octobre 17, 2021

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Pathologies De Gouvernance: L’Ignorance et l’Incompetence, Outils Privelegies Des Bandits Dans La Societe Haitienne.

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ÉCRIT PAR

Kerlens Tilus

Empecher que les gourous et les charlatans s’emparent de ce principe pour nous faire rentrer dans un nouvel age d’obscurantisme et d’arbitraire (Christian Gollier)

Jean-Michel Besnier avance que l’humanite ne doit qu’a l’insolence d’avoir grandi et prospere. L’un des grands defis de l’heure dans la Societe Haitienne est le manque d’audace excessive(insolence) chez les jeunes intellectuels et professionnels Haitiens pour reflechir sur le statu quo, engager l’establishment pour un changement de paradigme. Je me demande bien a quoi pense l’intelligentsia Haitienne en ce moment de grandes turbulences dans la Societe Haitienne ou le Colonel Himler Rebu qui est loin d’etre myope et cancre a bien affirme que nous partons en guerre. C’est triste d’observer ce a quoi Haiti, premiere republique noire qui a produit des monstres de la pensee au 19e et 20e siecles du calibre de Louis Joseph Janvier, Antenor Firmin, Rosalvo Bobo, Jean Price Mars, Jacques Stephen Alexis, entre autres. De 1995 a 2000, comme jeune etudiant a l’Universite d’Etat d’Haiti, nous avons assiste a l’etatisation du banditisme legal dans la fonction publique Haitienne et la Societe Haitienne en general. En Mars 2004, l’ancien Premier Ministre Gerard Latortue avait claironne en grande pompe l’arrivee des technocrates dans l’administration publique Haitienne inaptocratisee par les lavalassiens qui dirigeaient sans planfication, qui exposaient a nu les pathologies de gouvernance au sein de la fonction publique; voeu pieux!

Le concept de gouvernance se resume a la reglementation et la gestion des problemes collectifs. “Elle est la coordination efficace dans un monde ou le pouvoir, les ressources et l’information sont repartis entre plusieurs mains. Cette coordination peut se faire de diverses manieres. Deux moyens sont celebres tout particulierement: les mecanismes du marche et de la concurrence, et le jeux de la contrainte et de la hierarchie. Ces deux avenues font l’economie de la confiance. Dans l’un et l’autre cas, l’opportunisme et la mefiance sont poses comme des realites incontournables, et tant la concurrence que la coercition sont des moyens d’en limiter les degats. Mais a proportion que la complexite et l’incertitude croissent, et qu’il y a davantage place pour l’opportunisme, la ruse et la duperie, concurrence etr coercition montrent leurs limites comme mecanisme de coordination”(Gilles Paquet). La Presse Haitienne est reduit a une peau de chagrin et c’est a juste titre que nous disons: “nous pensions alors qu’un pays vaut souvent ce que vaut sa presse. »(Albert Camus cite Edwy Plenel,un journaliste français)”. Comme jeune professionnel qualifie et concerne qui est preoccupe par le miserabilisme auquel mes compatriotes sont confrontes et qui subit la desorganisation de la Diaspora Haitienne, comme victime de la violence structurelle bien planifiee dans la Societe Haitienne qui a failli laisser sa peau a plusieurs reprises en Haiti, j’ai decide de me lancer dans cette dynamique de questionnement et d’observation de l’inaptocratie et du banditisme legal dans la Societe Haitienne. En anticipation a un livre a paraitre prochainement, “Des Reflexions au dela de la censure” ou j’ai indexe les bandits legaux qui supportent la violence structurelle dans la Societe Haitienne, j’ai pris la ferme resolution d’aborder le malaise, le dilemme Haitien, non pour continuer a alimenter les ragots et les “tripotay”, mais pour essayer d’alerter la Societe Haitienne, la Jeunesse Haitienne en particulier de la mort annoncee de notre pays “Haiti”.

