sam. Août 15th, 2020

Haiti-Corruption: AUX GRANDS CORROMPUS ON CRIE MISÉRICORDES ! AUX PETITS CORROMPUS ON CRIE MISÈRES ET CORDES !

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En Haïti, depuis quelques temps il y a un mot qui fait refrain de toutes les mélodies et qui fait penser plus d’un. C’est la CORRUPTION. La corruption s’installe comme norme dans toutes les sphères de l’Administration de l’État. Dans ces lignes, il sera opportun pour la jeunesse haïtienne de comprendre cet épiphénomène qui gangrène l’Administration publique et l’obstacle majeur qu’il représente au développement  de notre cher Pays.

Quid de l’Administration publique ?

Sans m’attarder à donner une définition complexe de l’Administration publique, nous  rappelons tout simplement qu’aux termes de l’article 234 de la constitution en vigueur, l’Administration publique, composée d’un ensemble de structures et d’agents publics, est l’instrument par lequel, l’État concrétise ses missions et objectifs. Pour garantir sa rentabilité elle doit être gérée avec HONNÊTETÉ et efficacité. Se basant sur cette définition constitutionnelle du concept Administration publique, nous comprenons que l’Administration mérite d’être gérée non seulement de façon efficace  mais surtout avec HONNÊTETÉ. Il devrait y avoir deux modes de gestion, un axé sur l’efficacité de chaque centime dépensé et un autre sur la moralité des dépenses.

Le constat alarmant et déplorant nous permet de voir que les diverses actions déjà faibles et insignifiantes menées autour de l’Administration par différents gouvernements qui se sont succédé tendent toujours vers une gestion efficace, et ce peu efficace, telles, le contrôle interne du  budget, l’IGF, le contrôle parlementaire sur les finances de l’État, etc. Tout en ignorant l’aspect éthique et moral des finances publiques que prescrit la constitution. Voilà pourquoi, tant de dérives et de gabegies sont constatées dans les deniers publics ces dernières années notamment le gaspillage des fonds de PetroCaribe.

La corruption est toute transaction clandestine réalisée au profit de l’intérêt privé mais au détriment de l’intérêt public, c’est à dire au détriment de la société. Elle est l’absence des règles établies, le non-respect des valeurs éthiques et morales, le contraire de la loi. L’État, personne morale de droit public qui, sur le plan juridique, représente une collectivité, et exerce un certain nombre de pouvoir comme l’utilisation légitimée de la contrainte physique pour faire respecter la loi, notamment dans la collecte des impôts, ne peut pas se constituer en bande pour violer la loi et favoriser la corruption. Alors que dans l’ETHIQUE A NICOMAQUE, Aristote lie les fonctions publiques avec la vertu, ainsi la vertu devrait être l’expression de tout femme ou homme au timon de la gouvernance administrative et financière de l’État. Donc un homme d’État, un ministre, un premier ministre, un comptable public, un ordonnateur est celui qui cultive l’éthique, il forme un seul corps avec la vertu, avec ce qui est moral ou ce qui est bon.

 La corruption, aux termes de la récente loi du 09 mai 2014 portant prévention et répression de la corruption, s’entend de tout abus ou de toute utilisation faite à son profit ou pour autrui, de sa fonction ou de son occupation au détriment de l’Administration publique.

La corruption fait apparaitre au moins deux acteurs : on a d’une part, le corrompu, celui qui se laisse corrompre et le corrupteur, d’autre part, celui qui cherche à corrompre. Elle peut être active quand c’est l’Agent public lui-même qui fait les sollicitations de corruption. Elle est dite passive quand l’Agent public se laisse facilement corrompre. Heureusement cette loi réprime toute personne à un stade ou à un autre, (personne morale, physique, privée, association, entreprise, ONG) ayant la volonté de participer à des actes de corruptions soit comme auteur, co-auteur et/ou complices.

 La corruption n’est pas un choix, ce n’est pas une alternative pour la jeunesse. La jeunesse haïtienne doit dire non à la corruption. La corruption est un mal. Elle retarde le changement attendu. Elle représente un obstacle majeur à la réalisation des infrastructures et superstructures du Pays. Elle fait mal à toute une société, à tout un peuple qui ne peut avoir accès à des services sociaux de base.

La concussion, l’enrichissement illicite, le blanchiment des avoirs, le détournement de biens publics, l’abus de fonction, la surfacturation, le pot de vin, la commission illicite, le trafic d’influence, le népotisme, le délit d’initié, la passation illégale de marchés publics, la prise illicite d’intérêt, l’abus de biens sociaux nuisent le bon fonctionnement de notre chère Haïti. Ces faits et autres empêchent nos enfants d’aller à l’école. Ces faits montrent l’état lamentable au plein 21ème siècle de nos hôpitaux. 

