octobre 27, 2021

Le Tout Au Pluriel Magazine

Nous sommes vos yeux et vos oreilles

RÉFLEXIONS ET PROPOSITIONS POUR UNE VISION DE DÉVELOPPEMENT INSULAIRE AXÉ SUR LES OPPORTUNITÉS DES RELATIONS HAÏTIANO-DOMINICAINES

11 min read
Partagez cet article
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Mes Réflexions sur l’Avenir d’Haïti. 23 Septembre 2020. Père Jean-Miguel Auguste.

RÉFLEXIONS ET PROPOSITIONS POUR UNE VISION DE DÉVELOPPEMENT INSULAIRE AXÉ SUR LES OPPORTUNITÉS DES RELATIONS HAÏTIANO-DOMINICAINES

La convivialité (trans)frontalière (Partie 4)

Je vous avais promis dès le début de cette série de réflexions commencées en juin dernier, de vous entretenir, en quatre parties, sur quatre aspects clés des relations haïtiano-dominicaines savoir : (1) la stabilité politique se rapportant aux leçons à tirer du cheminement démocratique de la République dominicaine ; (2) les relations économiques et commerciales qui rappellent les stratégies d’investissement mises en œuvre par nos voisins pour un développement économique prometteur, voire enviable ; (3) les relations socio-culturelles issues de plus d’un siècle d’immigration et enfin (4), en dernier lieu, sur les relations de bon voisinage et d’interdépendance qui se sont établies entre les deux peuples à travers des échanges frontaliers constants et constituent le sujet d’aujourd’hui.

La frontière haïtiano-dominicaine, telle qu’elle est connue aujourd’hui, est longue de 380 kms. Elle s’est forgée sur une histoire particulière de plus de trois siècles. Elle est unique dans cet hémisphère parce-qu’elle sépare deux États indépendants formant, selon le sociologue cubain Haroldo Dilla, un «binôme urbain interdépendant », qui partagent une même île donc font face en même temps à des défis environnementaux communs, une certaine interdépendance économique quoique inégale et des relations socioculturelles importantes.

L’histoire de la frontière haïtiano-dominicaine est intimement liée à l’histoire coloniale des deux États voisins. Le traité de Ryswick de 1697 a permis à l’Espagne d’occuper la partie orientale de l’île de Saint-Domingue et à la France, sa partie occidentale. C’est par le traité d’Aranjuez, signé en 1777, que les premières lignes frontalières sont officiellement définies, délimitées au Nord par la Rivière de Dajabon (devenue plus tard Rivière Massacre) et au Sud par la Rivière des Pédernales, où une bonne partie de ce qui relève aujourd’hui du Département du Centre d’Haïti était resté alors attachée aux territoires espagnols.

En 1795, l’Espagne concéda à la France, par le biais du traité de Bâle de 1795, l’occupation entière de l’île. Suite à ce traité, la frontière fut annulée à ce moment-là et le sera à nouveau quand la jeune République haïtienne occupa l’île entière entre 1822 et 1844. Cette période prit fin avec l’indépendance dominicaine et cette dernière fit réapparaitre les lignes frontalières telles que définies par le Traité de 1777.

Peu de gens le savent, mais la vérité est que, contrairement à la situation actuelle, tout au long de la deuxième moitié du XIXe siècle, le commerce bilatéral haïtiano-dominicain se déroulait principalement en Haïti : les bourgs frontaliers dominicains géographiquement étaient plus proches des grandes villes haïtiennes : Cap-Haïtien pour la région de Santiago de los Cabelleros au Nord et Port-au-Prince pour les provinces dominicaines du Sud. Les transactions se faisaient le plus souvent en monnaie haïtienne et la langue la plus usitée ou utilisée était le créole. Les commerçants haïtiens en vinrent à faire partie de l’élite régionale et la population haïtienne, particulièrement bien intégrée dans les communautés dominicaines, permettaient de fréquentes unions mixtes.

