Le Tout au Pluriel Magazine

Nous sommes vos yeux et vos oreilles

Le coup de Miragoâne tombe au plus mauvais moment

4 min read
Spread the love

 

L’arrestation de l’ancien sénateur Nènel Cassy, son exhibition menottes aux poignets, dans un commissariat de son département des Nippes, puis sa libération quelques heures plus tard transmettent quel message aux opposants, au pays et à la communauté internationale ?

Avons-nous assisté ce jeudi 21 janvier 2021, le lendemain de la restauration de la démocratie aux États-Unis d’Amérique à une sortie de route en Haïti ou à un simple excès de zèle d’un commissaire du gouvernement ?

L’arrestation de membres de l’opposition à Miragoane s’est-elle faite « sur les ordres de » ou pour essayer de « faire plaisir à » ?

Tentation autoritaire et justice aux ordres sont-elles les deux faces d’une même médaille ?

La libération des prisonniers est-elle intervenue devant la levée de boucliers unanime de toutes les branches de l’opposition ou après que le gouvernement s’est rendu compte de sa bévue ?

Le gouvernement Jouthe a-t-il voulu prouver pendant quelques heures qu’il est en mesure de s’en prendre à qui il veut et montrer que le pays est sous la coupe de l’Agence nationale d’intelligence et que tous les moyens sont mis en œuvre pour stopper les mouvements qui visent au départ du président avant le 7 février 2022 ?

Difficile de répondre à ces questions.

Les observateurs remarquent cependant que le coup de Miragoâne intervient quelques jours après les déclarations du chef de l’État lors de sa sortie lundi contre l’opposition. Contre les oppositions. Le président avait vanté les pouvoirs de l’Agence nationale d’intelligence.

Cet embastillement d’un opposant notoire et de ses partisans, a eu lieu sans mandat et, jusqu’à plus ample information, sans respecter les normes. Il apparaît comme de la provocation ou comme un geste inutile. Sauf si le président et ses conseillers veulent aller à l’affrontement, mesurer les forces de l’opposition dans un bras de fer final.

L’avenir le dira.

Le timing semble être pourtant des plus mauvais. Dans le journal du Vatican, le nonce apostolique sortant ne semble pas avoir la meilleure opinion de nos dirigeants et il l’a partagé avec le monde entier.

Et pas plus tard que le 19 janvier, le porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, Marta Hurtado, a déclaré depuis Genève : « Nous craignons que l’insécurité persistante, la pauvreté et les inégalités structurelles en Haïti, conjuguées à des tensions politiques croissantes, ne conduisent à un mouvement de mécontentement de la population suivi d’une répression policière violente et d’autres violations des droits de l’homme. »

La mise en garde est claire et n’invite pas à la fuite en avant. Ce d’autant que les problèmes de la population comme la vie chère, les enlèvements et les actes divers d’insécurité ne sont pas correctement abordés par les autorités.

Le porte-parole a aussi fustigé « les violations des droits de l’homme commises par les forces de l’ordre haïtiennes et les violations des droits de l’homme commises par des membres de gangs lors des troubles sociaux de 2018-2019 sont documentées dans un rapport du Service des droits de l’homme du Bureau intégré des Nations unies en Haïti et du Bureau des droits de l’homme des Nations unies, publié il y a quelques heures. Le rapport montre une série de violations et d’abus des droits de l’homme suivies d’un quasi-manque de responsabilité ».

Comme s’il avait la prémonition du coup de Miragoâne, le porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a dit il y a deux jours : « Les autorités devraient immédiatement prendre des mesures pour éviter la répétition de ces violations et violations des droits de l’homme en veillant à ce que les agents d’application de la loi respectent les normes et normes internationales relatives au recours à la force lorsqu’ils traitent des manifestations ».

Comme pour rejoindre le nonce aspostolique, la commission croit que « Haïti devrait également prendre des mesures pour répondre aux doléances de la population et aux causes profondes qui ont alimenté les manifestations, y compris l’impunité généralisée, les allégations de corruption, la pauvreté persistante, les inégalités structurelles, l’accès limité aux services sociaux et d’autres difficultés dans la jouissance des droits économiques et sociaux par le peuple haïtien. »

Et pour finir, le texte cible l’ANI. « Les récents décrets présidentiels créant une agence nationale de renseignement et renforçant la sécurité publique sont inquiétants, car les analyses préliminaires indiquent qu’ils ne semblent pas conformes aux normes et normes internationales en matière de droits de l’homme. Ils risquent également de conduire à une nouvelle répression des droits à la liberté de réunion pacifique, d’association et de liberté d’expression. Les actes de violence commis par les manifestants lors des manifestations précédentes ne devraient pas servir de prétexte pour restreindre la liberté fondamentale et réduire l’espace civique. »

Ecrit Par
Frantz Duval
Le nouvelliste.

LE 22 JANVIER 2021

LA RÉDACTION DE LTP !!!
harryespoir@gmail.com téléphone 50948438136.

LE TOUT AU PLURIEL MAGAZINE.

NOUS SOMMES VOS YEUX ET VOS OREILLES..

You may have missed