octobre 25, 2021

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Lettre ouverte aux Président Jovenel Moise

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HAÏTI SOCIÉTÉS ET LA JUSTICE…

Lettre ouverte aux
Président Jovenel Moise
Port-au-Prince, ce 17 janvier 2021

Monsieur le Président de la République
En ses bureaux,

Madame Suzie Pierre, une citoyenne de nationalité américaine et Monsieur Luckson, sont propriétaires d’une maison située à Fragneauville, section communale de Saint-Martin, commune de Delmas, laquelle demeure leur a été dévolue par succession de leur feu époux et père Guito Ervilus, acquise par ce dernier du sieur Jean Claude Jasmin par acte de vente passe en l’étude du notaire Clermont Dossous à Port-au-Prince (juridiction du Tribunal de Première instance de Port-au-Prince).

Les héritiers de feu Guito Ervilus habitent leur maison depuis de vingt trois ans jusqu’au moment ou ils ont eu la désagréable surprise de voir leur demeure investie manu militari par le Sieur Rosemond Jean, porte-parole connu de votre gouvernement qui dit agir pour le compte d’une certaine Katia, sa femme, laquelle prétend être la fille de Guito Ervilus.

Au cas où vous ne l’auriez pas su, je vous fais savoir qu’il arrive que les voleurs et les criminels notoires dénoncés par la clameur publique et qui jouissent de l’impunité sous votre administration, se trompent dans la planification de leur crime.

Monsieur le Président,
Il est bon de vous rappeler que la propriété privée est garantie par l’article 36 de la Constitution haïtienne en vigueur. Mais depuis votre prise de fonction comme président de la République, vos hommes de main ne cessent de tuer, assassiner, kidnapper et voler les biens des citoyens. Il est de notoriété publique que les gangs qui se multiplient à travers le pays et celui de Rosemond travaillent pour le compte de votre administration. Si tel est le cas, les actes de ces criminels engagent directement votre responsabilité et celle de votre administration.

Cette famille qui est obligée de se réfugier à la Gonave pour ne pas être assassinée, mise sur la nature éphémère de votre régime pour trouver justice. Elle espère que votre prochain départ du Palais de la nation dissuadera ces hommes de main. Aujourd’hui c’est toute la société haïtienne qui est révoltée en constatant que ce sont les responsables au plus niveau de l’État qui organisent le kidnapping et le vol des biens des citoyens.

Dans des entrevues arrangées dans les médias par des zélés de votre gouvernement, ce criminel notoire répand des mensonges, pour justifier le fait qu’il ait confisqué les biens d’autrui. Mais toute la République sait que Rosemond Jean a une réputation de voleur de biens d’autrui et il est fort étrange que vous, vos services de renseignement du gouvernement et ceux de la Police nationale d’Haïti ne soient pas au courant. C’est de l’indécence!
Un président doit avoir le sens de l’honneur, de la fierté et de la dignité. Comment un Chef d’État peut-il confier le service de propagande de son régime à un homme de si mauvaise réputation comme Rosemond Jean et comment se fait-il que d’autres gangs spécialisés dans le vol des maisons et des terrains travaillent pour lui ? Nous avons appris que ce monsieur est aussi aux services d’autres membres du gouvernement actuel et des agents de la police nationale. L’autorisation de voler et de kidnapper semble leur avoir été donnée à titre de rémunération. Sinon comment expliquer le Premier Ministre Joseph Joute à qui j’avais adressé une lettre ouverte publiée au nouvelliste en août 2020 n’ a pas jamais jugé bon de rencontrer cette famille en détresse ?