C’est au cours de l’occupation américaine en République Dominicaine (1916-1924) que les occupants américains ralentirent ces échanges en renforçant systématiquement le contrôle des douanes et en instaurant, par exemple en 1920, l’usage d’une carte d’identité pour traverser la frontière. Contraire aux habitudes, cette mesure raviva le discours sur l’invasion des immigrants haïtiens en réorganisant la division sociale entre illégaux et légaux, ce qui commença à changer donc les interactions entre les deux Etats.

Tout ce long processus, complexe et multidimensionnel, aboutit en 1929 au Traité frontalier haïtiano-dominicain. Celui-ci fut révisé par l’Accord de 1935 puis le Protocole de 1936 qui définit les lignes frontalières telles qu’elles sont connues aujourd’hui, contrôlées du Nord au Sud par quatre points de passage officiel – Ouanaminthe/Dajabón, Belladère/Comendador, Malpasse/Jimaní et Anse-à-Pitre/Pédernales.

En plus de ces quatre portes officielles, il existe près d’une vingtaine de points de passage non officiels qui en font une frontière poreuse, quasi totalement non contrôlée du côté haïtien et donnant lieu à toutes sortes de trafic, en particulier d’armes à feu, de stupéfiants et d’êtres humains.

La porosité de cette frontière donne lieu également à un va-et-vient constant et quotidien des travailleurs des deux peuples. Les Haïtiens vont surtout travailler dans les champs et la construction en république voisine. Beaucoup de femmes haïtiennes se rendent aussi du côté dominicain pour s’adonner à de petits commerces ambulants ou travailler chez des familles dominicaines comme femmes de ménage.

Les Dominicains font aussi le trajet en sens inverse. Dans les villes frontalières haïtiennes, ils travaillent dans la mécanique, la peinture, la climatisation, le forage des puits, la ferronerie et d’autres métiers manuels pour lesquels ils sont constamment recherchés par les Haïtiens. Beaucoup de femmes dominicaines ouvrent des salons de coiffure dans les villes frontalières et autres villes haïtiennes.

Plus conscientes que nous du besoin de légaliser ces mouvements quotidiens, les autorités dominicaines ont instauré dans la loi générale de la migration de 2004, le statut « d’habitant frontalier ». Les bénéficiaires dudit statut reçoivent un carnet spécial leur garantissant leurs allers-retours transfrontaliers. Ces carnets ne sont pas encore disponibles, mais l’initiative est soutenue par de nombreuses organisations de commerçants desdites régions qui réclament l’application de la mesure. Tout le monde est conscient qu’une telle carte fait des sujets frontaliers d’Haïti des hommes et des femmes reconnus et protégés par la loi dominicaine dans leur libre circulation à l’intérieur des limites des espaces frontaliers du territoire voisin.

Du côté haïtien, nous disposons depuis deux ans d’un avant-projet de loi similaire qui fut rédigé par le grand sociologue Smith Augustin, d’ailleurs récemment nommé Ambassadeur d’Haïti en République Dominicaine pour son expertise en la matière. Le Parlement haïtien malheureusement ne s’est pas encore prononcé là-dessus. Les autorités haïtiennes ont toutefois l’impérieuse obligation d’emboiter le pas. Elles doivent rendre les communes frontalières haïtiennes ouvertes à la régularisation des échanges sociaux et commerciaux quotidiens avec les nationaux dominicains.

Haïti et la République Dominicaine sont destinées à vivre ensemble. C’est une réalité géographique irréversible. Le mieux qu’on puisse faire, c’est de régulariser harmonieusement et pacifiquement cette cohabitation insulaire et la rendre fructueuse pour les deux peuples. En définitive, la frontière ne doit pas être d’abord un point de Rupture, mais plutôt un lieu de rencontres, d’échanges et de coopération pour le développement économique et politique des deux pays. La convivialité transfrontalière, aussi vieille que l’existence des deux nations, doit continuer d’être la règle et non une exception momentanée et précaire et les deux états doivent s’en servir comme passerelle à une convivialité insulaire facilitant et renforçant les investissements, les échanges commerciaux, universitaires, technologiques, médicaux pour la création de richesse et la réduction de la pauvreté des deux côtés de la frontière.