Quand la probite et le sens moral s’aplatissent, le pouvoir centralise et la regulation autoritaire se dressent(Samuel C. Florman). Depuis plus de dix ans, Haiti est classe parmi les etats en faillite par plusieurs organismes internationaux dont les Nations Unies. Haiti est un narco-etat, une plaque tournante de la drogue selon la Drug Enforcement Agency(DEA). Depuis la fin des annees 80, nous avons vu ouvertement comment certains bandits au sein des Forces Armees d’Haiti(FADH) ont ete traques et revoques meme par leurs superieurs hierarchiques pour banditisme et delinquence. Leurs chefs, d’ailleurs n’etaient pas moins bandits et delinquents qu’eux. De 2000 a 2004, nous avons assiste avec la mort dans l’ame comme jeune etudiant et professionnel, le marrage et le fouquage des officiels du gouvernement Haitien dans cette histoire de trafic de stupefiants qui a ete une arme principale dans la mise en place de la violence structurelle en Haiti. Rien que l’annee 2013, la DEA n’a pas ete aloral et des amis proches des bandits legaux au pouvoir ont ete interceptes. Au dernier trimestre de l’annee 2013, un bon matin, un Senateur de la Republique a pris son male courage a deux mains pour indexer un Ministre de la Justice comme bandit et trafiquant de cocaine, et Dieu seul sait combien les preuves sont empiles contre ce dernier qui ose penser intimider un economiste et gestionnaire de l’information qui ne laisserait pas des trous vides pour etre mange par des chiens de garde.

Le peuple Haitien a bel et bien observe comment un simple citoyen Haitien, ami “Tafya” et “boze” du President de la Republique a avoue ses erreurs dans la presse meme. Le peuple Haitien a bel et bien entendu de ses oreilles comment le Ministre de la Justice a utilse les ressources du Ministere de la Justice pour aller preter mains fortes au civil qui a avoue son forfait. Tout le peuple a bien vu comme le Commissaire du Gouvernement qui faisait son travail de “justicier” a ete harcele par son superieur hierarchique au point meme de laisser son poste. Et, aujourd’hui, ces hommes qui devraient etre derriere les barreaux s’il y avaient des “Moun mounises” dans ce pays osent crier a la diffamation face a de jeunes professionnels qui subissent le banditisme legal dans leur quotidien, dans leur chair et qui prennent leur male courage a deux mains pour denoncer ce cancer que sont la corruption, l’inaptocratie et le banditisme legal qui sont des maux endemiques qui gangrenent la Societe Haitienne et qui risquent de l’annihiler.

Si j’avais le grand pouvoir de Dieu, le Granmet, j’aurais ferme l’Ecole de Droit de Port Au Prince, principalement et toutes les autres ecoles de Droit qui fournissent des mediocres « Met Avoka » ou encore des « met zabelbok berechat »(Maurice Sixto). Nous reconnaissons qu’Haiti est un etat en faillite, le “Blanc” l’a dit, nous vivons la betise. Maintenant, est-ce qu’on va pleurnicher toute notre vie, de generation en generation que nous sommes dans la merde avec notre “bol ble” en mains? Les comites d’enquete se multiplient en Haiti, les gouvernants ne savent meme pas ce qu’ils font au pouvoir, les politiques publiques se resument a “Fe Wana Mache, Fe Wana Voltije”. Les enqueteurs disent que le pays est en faillite….parole de renard, ils sont fixes sur le fromage. Moi, je ne les prends pas au serieux, eux qui viennent aider….au fond ils trompent et volent tout le monde. Cette faune politique ne va en rien influencer le changement si elle pense en clans. Haiti a beaucoup de valeurs et nous devons les chercher. On parle de mines d’or, ou sont nos experts? Pas encore prets! Reboisement? Nos montagnes attendent les ecoliers. Tout n’est pas noir pour autant, nous savons que les bandits legaux ne vont pas gagner cette fois.

