octobre 17, 2021

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UNE ECONOMIE EN DÉTRESSE VERS UNE ECONOMIE PROSPÈRE

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Dans tous les pays du monde les économistes, les agriculteurs et les gestionnaires sont les
professionnels les plus respectés et les plus sollicités pour ses formations académiques et ses
responsabilités dans la prospérité de l’économie mondiale car le bien-être collectif dépend en grande
partie d’eux selon la logique de la théorie de Maslow et l’axiome clé de la F.A.O. : « L’Homme est
ce qu’il mange ». Contrairement aux autres pays, en Haïti les politiciens ne laissent aucun espace
pour l’épanouissement de ces compétences-là. Ils sont (politiciens) des professionnels surdoués de
toutes les intelligences et capacités, de toutes les sciences et disciplines qu’on enseigne à travers le
monde, ils ont toujours des réponses préfabriquées à tout, même à l’astronomie. Ils sont très efficaces
… dans l’inefficacité de leurs productivités. Leur inefficacité a des effets jumeaux ou encore des
déficits jumeaux sur l’économie nationale et le bien-être collectif de toute la population Haïtienne
(l’efficacité de l’inefficacité de nos politiciens entraine directement un déficit budgétaire et
commercial de l’économie Nationale et aussi un déficit sur le Plan du développement humain ou le
bien-être de l’homme). Parfois ils ont tendance à faire oublier les vrais professionnels sur l’ensemble
du marché issu de l’économie nationale. Cela nous permet de rester en attente et nous oblige toujours
à solliciter impatiemment l’application de ce vieil adage  » il faut mettre l’homme qu’il faut à la
place qu’il faut… »
D’où la nécessité de nommer des cadres qualifiés et compétents à la tête de toutes les
institutions étatiques du pays( tous les ministères, les organismes déconcentrés et les institutions
autonomes) qui sont toujours enfermés dans un cercueil d’obscurité sur le chemin du passage obligé.
Alors mes chers amis Haïtiens, luttons et tavaillons tous ensemble pour une Économie prospère
(Economie Verte et Economie Bleue) basée sur l’agro-alimentaire issu d’une agriculture moderne et
Durable c’est-à-dire une agriculture :
1) Économiquement saine
2) Économiquement viable
3) Socialement équitable
4) humaine, qui respecte la dignité fondamentale de tout homme quelle que soit sa race et
son rang social
5) adaptable, pour que les communautés rurales sont capables de s’adapter aux changements
incessants des conditions dans lesquelles évoluent l’agriculture.
Maintenant quelles sont les étapes à suivre pour arriver à la prospérité de l’économie
nationale dans le contexte actuel tout en expliquant notre économie de détresse?
C’est de l’amateurisme d’expliquer la situation dégradante actuelle la fatalité de l’économie
nationale car toutes les personnes savent très bien qu’Haïti est le pays le plus pauvre de l’hémisphère
occidental, le seul Pays en voie de développement de l’Amérique, avec une forte inégalité sociale
soldé par une augmentation quotidienne de la pauvreté. Cependant pour rafraichir la mémoire de nos
frères et sœurs sur la situation économique actuelle, je me donne pour devoir rapide de présenter les
indicateurs macro-économiques les plus fréquents de l’économie nationale malheureusement qui
sont presque tous en rouge : avec une balance commerciales déficitaire soit de plus de 3 milliardsde dollars courants en 2018, un taux d’inflation a deux chiffres près 27,5% en juillet 2020, le PIB
par habitant 756 $ avec un taux de croissance du PIB insignifiant, soit 0,9%, plus de 2.5 millions
habitants sont en chômage, Epargne nationale négative de près d’un milliard de dollar courants en
2018,, Investissement publique de près de 91 millions de dollars courant en 2018, dépense Publique
125 784 337 097. 91 gdes en 2018-2019, Recette de l’Etat 105 807 925 700. 85 gdes en 2018-2019
taux de croissance démographique d’au moins 1,5 % avec une population plus de 12 millions
d’habitant (Source : BRH, Banque Mondiale, MEF et IHSI), Sans compter l’augmentation
exponentielle des bidonvilles et de l’insécurité alimentaire ce qui explique une situation économique
chaotique.
Donc il nous faut une autre alternative pour sortir de la détresse vers une économie
prospère. Qu’allons-nous faire maintenant ?
S’il n’existe aucun chemin scientifique unique et universel pour arriver directement à une économie
prospère et durable, par contre on peut toujours utiliser des techniques scientifiques issues des
théories économiques (liées à une école de pensée économique) qui sont adaptées dans la réalité
dans laquelle nous vivons, qui peuvent nous aider à tendre vers la prospérité que nous souhaitons
tous depuis plus de deux siècle. Prenons en exemple l’utilisation et l’application de la théorie de
François Perroux sur la régionalisation et les pôles de croissance dont l’application a produit des
effets multiplicateurs sur l’Economie Mondiale. En fait, tous les indicateurs, tous les agrégats
macroéconomiques nous montrent clairement qu’il n’est pas possible d’arriver à une économie
prospère à court et moyen terme et même sur le long terme sans de bonnes gouvernances
institutionnelles et de bonnes mesures socio-économiques et politiques dans l’immédiat pour ne pas
compromettre surtout, le grand décollage d’une éventuelle possibilité de la mise en œuvre d’un
quelconque plan de développement socio-économique d’Haïti qui pourrait faire d’Haïti un pays
émergent à long terme (dans 30 ans par exemple)
Voici en quelque sorte une marche à suivre contenant des propositions consistantes
pour chaque institution qu’on peut considérer comme base dans le contexte actuel pour établir
une structure solide pour la prospérité durable de l’Économie nationale (Ceteris paribus).
RECOMMANDATIONS POUR LA BRH
Au niveau Interne de la BRH
Après les 4 mesures déjà proposées (les points 1 à 4 sont déjà inscrits dans mon article précédent)
sur la spéculation du dollar en HAÏTI dans mon article précédent, aussi la BRH doit:
5) encourager toute la population haïtienne en général et les institutions financières en
particulier à utiliser les formes de monnaie scripturale et électronique (carte débit us seulement pour
les transactions d’achat et de vente, chèques, virement Bancaire …) pour toutes les transactions
en dollars US entre un agent économique et un fournisseur de biens ou de services national ou
étranger suivant la limite et les barèmes exigées par la loi.