Ceci exige une meilleure politique migratoire entre les autorités des deux Etats. Sinon, périodiquement, le Gouvernement dominicain continuera à refouler de son territoire les sans-papiers haïtiens.

En effet, dans son discours inaugural prononcé le jour de sa prestation de serment le 16 août dernier, ce, en présence de son homologue haïtien, le Président dominicain Luis Rodolfo Abinader lança un cri d’alarme et un avertissement, sans langue de bois, à la Communauté internationale sur la trop importante présence d’illégaux Haïtiens dans son Pays causée, disait-il, par la trop longue situation d’instabilité politique qui règne et sévit en Haïti, un état failli selon lui, même s’il a omis, en cette circonstance précise, de le dire à haute voix.

Je m’attendais à une réaction prompte et immédiate du Gouvernement haïtien. Il n’en fût rien. C’est comme si les gens au pouvoir aujourd’hui avaient perdu la capacité d’être embarrassés, d’être gênés. Le Président Jovenel a avalé la couleuvre et bientôt des immigrants haïtiens en situation irrégulière à St Domingue seront expulsés et déportés. Mark my word…

Nos soeurs et nos frères seront alors encore victimes de la négligence, de l’incompétence, du manque de nationalisme et de fierté de leurs dirigeants. Le Gouvernement haïtien a pour responsabilité première et principale de protéger ses ressortissants​.

Premièrement, en créant des condition permettant dans le pays aux Haïtiens de vaquer à leurs occupations dans la sérénité et la quiétude citoyenne, de mener une vie décente et en toute sécurité. Deuxièmement, en créant la richesse nécessaire pour permettre aux nantis et aux moins favorisés de vivre ensemble sans haine, sans envie et sans jalousies démesurées, parce-que les créateurs de richesse le feront certes pour eux et leurs familles mais aussi pour la collectivité, qui leur aura permis de la créer.

La prolifération des gangs, les assassinats et les mauvais décrets, illégaux et inconstitutionnels, sont la preuve par neuf d’un « ETAT FAILLI » et de dirigeants apatrides métamorphosés en mercenaires. Il n’est pas étonnant que leur ami préférentiel et nos voisins les considèrent comme une menace pour la stabilité à la fois insulaire et régionale. Et les dernières violations constitutionnelles nous rapprochent de la révolte. Le peuple n’en peut plus et les jeunes tout comme les étudiants s’agitent. Le pays se soulèvera bientôt contre les fous et les inconscients qui le guident dans sa descente continue en enfer. Mais, il n’est pas trop tard pour freiner cette marche infernale de catastrophe en catastrophe.

J’en appelle au petit reste d’hommes et de femmes, leur implorant de se rassembler en une masse critique capable de monter au créneau et de nous sortir de cette multitude de crises qui n’ont d’ailleurs que trop durées.

J’en appelle aux BRAVES pour nous aider à nous débarrasser de nos oppresseurs et imposteurs et nous permettre ainsi de retrouver notre dignité de peuple libre et fier, prospère et généreux, honnête et éduqué, juste et compatissant. Le Pays n’en peut plus…Il est temps de chasser ces apatrides du pouvoir par tous les moyens nécessaires et d’arriver enfin pour la première fois depuis plus de soixante ans (hormis celles de 1990) à des élections dont nous serons fiers et qui annonceront sincèrement, avant tout et surtout, l’ESPOIR, la rupture avec l’impunité, l’insécurité, la violence, l’érosion des institutions, le trucage des élections, la corruption, le factionnalisme, la balkanisation du pays, la destruction des familles, l’agonie de l’Etat, le détricotage des valeurs, le désaveu du savoir, la haine des plus capables, l’exclusion des défavorisés et des plus démunis, le statu quo. L’heure à sonné pour un véritable changement de paradigme, une image neuve, inattendue mais digne du pays.

