jeu. Nov 26th, 2020

Le rôle de la sociologie dans la compréhension du phénomène de l’insécurité et des faits sociaux actuels en Haïti

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● Parlant la définition de la Sociologie plusieurs auteurs ont donné des définitions mais différentes selon le temps et l’espace.

Pour CROZET : 《C’est une science qui se propose d’étudier scientifiquement l’homme vivant en société, les relations entre les individus et les mécanismes de fonctionnement des sociétés humaines 》.
Selon WEBER: 《C’est une science dont l’objet est de comprendre par interprétation l’activité sociale, pour ensuite expliquer causalement le développement et les effets de cette activité 》.
DURKHEIM dira que : 《La sociologie est l’étude des faits sociaux 》. Pour lui un fait social est 《toutes les manières de penser, de sentir et d’agir extérieures à l’individu et dotées d’un pouvoir de coercition en vertu duquel ils s’imposent à lui》.

Toutes ces définitions reviennent à peu près à la même chose c’est-à-dire étudier, comprendre et expliquer Scientifiquement les actions sociales des individus au sein de la société.

● Son objet d’étude est la compréhension et l’explication de toutes les actions sociales de l’homme et les phénomènes sociaux.

● Des travaux sociologiques ont été réalisés avant par des auteurs comme : Aristote ( dans l’Antiquité), aussi par khaldum puis au XVIIIème S par Rousseau et Montesquieu.
La sociologie proprement dite est née au XIXe S dans le but de faire face aux crises sociales et aux troubles sociaux dont l’Europe traversait à l’époque suite à certaines révolutions que l’Europe a connu au XVIIIè S : la révolution scientifique, technique et industrielle.

● La sociologie est une science très importante:
– Elle nous permet d’étudier scientifiquement les phénomènes sociaux et les actions sociales des individus ;
– Elle nous permet de mieux connaître le fonctionnement des sociétés, des institutions et des organisations ;
– Elle nous permet de connaître et comprendre le processus de transformation et de mutation des sociétés ;
– Elle permet de comprendre les interactions sociales entre les individus ;
– Elle nous permet de comprendre les causes, déterminer les conséquences et proposer des pistes de solutions aux problèmes sociaux…
C’est la raison pour laquelle nous proposons aux dirigeants du pouvoir PHTK de prendre en compte des facteurs sociologiques afin de bien cernerer le phénomène de l’insécurité en accentuant sur les aspects sociaux tels: l’éducation, la formation, l’emploi, la récréation, la justice sociale et les libertés fondamentales en basant sur les institutions de conscience, de protection et de services (la famille, l’école, l’église, la presse, la justice…). Cette approche est jugée prioritaire avant même d’aborder le shema de la résolution police-securité ou l’on envisage des attaques musclées de chasse à l’homme dans les quartiers défavorisés métropolitains.
Donc, le problème de l’insécurité en soit est plus social, politique et économique que criminologue et sans oublier les causes circonstancielles et spontanées de l’insécurité où à chaque période préélectorale annoncée en vue de se renouveler politiquement et sur crainte de se rendre compte au gaspillage de fonds (petrocaribe..) et aux différents massacres occasionnant des conditions favorables à l’augmentation du phénomène pour dissiper les libertés fondamentales en intimidant les opposants et pour créer un climat de perception de peur interdisant de mener campagne à travers des zones rouges aux adversaires du pouvoir.

Le pouvoir aussi utilise les différentes formes de répression tout en fédérant les gangs (G-9 et alliés…) à son insu. Sans pour autant dire l’instrumentation de la police et de la justice, la politisation et l’affaiblissement des institutions républicaines par l’exécutif.

En effet, des secteurs (étudiants, professeurs, universitaires, syndicalistes, politiciens) de la vie nationale et des organisations de défense de droits humains ont dénoncé l’assassinat du bâtonnier Monferrier DORVAL, de Grégory Saintilaire d’Evelyne Sincère… qu’ils ont qualité de crime d’État.

