance des 3000 gourdes n’a pas touché ces groupes les plus vulnérables qui, en réalité, représentaient la vraie destination finale de l’aide gouvernementale.

Selon la dernière note de Moncash le total bénéficiaire de ce fonds est de 143.477 ; et, depuis le 5 juin jusqu’à date, il n’y a pas de mise à jour. Or, l’État haïtien a visé plus d’un million de personnes. Il n’est jamais pas trop tard pour changer les donnés, si vraiment les autorités avaient voulu supporter les couches les plus vulnérables de la société.

À notre avis, la meilleure façon de distribuer ces fonds, serait de laisser la Digicel distribuer le montant aux familles qui ne peuvent pas survivre au moment de la Covid-19, et aussi de faire une distribution en espèce aux sans-abris dans points fixes à travers les villes et communes. L’échec probant de l’initiative gouvernementale, nous pousse à faire remarquer la fraude qui l’a accompagnée. Cet échec met aussi en relief un bluff d’état. Nous parlons de grand bluff parce que distribuer 3.000 gourdes à 1.500.000 citoyens équivaudrait à la somme de 4.500.000.000 de gourdes, ce qui monte à 45 millions de dollars américains. Or, le gouvernement n’avait pas eu ce montant. En réalité, c’est une façon pour avancer avec la corruption et le blanchiment des avoirs publics. Malheureusement, quand les bons moments viennent, l’État s’enfuit ! C’est la tactique des autorités.

Ricardeau TOUSSAINT, étudiant en Sciences Juridiques.
ricardeautoussaint@gmail.com
+5093210-9453
Tous droits réservés , 20 juin 2020.
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