En bref, des élections, qui préfigurent la NOUVELLE HAITI où la richesse est méritée, les emplois sont créés avant tout par le secteur privé, l’Etat devient fort par la bonne gouvernance, l’éthique, l’équité, l’exemple et le compromis (et non la compromission) et une lutte acharnée contre la corruption.

UNE NOUVELLE HAITI où le travail et la discipline permettront aux femmes et aux hommes de se construire et de devenir des citoyens et citoyennes à part entière, où la loi sera une et égale pour tous et où l’environnement, le respect de l’être humain et de la propriété retrouveront leurs lettres de noblesse.

Cette Nouvelle Haïti passe, INÉVITABLEMENT, par des élections honnêtes et crédibles. Non comme une incantation mais comme réalité. Comment y arriver pour la deuxième fois depuis 1990?

LE POUVOIR DOIT CESSER DE MENTIR en continuant à prétendre vouloir le dialogue, alors que tous ses actes, la fédération des gangs, les assassinats, les viols, l’insécurité généralisée et la fragmentation de la police mettent à nu sa supercherie.

L’OPPOSITION doit cesser de répéter cette stupidité et absurdité à savoir qu’elle n’ira pas aux élections avec Jovenel Moise au pouvoir mais de préférence exiger de ce dernier ou de ceux/celles qui tirent ses ficelles les conditions de paix, de sécurité, de sérénité pour la tenue d’élections réelles et non de sélections téléguidées.

Le pouvoir, quant à lui, doit en plus abroger son décret nommant un CEP avec pour mission également d’organiser un referendum afin de doter le Pays d’une nouvelle Constitution, en violation flagrante de l’article 284-3 de celle de 1987. Sinon, les membres nommés de ce nouveau CEP ne pourront pas prêter serment par devant les Juges la Cour de Cassation comme l’exige l’Article 194.2 de la Constitution. Sauf si ces Juges sont trop sénils ou trop serviles ou trop corrompus pour leur opposer une fin de non-recevoir. Le CEP est dans une impasse…Presque mort-né.

Nos mauvais acteurs politiques se comportent une fois de plus à L’ENVERS.

Le Gouvernement qui devrait créer et maintenir le cadre nécessaire pour la pérennité de l’Etat de droit, protège au contraire les bandits et viole régulièrement et systématiquement la Constitution. Ne craignez-vous pas d’aller en prison un jour?

L’Opposition qui, pour accéder au pouvoir, devrait demander et exiger des élections suite à des discussions sérieuses (en se vaccinant, en réclamant et surveillant avec la plus grande vigilance que le Pouvoir se vaccine également contre toutes les pathologies qui ont toujours empêché et continuent d’empêcher tout dialogue inter-haitien: l’obsession de se maintenir au pouvoir, l’ôte-toi que je m’y mette, le « transitionisme » perpétuel, fè ti pas kout, l’obsession des privilèges sans aucun sens des devoirs et responsabilités qui les accompagnent, les coups bas et « latrye », afin de déboucher sur un compromis historique sérieux) réclame plutôt une ènième transition mensongère.

Les policiers qui devraient protéger les vies et les biens, brûlent les voitures dans les rues et tabassent les citoyens et des écoliers et des professeurs en plus.

Tous ces comportements surréalistes, mettent en péril le peu qui existe encore de notre souveraineté et, cette fois-ci, l’existence même de notre Nation. C’en est assez!

Que les hommes et les femmes de bien à l’unisson assument leurs responsabilités et que, tous ensemble, nous chassions du paysage politique et économique les assassins de l’espoir, du Phoenix et tous les ennemis de la Patrie.

Vive La Jeunesse Haïtienne ! Vive la Rupture !

Père Jean-Miguel Auguste

+50937470865
+13473378954
miguelnov19@g ymail.com

TOUS DROITS RÈSERVES
LE 23 SEPTEMBRE 2020

LE TOUT AU PLURIEL MAGAZINE.

NOUS SOMMES VOS YEUX ET VOS OREILLES…