. L’insécurité est-elle fongible dans le maintien de l’ordre ? par Philippe Robert

3 Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (Cesdip), Immeuble Edis (…)

Se colleter avec la délinquance a toujours constitué pour le sociologue un exercice sportif… ce qui fait son charme, même s’il est parfois un peu fatigant. Pour moi qui viens d’une lignée de journaliste-enqueteurs, le charme particulier de la sociologie du crime consiste peut-être à faire émerger des raisons plus longues que les convictions qui armaturent l’action.

Apparemment l’opération est pourtant banale et n’offre rien de spécifique : il s’agit seulement d’écarter suffisamment les évidences de sens commun pour dégager un espace qui permette la construction de l’objet et son analyse. Seulement nous sommes en présence d’un de ces thèmes chauds où cette démarche toute simple suscite immédiatement la suspicion. On entre dans un monde de croyants : sur le crime, chacun a des convictions et supporte souvent mal le déploiement d’un processus de production de connaissance dont il ne voit guère l’utilité. Et puis, l’on se heurte vite au cœur même du pouvoir étatique, à la capacité de décider quelle violence est illégitime, et plus encore peut-être aux susceptibilités de corporations professionnelles particulièrement sensibles quand elles se sentent en situation d’échec.

Et quand la criminalité devient l’insécurité, la pression se fait pire encore. L’accent mis sur le ressenti dissout la délinquance dans le sentiment et défie sans cesse toute objectivation. De surcroît le thème est alors tellement absorbé dans les luttes politiques que la militance menace sans cesse de submerger tout l’espace : entre ceux qui veulent mater les sauvageons et ceux qui hurlent à la discrimination, celui qui cherche simplement à introduire une analyse sociologique devient immédiatement suspect : au lieu de discuter ses conclusions, on suppute les motivations secrètes qui permettront de les discréditer sans prendre la peine de les soupeser.

La cité sociologique elle-même offre peu de défense : ses professionnels regardent avec méfiance un objet si politisé, si envahi de surcroît par les concurrences redoutables des juristes et des psy. venir marcher sur leurs brisées alors qu’ils y occupent des positions tellement fortes paraît bien imprudent et l’on préfère souvent se tenir à l’écart de sorte que le sociologue du crime se sent parfois un peu isolé.

D’où l’intérêt d’une démarche comme celle de Sociologie du travail quand elle interroge des sociologues du crime et de l’insécurité sur leur pratique et les réintègre ainsi dans le champ de la sociologie.

Expliciter sa démarche, sa façon de procéder importe peut-être davantage encore que pour des objets plus froids.

Pour ma part, j’ai cherché, dans cette affaire, à me guider selon quatre règles. D’abord ne pas tenter d’évaluer les politiques publiques avant d’avoir analysé les phénomènes sociaux qu’elles prétendent gérer ; faute de quoi, on ne sait à quelle aune se fier et il y a grand risque de s’adosser surtout à ses préférences ou à ses sympathies spontanées, d’autant que la pression médiatique réclame sans cesse des « prises de position » immédiates. Ensuite, croiser systématiquement les sources d’information, ainsi les comptages officiels et les enquêtes en population générale. Aussi, étendre autant que possible la période d’observation pour discerner les tendances, en faisant grande attention aux chronologies. Enfin, ne pas mettre sur le même plan l’anecdotique — même s’il excite l’attention d’un moment — et les mouvements de grande ampleur.

Pour démêler cet écheveau compliqué, j’ai cherché pour commencer ce qui était le plus massif, à la fois par sa taille et par sa durée.

