octobre 23, 2021

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Abus sexuels : la FIFA identifie 14 victimes de l’ancien président Yves Jean Bart

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La Fédération internationale de football association (FIFA) a rédigé un rapport accablant sur Yves « Dadou » Jean-Bart. Dans ce document de 45 pages, publié mercredi dernier, les juges ont révélé les détails de l’enquête sur les agressions sexuelles présumées qui auraient été perpétrées par l’ex-président de la Fédération haïtienne de football.

Selon le document, Yves Jean-Bart, en poste durant plus de 20 ans, aurait fait au moins 14 victimes. Il aurait violé certaines d’entre elles alors qu’elles n’avaient que 14 ans. Il faisait de certaines joueuses de la sélection nationale ses “maîtresses régulières”. Le jugement explique les motifs qui ont conduit à la suspension à vie de Jean-Bart en novembre dernier.

Plus loin, le rapport indique que «plusieurs des jeunes femmes étaient issues de milieu très pauvre et qu’elles étaient reconnues comme des « restavèk » de l’ancien président». Une joueuse de 14 ans serait apparemment devenue enceinte avant d’être conduite par des officiels de la fédération pour qu’elle subisse un avortement. Les juges ont conclu que « le comportement de M. Jean-Bart est simplement inexcusable et une honte pour tout officiel du soccer ». « La douleur et la souffrance qu’il a causées aux victimes de ses agressions sexuelles ne peuvent pas être totalement comprises », poursuivent-ils.

C’est le Syndicat international des joueurs (FIFPro) et l’organisation non gouvernementale internationale Human Rights Watch qui ont mené leurs enquêtes et qui ont permis à la FIFA d’identifier les victimes. Au total, 34 victimes présumées ont été identifiées et parmi elles les 14 victimes de Jean-Bart. De plus, 10 agresseurs potentiels ont été également identifiés.

Dans le rapport, on fait état également d’intimidation de témoins et du pouvoir autoritaire et économique d’Yves Jean-Bart en Haïti. Ainsi, poursuit le rapport, certains témoins ont affirmé que Jean-Bart offrait des sous-vêtements en cadeau à des adolescentes, y compris à des mineures. Il établissait ensuite avec elles des relations abusives.

Le panel de la FIFA formé de trois juges avait reçu les allégations en disant : «Les abus ont été commis à différents endroits et par différents individus au sein de la Fédération haïtienne, allant à l’occasion jusqu’au viol et même des grossesses et des avortements », soutiennent-ils.

Yves Jean-Bart a nié les allégations initialement révélées par le quotidien britannique The Gardian, en juin dernier. Il a déjà laissé entendre qu’il ferait appel devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) de sa suspension à vie et de l’amende de 1 million de francs suisses imposée par la FIFA.

Lors de son audience devant la FIFA tenue par visioconférence en novembre, la défense de Jean-Bart insistait sur le fait que les témoignages des victimes étaient «similaires, presque identiques et mensongers ». «M. Jean-Bart ne pouvait pas avoir violé ou eu des relations sexuelles avec qui que ce soit puisqu’il est impuissant», avaient alors fait valoir ses avocats.

Ils ont renchéri en affirmant que «l’équipe nationale féminine d’Haïti n’aurait pas pu connaître ses succès si les abus et le harcèlement présumés (par les enquêteurs de la FIFA) avaient existé».

Avec Radio Canada et Le Devoir