Au lieu d’exercer votre devoir de protection, vous laissez de préférence vos zélés serviteurs planifier des entrevues fleuves au cours desquelles Rosemond Jean prend un malin plaisir à s’attaquer à ma personne. Au lieu de solliciter les services d’un tel individu pour répandre de vils mensonges sur moi, pourquoi ne demandez-vous pas à vos conseillers docteurs qui se gargarisent d’avoir étudié dans les meilleures universités américaines et européennes, de répondre à mes articles traitant différentes questions de l’actualité juridique nationale, entre autres, ceux concernant la fin de votre mandat et la question constitutionnelle ? Ils en sont bien incapables car, comme le dit avec justesse Paul Valery, « le diplôme est l’ennemi mortel de la culture ». De plus, c’est assez compréhensible car les criminels sont réputés d’être des lâches. Mais plus tard, la lumière chassera les ombres de la nuit et le moment de vérité viendra.

Non seulement je ne suis pas propriétaire de cette maison, je ne cherche pas non plus à la posséder. Je suis avocat de cette famille qui tente désespérément de récupérer ses biens illégalement confisqués par votre porte-parole, Rosemond Jean. Cet homme représente la branche armée de votre régime qui s’adonne à la criminalité économique et à d’autres affaires illicites. Les nombreuses affaires sales dans lesquelles ce denier est impliqué ne sont pas sa seule œuvre : elles sont celles de votre administration dans la mesure où celle-ci le laisse faire.

Vous ne pouvez pas, en tant que Chef d’État, nier votre responsabilité dans la situation actuelle et rejeter la faute sur autrui : il va falloir prendre vos responsabilités.

La campagne orchestrée dans la presse nationale contre moi par le biais de Rosemond Jean, basée sur des allégations mensongères, ne peut me dissuader de dire la vérité à mon peuple. Elle ne saurait m’empêcher de dénoncer le fascisme qui pointe à l’horizon, lorsque vous et une poignée de personnes vous entourant vous vous posez en peuple et décidez de changer la Constitution du pays. La force de notre démocratie demeure dans le respect de notre Constitution qui protège chaque Haïtien contre la violence et l’arbitraire et c’est le rôle des détenteurs des pouvoirs publics et de chaque citoyen de la défendre.

En tant que jeune professeur de droit constitutionnel et en ma qualité d’intellectuel public, je ne cesserai de dire à mon peuple que votre mandat prendra fin le 7 février 2021. Et en tant que professeur de droit et patriote responsable, je ne saurais m’éloigner d’un débat aussi sérieux qui engage l’avenir immédiat de mon pays. Dans une société, l’avocat a une mission sociale qui est celle de dire le droit tel qu’il est, sans complaisance, sans détour, sans faux fuyant. Et c’est en disant la vérité du droit telle qu’elle est que le juriste rend service à la société. Dans le débat actuel, je tiens une parole professionnelle, forte et légitime. Je ne m’associe pas à vos dérèglements, parce que je ne veux pas que votre mauvaise gouvernance me rende inutile. C’est pourquoi je m’accroche au bien, au beau, au vrai, à la qualité et à l’excellence, donc à cette vérité à laquelle nous devons tous accéder.

Monsieur le président,
Je comprends vos manœuvres les plus viles que vous lancez contre moi par le biais de Rosemond Jean pour mes prises de positions publiques appréciées par la majorité de mes concitoyens. Je réponds de la manière suivante avec humilité et sans fausse modestie: je suis une fierté pour mon pays, la jeunesse et ma famille. Je suis une bougie bien allumée dans la cathédrale nationale. La vôtre s’est déjà éteinte sans avoir envoyé de lumière dans ces ténèbres dans lesquelles le pays est plongé par la faute de ses dirigeants mal intentionnés. Tout le monde est d’avis qu’avec votre présidence, le pays a atteint le tréfonds de l’abîme. Le temps passé à la direction du pays, avec votre entourage, vous l’avez utilisé pour réaliser des affaires illicites et louches au détriment de la collectivité nationale. Mon temps est plutôt consacré à ma formation et à celle de la jeunesse de mon pays. Deux trajectoires différents qui justifient que vous et moi nous nous mouvons sur des sillons parallèles, avec une distance infinie.