Même s’il me semble surtout une conséquence de l’homogénéité du peuplement du sous-quartier où se retrouve
Dans ces exploits de bandes, plusieurs traits rappellent ceux que j’étudiais dans les années 1960 : dans un cas comme dans l’autre, ce n’est ni l’organisation, ni la structuration, ni même les actes délinquants qui caractérisent la bande, mais la spirale de ségrégation réciproque qui se développe à partir d’un incident cristallisateur entre un groupe de jeunes et son environnement. Mais si la logique de fond reste la même, on relève quelques différences notables : le poids de la composante ethnique6 et des bricolages d’identité « communautaire » qu’elle autorise, le relief des affrontements avec les « représentants » de la société, et surtout celui de la prohibition. Et puis l’ambiance de fond diffère : naguère des vagues nombreuses d’adolescents (les générations du baby boom d’après-guerre) affrontées à une stase des mœurs, maintenant une relégation urbaine et sociale de populations peu ou mal insérées dans le marché de l’emploi.

Ceci dit, il faut nuancer : les enquêtes s’accordent à montrer la coexistence dans ces zones urbaines

En tout cas, ceux des habitants du quartier qui ne prennent pas part à ces affrontements territoriaux se trouvent peu à peu refoulés de l’espace public et renfermés dans l’espace privé de leur logement et ils le vivent fort mal. Dans nos enquêtes, la victimation n’atteint pas dans les zones urbaines sensibles les mêmes sommets que dans les centres-villes ou les villes centres, mais c’est certainement là qu’elle est le plus mal vécue. Elle vient rappeler sans cesse les inconvénients de n’avoir pas les moyens d’aller habiter ailleurs.

Pour autant, je ne suis pas convaincu que la violence soit seulement un problème de banlieues mal famées. Nos enquêtes révèlent plusieurs scènes de l’agression : celle de l’espace privé — où se déroulent les agressions entre proches — celle du lieu de travail, celle de la rue, enfin celle du quartier de relégation. Cette dernière s’identifie clairement au cas des « banlieues », la première aussi majoritairement (on découvre la forte prévalence des violences entre proches dans des zones de relégation sociale). Pour les deux autres, c’est moins clair : elles ne se situent pas dans les banlieues difficiles, leurs auteurs en viennent-ils, nous n’en savons à vrai dire rien. Je me méfie un peu de ces évidences qui semblent aller de soi.

On est tenté par l’équation violence = banlieues qui exonère de ce péril le reste de la société. Mais c’est peut-être conclure un peu vite et se rassurer à bon compte. La diversité des scènes de violence rend peu vraisemblable l’idée que les jeunes des quartiers de relégation seraient les seuls responsables des agressions où qu’elles se passent. J’ai découvert récemment parmi les collégiens d’une banlieue résidentielle plutôt huppée, éloignée en tout cas de toute zone sensible, des rackets de vêtements à la mode ou des vols de portables. Eux-mêmes rapportaient volontiers la place des « marques » — entendez de celles qui sont en vogue à un moment donné — dans les affrontements entre eux, aussi celle des stratégies de pouvoir, de prestige et de domination. Certes, cette brutalité restait probablement plus diffuse, en tout cas moins apparente ; ses mécanismes pourtant ne différaient pas fondamentalement de ceux que l’on relève dans les quartiers « en difficulté ».

On ne peut pas éliminer d’emblée l’idée que les zones de relégation cumulent et poussent à l’extrême des défis qui sont présents ailleurs de manière plus diffuse. Une hypothèse inquiétante, mais pas invraisemblable, serait d’admettre que leur violence constitue seulement une forme paroxystique d’un mal latent dans la société. Et c’est peut-être pour cela que l’augmentation des agressions émeut tellement malgré la stagnation des homicides et la relative rareté des blessures caractérisées : nous tentons bien de nous rassurer en affirmant que la violence est l’apanage de « sauvageons » de banlieue, immigrés de surcroît ; mais nous nous demandons in petto si le mal n’est pas plus répandu, s’il ne menace pas l’ensemble de nos relations sociales. Après tout, le recul des arbitrages étatiques autorise déjà une certaine brutalisation : les salariés, y compris les plus favorisés, les cadres, se plaignent de plus en plus d’être stressés, malmenés dans leur activité professionnelle ; un vocabulaire guerrier remplit la vie publique, politique et médiatique. Certes, les coups ne volent pas et le sang ne coule pas, mais de ce durcissement des relations sociales à l’affrontement physique, la distance n’est pas illimitée. Et c’est peut-être cette perspective qui rend particulièrement sensible à toute bouffée de violence : plus ou moins consciemment, nous y lisons ce que nous appréhendons.