6) interdire tous les prêts en dollars USD (Demande de crédit en dollars US) à tous les débiteurs et
aux autres particuliers (soit par une circulaire ou un arrêté présidentiel) afin de diminuer
considérablement la pression du dollar sur le marché national l’exception est faite uniquement pour
l’État Haïtien (bien entendu le tout, sous la supervision du Bureau d’Information sur le Crédit de la
BRH- BIC)
7) encadrer, inciter (pour un support technique et financier en coordination avec la Banque Nationale
de développement Agricole) les entreprises nationales œuvrant dans le secteur primaire etl’agroalimentaire (on peut toujours utiliser des supports techniques venant de la nouvelle Banque
Nationale de Développement Agricole BNDA ou des supports techniques venant des FDI).

Imposer aux institutions financières de diminuer graduellement les prêts commerciaux sur les
produits de première nécessité importés sur toute l’Étendue du territoire haïtien tout en augmentant
les taxes sur ces derniers.

8) diminuer considérablement les dépenses en Dollars US à l’intérieur du pays notamment au sein
de la BRH surtout pour le remplacement des billets ou de monnaie retirés de la circulation et
l’impression de nouveaux billets de banque pour l’économie nationale (le coût total d’impression des
pièces et billets de banque est trop élevé généralement reparti en plusieurs étapes). D’où la
nécessité d’exiger aux fournisseurs des matières premières de haut de gamme (de très haute qualité
et sécurité) pour nos commandes et du même coup de faire aussi l’éducation financière de toute la
population haïtienne même pour les habitants les plus reculés du pays à travers les médias, les
coopératives, les banques de la place, les organisations sociales, les écoles, les églises tout en mettant
en évidence la gestion efficiente des pièces et des billets de Banque.
9) renforcer le service d’inspection et de supervision (avec des plus d’une cinquantaine d’officiers
et d’inspecteurs de terrain de la BRH partout dans notre pays) à l’intérieur de la Direction de la
Supervision des Banques & des Institutions Financières et renforcer aussi la Direction de
l’Inspection Générale des Caisses Populaires en dehors des autres inspecteurs, superviseurs et
Auditeurs internes ou externes issu dans le Service Inspection sur Place (création d’emplois).