Je crois dans l’intégrité, la compétence et le patriotisme. Je ne tronquerai jamais mon honneur, ma dignité pour le pouvoir et pour l’argent. Je domine les vanités humaines. Je suis un homme heureux et réussi. À ce stade de ma vie de patriote dédiée au bien commun, je peux dire au monde tout le bien que je pense des gens et des choses de mon pays mais aussi tout le mal. J’ai cette certitude presque absolue parce qu’il n’y a pas de place dans ma vie ni pour le vol, ni pour la corruption ni pour l’assassinat. Je suis de ce « faible reste » qui n’a jamais plié genoux devant Baal. Chez nous, dans la maison familiale, on nous a appris à vivre heureux avec ce que nous possédons. En fait, les manœuvres, les machinations, les palinodies que vous faites pour vous maintenir au pouvoir au-delà de votre mandat constitutionnel qui prendra le 7 février 2021, ne feront que vous précipiter plus vite en enfer avec vos anges maléfiques.

Une équipe de voleurs et d’assassins, c’est cette image que la nation a de vous, même ceux-là qui vous supportent dans l’oligarchie économique, dans la classe politique, dans le secteur religieux, comme dans la communauté internationale. C’est pourquoi je serai toujours loin de vous et de vos bêtises qui rabaissent la nation. Je n’accepterai jamais de danser avec vous sur les dépouilles de la République d’Haïti. Contrairement à vous et votre équipe, j’ai une noble conception de la République et de la chose publique. À quoi sert un président qui, indifférent, laisse mourir sa patrie ?

Monsieur le Président,
Si j’ai décidé de vous écrire aujourd’hui, c’est parce que je préfère parler avec le maître du chien qu’au chien lui-même. C’est triste de voir que le maître du chien, chef de l’État, et le chien lui-même se sont unis pour assurer la défaite du citoyen. Par-delà des crimes d’horreur qui choquent la conscience universelle commis sous votre régime, arriver à ce stade où l’on choisit sciemment de briser l’honneur d’un citoyen critique, c’est accéder à une forme d’auto-avilissement et de perte d’humanité.

La nature de votre gouvernance qui côtoie la démesure, fait que vos criminels, lâchés dans la nature comme des bêtes sauvages, cultivent le fantasme de la dévoration. Un homme intègre, patriote et compétent n’a pas peur du sacrifice : il continue à être utile après sa mort. L’horreur et la barbarie sont des actes inutiles qui rendent inutile celui qui les a commis.

Chaque Haïtien devrait vous cracher son dégoût, sa haine ainsi qu’aux membres de votre administration et ceux qui vous supportent parce que vous avez emmené leur pays à la perte et à la déchéance totale. Car, devant l’étranger, chaque Haïtien, quelque soit son rang, est un petit minable. Dans cette débâcle qui n’est que le résultat de vos propres actions, vous n’aurez pas de refuge. Vous serez poursuivi partout où vous iriez vous cacher. Vous serez tenu pour responsable et les membres de votre administration de tout ce qui pourrait arriver à cette famille et ses avocats.

Je vous assure que la justice viendra. Elle vous punira et dissuadera les potentiels criminels. Elle mettra fin à cette détestable culture d’impunité qui a trop duré dans notre pays. Dans quelques jours, ou même dans des mois, votre maison sera déserte et vous ne serez plus fréquentable et les citoyens auront la chance de construire leurs rêves communs. En même temps, les institutions responsables de la mise en œuvre de l’État de droit seront restaurées, donc rétablies et de ce fait, madame Madame Suzie Pierre et Monsieur Luckson Ervilus ainsi que des milliers de citoyens assassinés et dépossédés de leurs biens trouveront justice, réparation et reconnaissance.

Me Sonet Saint Louis av
Professeur de droit constitutionnel
Université d’ Etat d’ Haiti
Avovat des héritiers Guito Ervilus
Montréal, 17 janvier 2021
Sonet43@hotmail.com
37368310/ 42106723

C.c organisations des droits humains haïtiennes et étrangères
Ambassade des États-Unis en Haïti.
Ambassade du Canada en Haïti
Ambassade de France en Haïti
Bureau intégré des nations Unies en Haïti

LE 20 JANVIER 2021

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