Un pouvoir qui se veut reconciliateur, qui prone qu “Haiti is open for business” devrait aujourd’hui promouvoir le paradigme de l’apprentissage collectif, mais helas les dirigeants de l’etat, analphabetes fonctionnels eux-memes promeuvent un systeme d’education generateur d’analphabetes s’appuyant sur l’esoterisme scientifique. Will Rogers eut a dire que “ce n’est pas ce que vous ignorez qui m’inquiete, c’est ce que vous croyez savoir et qui se revele faux”. Les dirigeants Haitiens jouent avec le feu et croient qu’ils font la fete. Les bandits legaux de la Societe Haitienne semblent ignorer que leurs opposants ne sont pas les gangsters qui sont instrumentalises pour “chauffer le beton” regulierement quand ca va mal dans les negociations souterraines avec les acteurs de l’establishment. Meme en regard a la gestion des projets de facade, certaines erreurs flagrantes ne sont pas admissibles et je cite deux points. Tous les projets presentes par le Premier Ministre Haitien dans une petit compte-rendu a l’eau de rose publie recemment sur sa gestion de la chose publique ne repondent pas aux criteres de gestion de projets defnis dans la PMBOK. Les milliards decaisses par le grand patron sur les cinq dernieres annees pouvaient bien mettre Haiti en chantier et favoriser au moins une croissance de 6%. Nul besoin d’avoir recours a des magiciens de chiffres ayant du mal a faire pondre un PIB flambant neuf saupoudre et maquille.

C’est triste de voir qu’en 2013, la Justice Haitienne n’est meme pas en mesure de travailler sur de simples delits. 13 ans apres la mort d’un icone comme Jean Dominique, on continue a faire le “dilatwa”. C’est ecoeurant d’observer des fers croises entre des soit disant experts en droit, “gran met avoka” qui s’engueulent sur des definitions et des procedures, alors qu’aujourd’hui, Haiti qui a eu des le 19e siecle des juristes tres doues qui ont fait de grandes plaidoiries pour jeter les barrieres du racisme et de l’esclavagisme, Antenor Firmin et Louis Joseph Janvier, entre autres. Quand on prend des bandits, des incompetents pour diriger l’etat, quel signal envoie t-on a la Jeunesse Haitienne montante? Au moment ou nous ecrivons, des centaines de professeurs d’ecoles entament un mouvement de protestation, des milliers d’eleves sont cloues chez eux, mais le pouvoir en place a deja decaisse des millions pour le carnaval ou les petites “Wana” et les petits “Wano” seront forces a voltiger durant les jours gras a coups de grivoiseries. “Je n’ai pas besoin de conclure. Je combats des sophismes, voila tout.”(Frederic Bastiat).

L’Emission “Ranmasse” de Radio Caraibes est l’une des emissions radiophoniques qui nous permet de saisir les pathologies de gouvernance dans la Societe Haitienne. Le PDG de la RTVC est trop lucide et clairvoyant pour ne pas avoir un plan bien ficele pour monter une emission aussi ecoutee que “Ranmasse”, capable de questionner les pathologies de gouvernance presentees et de presenter la “Bonne Gouvernance”, les mecanismes de mise en place de ce nouveau paradigme. Les tenors de l’arene politique, de la societe civile Haitienne ont “une comprehension fort limitee des systemes complexes en adaptation continue. Aussi, les analyses sont souvent incapables de saisir avec suffisamment de finesse les tenants et aboutissants de ces systemes qui leur reservent bien des surprises. Ces surprises sont en general les effets non voulus et non prevus de certaines initiatives prises avec la meilleure intention du monde, mais sans qu’on ait pousse les analyses prospectives en profondeur ou en s’en tenant a des consultations rapides”(Gilles Paquet).