Les pays — comme la France ou l’Angleterre — que caractérise depuis longtemps un niveau très faible d’homicide se distinguent par un État national de très vieille construction et qui a contrôlé d’une main très ferme la pacification des relations sociales internes. Que cette construction étatique perde, serait-ce partiellement, de sa vigueur et de sa légitimité peut, dans certaines conditions, favoriser un retour de la violence dans les relations sociales. Aussi limité soit-il, il effare une société qui en avait largement perdu l’habitude. Et d’ailleurs la préoccupation sécuritaire est avant tout un discours adressé aux autorités : les insécures doutent de leur capacité à maintenir la paix publique. On peut comprendre qu’elle prenne une place particulièrement aiguë dans un pays où l’État a tenu de longue date une place éminente dans la construction de la société nationale.

Le sociologue analyse les mécanismes qui régissent les rapports entre les individus et les groupes et les relations propres à un groupe donné. Il étudie les phénomènes, les comportements sociaux et l’évolution des sociétés.
Description métier
Le travail du sociologue consiste à se poser des questions sur la société qui l’entoure et à essayer d’y répondre en allant plus loin que les explications toutes faites ou que les idées préconçues.

C’est une sorte d’enquêteur du social qui cherche à comprendre le fonctionnement de la société en recherchant des informations, des indices auprès des individus, des collectivités et des groupes qui la composent.

Il peut étudier des petits groupes comme la famille ou des collectivités plus importantes. Parfois, le sociologue doit répondre à des commandes des pouvoirs publics.

Sa discipline est au carrefour de plusieurs spécialités : histoire, économie, anthropologie, psychologie, statistique…

Quelques exemples de sujets qui intéressent les sociologues : Pourquoi un fils d’ingénieur a-t-il plus de chances d’aller à l’université qu’un fils d’ouvrier ? Comment fonctionne une famille ? Comment expliquer la violence urbaine et la délinquance, pourquoi divorce-t-on aujourd’hui plus qu’hier ?

Pour faire sa recherche, le sociologue doit tout d’abord s’informer sur les recherches préalables, lire les ouvrages les plus importants, rencontrer des spécialistes. Cette période s’appelle l’exploration.

Une seconde étape consiste à réfléchir sur la façon d’appréhender la question de départ. Comment, par exemple, étudier les banlieues difficiles ? Il faut tout d’abord savoir ce qu’est une banlieue difficile, comment on la définit. Cette étape qui consiste à définir la problématique doit être effectuée de façon rigoureuse.

Ensuite, il passe à l’étape de la récolte des informations qui exige un déplacement sur le terrain. Le sociologue peut enfin confronter ce qu’il a lu avec la réalité… Après la récolte, l’analyse des données. Puis, quand les résultats de la recherche apparaissent, il s’agit de les rendre accessibles aux commanditaires, mais aussi au public. Cette dernière étape demande de véritables qualités rédactionnelles.

En dernier lieu, un travail de communication est indispensable pour faire connaître les résultats de la recherche dans des revues spécialisées, des journaux, lors de colloques, etc.

Les débouchés sont faibles. L’enseignement et la recherche, bien sûr, mais les postes sont peu nombreux. Les grandes entreprises peuvent recruter des sociologues sur des postes de consultant, au service du marketing ou des ressources humaines.

Les employeurs peuvent être aussi des collectivités locales, des ministères, des agences d’urbanisme, des organismes de santé, de recherche, l’EDEH, etc.

Les organismes de sondages et sociétés d’enquêtes sont aussi des employeurs potentiels. De même que les rédactions de certains journaux…

Wilder TOUSSAINT
Journaliste-enquêteur

wildertoussaint@yahoo.fr

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