octobre 23, 2021

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Mes Réflexions à propos de certaines lois du Nouveau Code Ashley Laraque

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Pour beaucoup d’entre nous, ce premier semestre de 2020 charrie son lot de surprises, de déceptions et de malheurs. Il aura aussi été l’occasion de profondes réflexions sur l’avenir. Chez les gens de mon âge, Il a amplifié l’incertitude autant que notre inquiétude à propos de l’avenir des plus jeunes.

Il a ridé d’avantage nos visages, déjà marqué par plus d’un quart de siècles de turpitudes.
Impuissants, voire même quelque peu approbateurs, nous redoutons de devoir assister à l’exode massif de ce qu’il nous reste de « cerveaux ». Resterons-nous seuls à ruminer, une énième fois, ces récurrentes questions à propos de notre participation à la déchéance du pays?
« Qu’avons-nous omis de faire ? Que leur avons-nous laissé faire ? »
Pour répondre à un besoin sociétal, de nombreuses initiatives comme la APAAC ont vu le jour.

La plupart ont disparu alors que les besoins pour lesquels elles ont existé sont plus importants encore aujourd’hui. Le déni des parents, notre refus d’admettre l’étendue du problème de consommation excessive d’alcool et de drogues par nos jeunes, le désintérêt des médias à ce phénomène, l’inexistence de structures étatiques de prise en charge et surtout, notre indifférence collective, ont eu raison du bon sens pour un résultat douloureux à bien des égards : des vies gaspillées, des meurtres gratuits, une délinquance galopante, des familles détruites, une institutionnalisation de l’inacceptable.

Notre refus systématique de contribuer à l’émergence de nouveaux leaders nous aura forcé d’accepter ceux qui, seuls, se sont imposés. Barbecue le pacificateur est sûrement un prochain membre du parlement !

Nos institutions, organisations, associations, ordres, et autres supposés creusets pour forger des meneurs, ont presque tous privilégié des intérêts claniques et n’auront fait valoir que des positions sectaires et conjoncturelles. Ils ont failli à leur mission consistait à œuvrer pour le développement et la modernisation dans la durée, des secteurs d’activités dont elles ont la charge. Aucune entreprise ou entrepreneur n’aura bénéficié du support, ou n’a été sanctionné par les organisations auxquelles ils sont affiliés.

Nous nous taisons quand ils sont injustement accusés et fermons les yeux quand ils déshonorent leurs secteurs.
Aujourd’hui, toute notre énergie est utilisée à contester le code Pénal. De ce code, trois sujets font l’objet de nos préoccupations.

La carte d’identification nationale dite carte Dermalog
Les détracteurs en contestent la pertinence et décrédibilisent son objet.

L’identification des citoyens peut être un outil capital pour les prochaines compétitions électorales. Un outil qu’aucun des partis de l’opposition ne peut contrôler. Mais, d’un autre point de vue, outre cette méfiance plus que justifiée, l’utilité et la nécessité de cette carte est-elle contestable?

Quant aux pénalités prévues à l’encontre des citoyens dépourvus de la carte Dermalog, seuls d’anciens censeurs ou des obsédés d’autorité peuvent les avoir suggérés. Si déjà aucune pièce officielle ne peut être sollicitée sans cette carte, aucune transaction effectuée sans elle, pourquoi agiter les esprits avec le spectre d’autres sanctions difficilement applicables contre une population où le chômage est exponentiel et l’informel, la norme?

La réduction de l’âge légal à 15 ans
Dans un tout autre chapitre, la réduction de l’âge légal, autorisé pour les relations sexuelles, nous porte à nous interroger sur le contenu du code précédent : était-il prévu une sanction contre ceux qui entretenaient des rapports sexuels avant leur maturité légale de 18 ans ? Sinon, pourquoi une loi maintenant ? Le dossier révélé par WickyLeaks à propos de l’utilisation de mineurs haïtiens sous la férule de la Fondation Clinton serait-il la justification ?

Cette loi permettra à l’adulte de plus de 20 ans d’entrer en relation avec une enfant de 15 ans sans courir le risque d’être accusé de viol – détournement de mineurs ou de pédophilie puisqu’il se défendra d’entretenir des rapports avec une adolescente légalement autorisée et consentante.

Comment préviendra-t-on la prostitution des mineurs compte tenu que dès 15 ans, ils y seront autorisés? Sera pédophile uniquement l’adulte qui se commettrait avec un ou une partenaire de moins de 15 ans ? L’objet, voire l’opportunité, de cette loi nous échappe, sinon que cette dernière confirme la précarité de notre corps social et l’inexistence de structures de prise en charge pour une prévention des grossesses précoces et de la prostitution des adolescents.

Légalisation de la liberté de choix des pratiques sexuelles
A propos de la légalisation de la liberté de choix des pratiques sexuelles, pourquoi légaliser ce qui est déjà un acquis ?

Ici par contre, nous comprenons la démarche qui, implicitement, autorise aussi le mariage entre gens du même sexe, ce qui de toute évidence contribuera à la relance du secteur touristique ne serait-ce qu’à cause de la sympathie que l’État témoigne envers cette minorité. Le tourisme, en aucun cas, ne sera seul à en bénéficier puisque cette loi précurseur du mariage homosexuel aura les mêmes retombées économiques que celui autorisant le divorce des étrangers.

La vraie question demeure : quel est le bénéfice d’une publication sans l’aval de représentants légitimes du peuple et/ou d’organisations de la société civile, d’autant plus, qu’aucune de ces lois ne répond à une urgence (connue) dont dépendrait la survie de la Nation ?
Serait-ce une stratégie de diversion dont l’objet serait de déplacer les débats sur la carte d’identification pour concentrer l’attention sur les minorités et les enfants ? Ou une fleur à la Fondation Clinton à propos de leur implication présumé dans un trafic d’enfants haïtiens ?
Nous avons des questions plus urgentes à régler :
– La sensibilisation de l’électorat, de plus en plus minoritaire, à participer aux élections;
– Une campagne d’éducation pour faire valoir la nécessité d’établir des critères d’honnêteté et de compétences pour le choix des candidats et le vote des électeurs ;
– Accompagner les organisations dans leur mission d’éducation civique ;
– Redéfinir « être haïtien » et contribuer à l’élaboration d’un projet-pays afin que nos dirigeants deviennent non pas les décideurs mais les exécutants du Rêve Citoyen.
Merci à celles et ceux qui me lisent et prennent le temps de critiquer !

Ashley Laraque

Tous droits réservés ,  Le 06 juillet 2020

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