Ils
ont tous pour mission principale de superviser quotidiennement la fiabilité des données & des
informations sur le marché de change, les procédures et l’application des mesures protectionnistes
prise par la BRH envers les banques, les institutions Financières, les Caisses populaires et les autres
acteurs de la place lié au marché financier sur tout le territoire national afin de combattre
régulièrement la pression de la demande et la spéculation du dollar US en HAÏTI sur le terrain et/ou
à l’intérieur des institutions financiers tout en tenant compte spécialement du secteur informel (
cambistes, les magasins, les supermarchés…)
10) modifier les Coefficients de réserves obligatoires sur les passifs en monnaies étrangères « Dollar
US » plus précisément et en monnaies nationale « Gourde » pour le Système bancaire, c’est-à-dire
une modification à la hausse pour les dépôts en dollar, de 51% à 66% soit une augmentation de 15
% et une modification à la baisse pour les dépôts en gourdes, de 40 % à 30 % soit une baisse de 10
% cette mesure est valable aussi pour les Filiales non Bancaires (Source : BRH/DCC/CIRC#01-20)
afin de faire varier la masse monétaire, de stimuler la croissance, de stimuler la demande globale qui
va inciter directement les entreprises à produire d’avantage.

11) utiliser une partie de l’injection de 150 millions de dollars US d’abord une partie (soit 50 millions
de dollar US) sur le marché de change en contrepartie l’équivalence en gourdes pour diminuer la
pression du dollar sur le marché et de faire baisser les prix des produits de première nécessité à très
court terme pour les consommateurs finaux ce qui est fatal pour l’économie nationale et injecter une
très grande partie (le reste : 100 millions de dollar US) en contrepartie des biens et services dans les
secteurs porteurs pour l’économie nationale notamment dans le secteur primaire ( riz, maïs, blé,
petit mil, haricots, …) dont la finalité (la résultante) débouchera sur la croissance économique à court
terme.

Au Niveau de l’économie Sociale et Solidaire
La BRH doit:
12) planifier en coordination avec les Associations et les Fédérations des caisses populaires des
formations sur la gestion efficace des dépôts en Dollar US (dépôt des membres) et sur la gestion des Ressources Humaines (au niveau structurel) pour toutes les caisses populaires du pays, car il y
a des manquements au sein des coopératives d’épargne et de crédit vue le contexte actuel ….. (Selon
mes expériences et mon enquête sur la gestion des comptes d’épargne US en mars 2019). Elles ont
tendance soit à conserver les dollars US dans l’une des banques de la place, soit à les placer d’un
compte DAT a l’une des fédérations (LELEVIER) pour une période de 3 à 12 mois en moyenne….
Il y a aussi un vide en gestion des ressources humaines (absence en manuel de gestion des ressources
humaines, problème d’autorité hiérarchique «organigramme standard » et des irrégularités en
procédure administrative).
RECOMMANDATIONS POUR LE MCI
Le MCI doit:
1) Autoriser le fonctionnement légal des cambistes et tous les autres opérateurs sur le marché de
change issu du secteur informel (MCI) muni d’une patente des acheteurs –vendeurs ambulants de la
DGI et d’un badge d’opérateurs d’échange émis par la BRH ……. (Nouvelle taxe perçue et
Augmentation de l’assiette fiscale)
2) Installer un système interinstitutionnel de réseaux informatiques et technologies qui reliant la
BRH, Le MEF, la Douane, La DGI, Le MAE et les autres agents économiques étrangers producteurs
de biens et de services (par des accords Bilatéraux et multilatéraux).
3) Prendre en compte les données réelles sur les prix des produits et services de consommation en
collaboration avec La CNSA, l’IHSI, le MAST afin de fixer des prix moyens (avec des prix planchers
et des prix plafonds) en fonction de la réalité du marché haïtien tout en mettant en évidence les
marchés dans les zones les plus reculés du pays (marché local, marché régional, marché
départemental, marché national…)
En conclusion : on ne peut pas construire une économie prospère et durable sans de bonnes
gouvernances institutionnelles et sans de bonnes mesures socio-économiques et politique efficientes
.Alors agir en tant qu’homme et des femmes d’Etat pour ne pas compromettre l’avenir des
générations futures.
Réveillez-vous chers autorités monétaires et budgétaires du pays pour pouvoir construire une
économie prospère durable !!!
NB : Restez informer pour les autres recommandations envers les autres
institutions publiques à travers un plan de développement socio-économique d’Haïti axé
principalement sur la politique agricole national.

ECRIT PAR

Emmanuel JULES
Economiste- Administrateur
Tel : (509) 40 40 47 85
Julesemmanuel715@yahoo.fr
Le 22 septembre 2020

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