novembre 28, 2021

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ET SI JOVENEL AVAIT RAISON?

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Je suis conscient des risques que j’encours avec un tel titre : foudres de l’opposition multiformes, jugement sévère du secteur des affaires auquel j’appartiens, et pire encore la terrible réputation que certains s’évertueront à me construire.

Malgré qu’à mes âges, je pense ne plus avoir à démontrer mon obsession de l’équilibre et ma passion pour la vérité. Souffrez alors, le temps d’un recul nécessaire, à évaluer mon analyse cohérente des causes de notre mal-être.

La théorie voulant que notre économie soit contrôlée par 1% de notre population depuis 1986, aura été scandée par tous et aura agrémentée les discours des politiques de gauche, de droite, du centre et même des opportunistes caméléons. Convenez à ce sujet que dans un pays normal, c’est avec fierté que l’on se targuerait de faire partie d’une élite économique, mais, chez nous, nous évitons avec prudence peut-être, de nommer les membres de ce petit cercle d’initiés. Alors que se sont eux, à visage découvert, qui auraient dû donner le ton à tout projet de développement durable.

Malheureusement, ils auront eux aussi choisi la pénombre pour dicter leurs projets de sous-développement aliénable. Il leur aurait suffi d’accepter entre eux d’abord, un cessez-le-feu et ouvrir à d’autres compatriotes les portes du cercle des gagnants pour un partage plus équitable.
Le temps, l’histoire et l’expérience ont été impuissants à faire taire de notre obstination à vouloir tout résoudre par la contrainte et la violence. Si bien que tous les dirigeants, qui se sont succédé de 1986 à nos jours, ont dû avoir recours à cette regrettable violence pour obtenir ce qu’ils auraient du pouvoir acquérir par un simple dialogue.

Ce qui est regrettable, c’est que ce sont les honnêtes citoyens qui paient le prix fort de cette ridicule et improductive confrontation, et sur ce point aussi, admettons que notre passivité ou notre indifférence collective nous transforme en marionnettes faisant de nous au terme de chaque combat, des collatéraux regrettables.
Nous sommes donc, à notre niveau, identiques à nos élites et à nos dirigeants. Nous nous assurons d’un filleul qui nous sera redevable de sa réussite. Et ce pour flatter notre conscience, nous garantir que sa gratitude fera écho et nous vaudra le respect des autres…

Mais nous oublions que nos protégés se font souvent tatouer les paupières. Ils savent qu’en notre présence, ils devront baisser les yeux, alors, ceux d’entre nous qui prêtent attention liront « Merde » tout en mesurant le gratifiant respect qu’ils nous témoignent.
– Qui d’entre nous n’aura jamais accusé les institutions financières d’usuriers ?
– Qui ne s’est jamais plaint de nos services portuaires les plus chers de la zone ?
– Combien d’entre nous ont été victimes d’un carburant de mauvaise qualité à prix excessif ?
– N’avons-nous jamais eu à nous plaindre de l’énergie électrique trop chère et non reçu ?
– Étions-nous confortables avec l’octroi de monopole à très peu de compagnies spécialisées an travaux publiques ?
– Estimons-nous raisonnable le prix des produits de première nécessité ?
– Le dollar américain contre 125 gourdes, nous satisfaisait-il ?

Alors, quand Jovenel Moïse seul s’attaque à tous les secteurs qui ont fait l’objet de nos mécontentements, que peut-on lui reprocher ?
– Sa maladresse devenue endémique chez ses gouvernements respectifs ?
– L’usage abusif de pouvoir ?
– Un manque de respect vis-à-vis de contributeurs honnêtes ?

La question que l’on devrait se poser est : Est-ce que nous nous plaisons à n’être que des dommages collatéraux, conséquence d’un inutile bras de fer entre des dirigeants politiques et une élite économique insensibles à nos déboires ? Ou, sommes-nous résolus à construire ce pays au bénéfice de tous ses fils et toutes ses filles ?

La première hypothèse ne nous laisse aucun autre choix que celui de procéder à l’inventaire de nos réserves, de nous taire en nous attendant au pire. Mais la seconde en revanche nous ramène aux premières lettres de l’alphabet du citoyen, celles qui nous enseignent le civisme, le devoir d’implication, la décence, le respect des lois et conventions.

Arrêtons l’hémorragie des consciences, reconnaissons ce qui est correct, pour gagner le droit de nous opposer à ce qui ne l’est pas ! Considérons honnêtement cette fois, qu’il se peut que le Président Jovenel Moïse ait bien raison sur de nombreux sujets et, dans ces cas, accompagnons les décideurs pour éviter d’autres maladresses dont nous seuls en ferons encore les frais.

Écrit par
Ashley Laraque.

22 OCTOBRE 2020

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