Nous comprenons ainsi qu’il y a nécessité de cultiver le savoir être au sein de l’Administration publique pour espérer une gestion saine des finances publiques. Cependant, c’est avec tristesse que nous voyons les valeurs éthiques et morales s’effritent comme les eaux se noient dans les océans. Au point désormais l’aune de grandeur devient uniquement une course vers la richesse économique et matérielle. Ce qui est le plus dommageable pour une société c’est quand ce virus touche la jeunesse. Comment un jeune de 25 ans, 30 ou 40 ans veut être riche à tout prix et vivre dans l’extrême opulence sans une base financière pré établie.  Depuis quelques temps l’Administration publique empreinte d’impunités représente la seule source de richesse facile pour les corrompus. D’où le fondement de l’idée : AUX GRANDS CORROMPUS ON CRIE MISÉRICORDE ! AUX PETITS CORROMPUS ON CRIE MISÈRES ET CORDES !  C’est-à-dire pour tous ceux-là qui sont proches du pouvoir, ils ont libre cours de dilapider les fonds PetroCaribe. car, on criera  MISÉRICORDE (AMNISTIE). Dermalogue, ah pas de problème ! on criera miséricorde

Aux termes de l’article 235 de la constitution en vigueur, les fonctionnaires et employés sont exclusivement au service de l’État. Ils sont tenus à l’observance stricte des normes éthiques déterminées par la loi sur la fonction publique. Au nom de l’éthique et la déontologie l’Administration publique établit la carrière et sanctionne aussi jusqu’à la prison. Déjà la lutte contre la corruption est un élément important d’éthique et de déontologie au sein de l’Administration publique.

Nous terminons cette fatidique lecture pour exiger une synergie positive entre l’ULCC, l’UCREF, l’IGF et la CSC/CA pour éradiquer la corruption sinon envoyer des signaux clairs tendant à améliorer la perception d’Haïti sur la corruption. ULCC et la CSC/CA doivent commencer par produire leurs rapports avec diligence et déférer par devant qui de droit les dossiers qui trainent depuis plus de 10 ans pour les suites nécessaires. Quel est le bilan de l’ULCC pour ses quatorze ans d’existence, combien de dossiers sont donc déférés pour suspicion de corruption ?  L’homme bon est celui qui réalise correctement sa fonction.

 

Mesdames/messieurs les responsables de l’ULCC et de l’UCREF, je vais vous montrer une voie par excellence pour que tout au moins, si vous le voulez bien, vous commenciez à envoyer des signaux et changer notre perception de corruption. Aux termes de l’article 242 de la constitution  en vigueur, l’enrichissement illicite peut être établi par tous les modes de preuves, notamment par présomption de la disproportion marquée entre les moyens du fonctionnaire acquis depuis son entrée en fonction et le montant accumulé du traitement ou de ses émoluments auquel lui a donné droit la charge occupée. Sur la base de cette disposition constitutionnelle, comment rester immobile sans rien faire et constater des gens qui entrent dans l’Administration publique et en un clin d’oeil avec ses maigres traitements il devient riche. Cette disproportion marquée doit être justifiée raisonnablement par devant vous ULCC, UCREF, CSC/CA. On peut appliquer cet article de la constitution, on peut par cela commencer à envoyer des petits signaux montrant que nous nous sommes détachés de ce mal, qu’est la corruption. La corruption est une mauvaise perception qui empêche le développement touristique.  Selon Transparency international, en 2019,  Vingt-deux des pays qui avaient auparavant une très mauvaise note sur la corruption ont consenti d’énormes sacrifices pour pouvoir considérablement améliorer leur perception de la corruption.

In fine, il importe non seulement de dire non à la corruption mais aussi et surtout d’éliminer dans notre subconscient toutes formes de traces de mauvaises pratiques de corruption. Toutes formes de népotisme, de clientélisme et de mounpaism. Les cours d’éthique, de morale et de déontologie doivent désormais intégrer le cursus académique et universitaire de l’homme haïtien. Il faudra en outre présenter à la jeunesse haïtienne d’autres modèles de valeurs de succès et de réussite. Fini le temps de crier miséricorde ! Ensembles Grands et Petits, Agents publics, fonctionnaires, contractuels, personne morale, secteur privé , société civile, association ou organisation de quelle que appartenance que vous soyez agissons dans la vertu. Luttons pour l’honnêteté, combattons pour l’intégrité. Dépensons les biens publics avec respect et par dessus tout honorons les femmes et hommes qui, au prix de grands sacrifices s’adonnent à la vertu et s’acquittent loyalement de leur responsabilité. Ce faisant, nous présenterons  une autre image d’Haïti.

 

Me. Amendo ALEXIS,

Jursite et Professeur d’Université

Diplômé en Magistrature à Bordeaux en France

Diplômé en Administration financière

Email : alexisamendo@yahoo.fr

Tel. (509)37690491

credit Photos: Me. Amendo ALEXIS

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