mer. Oct 21st, 2020

RDNP/ÉDITORIAL DU Erreur, échappatoire ou excuse…

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Sans avoir le mal courage d’absoudre les péchés capitaux du régime au pouvoir, des intellectuels, directeurs d’opinion, internautes – parfois intéressés, souvent désespérés – se liguent contre les partis et leaders de l’opposition qui, selon eux, mèneraient, tous, une bataille contreproductive, antinationale. Au point que la grande majorité de la population serait, pour le moins, confuse, déboussolée, ne pouvant choisir entre : appuyer l’actuelle administration ou se soulever contre elle. Parce que l’actuel président et les leaders de l’opposition seraient du genre «blanc bonnet, bonnet blanc», «de gouden ak senkant santim», «farin menm sak». Au Rassemblement des Démocrates, Nationaux, Progressistes (RDNP), nous décelons dans ce courant de pensée une erreur de jugement, une échappatoire, enfin, une excuse commode.

Ces réflexions peuvent partir d’une erreur de jugement, s’il nous faut, par indulgence, créditer ses tenants d’une certaine honnêteté intellectuelle, d’une certaine bonne foi citoyenne, patriotique. Pour la simple raison que, dans l’histoire du pays, l’opposition a toujours été plurielle, multiforme, tant dans sa structure que dans ses stratégies de lutte, même après les événements de février 86. Certains partis de l’opposition ou dans l’opposition optent résolument pour l’arme de la dialectique, pour des mouvements, des manifestations pacifiques. D’autres, ne rejetant pas pour autant le système démocratique, choisissent, délibérément, de faire usage de la force aveugle, de la violence verbale, physique, pour s’imposer, mieux, imposer leurs points de vue, leurs revendications, légitimes, populaires, partisanes ou individualistes. Nous doutons fort que ces simples données d’analyse différentielle puissent échapper à l’esprit affûté de ces donneurs de leçons qui, dans un autre temps, auraient même exigé de nos Aïeux esclaves qu’ils soient cléments et indulgents envers les colons. Nous ne saurions accabler l’aile radicale de l’opposition de tous les péchés d’Israël, bien que, par conviction idéologique, nous autres, du RDNP, n’approuvions pas ses stratégies de lutte, durant ces dernières années particulièrement.

Ces genres de réflexions sont une échappatoire à la lâcheté de certains qui se croient bien-pensants, politiquement corrects, quand, dans leur confort douillet , ils se font analystes politiques sans, un instant, vouloir s’engager dans un parti politique pour justement y apporter leur expertise, leur science, au service de sa structuration, de son organisation, de sa modernisation ; lesquelles sont nécessaires à la bonne orientation de ses stratégies de lutte dans l’opposition, de sa bonne performance au pouvoir. En dépit de tout, il faut reconnaitre qu’il existe dans le pays des partis politiques, formés par des intellectuels, légués à la Nation, et qui continuent de vendre leur projet de société, leur rêve d’une société régénérée, juste et prospère. Si, comme ils le disent, ils n’ont jamais pu exercer le pouvoir, est-ce vraiment parce que leur stratégie de lutte de partis de l’opposition — contre les divers gouvernements répressifs, médiocres, rétrogrades, corrompus — est contreproductive et antinationale ? Ces partis de tendances diverses, allant de la droite vers la gauche, reçoivent-ils le soutien de ces bien-pensants, politiquement corrects, analystes politiques, au moins, par indignation face à l’effondrement imminent du pays ? S’il faut bien comprendre, les autres n’étant pas, comme ils le disent, meilleurs que l’actuel président, vaut mieux que celui-ci reste en poste à vie, pour poursuivre l’œuvre funeste de démantèlement de nos institutions, pour des gangs armés, des «bandits légaux»…

C’est aussi une excuse commode de souligner que la population a, depuis 1986, fait le choix d’un «grenn senk», d’un candidat qui n’a pas été un opposant radical, un homme de parti. Ces réflexions, venant de directeurs d’opinion ou d’intellectuels, sont le comble de la mauvaise foi et de l’indécence, au service de la déroute de l’intelligence, de l’honnêteté et du sérieux. Mieux que quiconque, ils savent que le régime démocratique repose sur les partis politiques structurés et organisés et que, justement, les réelles causes de nos malheurs résident dans le messianisme, comme dérive du présidentialisme. La République voisine poursuit, avec succès, l’expérience de confier son sort à des partis, à l’alternance d’équipes marquées idéologiquement, à des courants de pensée, d’idées englobant son organisation politique globale. La seule vraie expérience partisane à la tête du pays — bien qu’elle n’ait duré que l’espace d’un matin — avait bien marqué la direction du chemin et des chantiers des espérances concrètes.

C’est dans cette perspective que le RDNP, conscient de son passé et de sa noble mission, travaille, sans relâche, à sa structuration, à son organisation, à sa modernisation, et se propose de rassembler tous les nationaux, démocrates et progressistes, en vue de ce sursaut collectif indispensable à la régénération de la société haïtienne. Aussi, invite-t-il les intellectuels, les directeurs d’opinion à s’affirmer, s’exprimer, s’engager politiquement citoyens, désireux de «Changer la vie en Haïti» et d’apporter une pierre précieuse à l’œuvre impérative de reconstruction nationale à partir d’un changement de système politique.

Pour nos Aïeux, pour nos enfants et pour nous-mêmes.

Ensemble, ensemble, ensemble, jusqu’à la victoire finale.

Met men pran desten nou an men

Eric Jean Baptiste
Secrétaire Général rdnp.

Le 5 octobre 2020
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