C’est vraiment malheureux pour les bandits legaux de la Societe Haitienne que “ce qui a ete pense une fois ne peut plus jamais etre impense” (Friedrich Durrenmart). Rosalvo Bobo, Antenor Firmin, Louis Joseph Janvier, Frederic Marcelin, Demesvar Delorme, Jean Price Mars, entre autres etaient des fonctionnaires qualifies, competents qui produisaient non seulement pour faire avancer les idees dans la Societe Haitienne, mais dans la Communaute Scientifique mondiale. Le jeune Haitien ne sait pas et ne peut pas savoir qu’Antenor Firmin est ce geant qui a fait tomber les bases ideologiques du racisme etablies par l’Occident dans “De l’Egalite des Races Humaines” puisque les bandits legaux detruisent les livres et combattent le savoir. Nous n’avons pas besoin d’un “etranger” pour nous dire ce que c’est l’esclavage et la liberte puisque nos ancetres ont invente la solution a l’esclavage physique, et nombre de nos chercheurs ont precede Frantz Fanon dans sa superbe description du negre bouffon, et ont meme propose des solutions. C’est triste, c’est ecoeurant et pathetique de voir Haiti, mon pays, premiere Republique Noire, un pays qui a produit des genies reconnus depuis le debut du 19e siecle est tombe si bas sous l’emprise du banditisme et de la delinquence legale.

Un vieux dicton Haitien stipule que “ravet pa janm gen rezon devant”, c’est une reprise de la citation d’Anatole France: “le premier devoir des petits est l’humilite devant les grands”. Grace au Granmet ki bay lavi, nous sommes nes lions, resilience est notre patronyme, front de boeuf est notre prenom et nous vivons pour un “gran pain”. Quand les sinistres de la justice ignorent tout bonnement leurs responsabilites comme grands commis de l’Etat Haitien pour vivre comme des vassaux, ils se croient permis de tuer, d’intimider, d’harasser et de vivre comme des delinquents au su et au vu de tous. Je remercie la Radio Caraibes, le PDG Patrick Moussignac et le journaliste Robert Celine dit Bob C. qui est tres lucide, tres clairvoyant et qui a l’etoffe pour se hisser a la dimension d’un Jurgen Habermas. C’est malheureux que le temps ou les jeunes Haitiens revaient grands est revolu, c’est malheureux que les geants de la pensee Haitienne qui ont fierement contribue a la pensee mondiale sont jetes a la poubelle de l’histoire et leurs livres et pensees sont bannis. Si Dany Laferriere, jeune journaliste ayant laisse Haiti a 23 ans peut etre hisse a l’Academie Francaise, ce qui n’est un cadeau, car son oeuvre et son ecriture en chuchotant meme ont pu briller de mille feux sous les boues nauseabondes des prejuges de toutes sortes. Le temps viendra ou il y aura un journalisme d’investigation en Haiti, le temps viendra ou les bandits ne seront pas legaux, car nulle part au monde ou l’on suppose que l’on vit en regime democratique des dirigeants meme en etant des laquais s’autoproclament “bandits”. C’est une infamie.

Les dossiers sont la, les archives sont la, les “Zak malonet” suivront toujours ceux qui les ont perpetre meme dans la tombe; la Constitution Americaine reconnait le droit de parole et protege les ressortissants Americains; la diffamation est severement puni; les contravenants de la liberte d’expression et des droits humains sont designes comme predateurs, indexes et punis; les organismes de Droits Humains en Amerique du Nord ne sont pas aloral; mefiez-vous de l’eau qui dort dit le proverbe. Ils peuvent tout essayer, mais ils ne pourront jamais tue l’espoir et l’inspiration altruiste de ces jeunes professionnels qui en ont marre, et qui decident de ne pas marcher sur les traces des demagogues, des politiciens “dwat e goch” qui ont impose la violence structurelle et la delinquence legale comme philosophie politique dans la Societe Haitienne. “Il nous faut inventer un nouvel art de gouverner… une nouvelle gouvernance d’inspiration humaniste”(Jean-Pierre Raffarin). Les ecrits des mes aieux, des geants Haitiens qui sont mes modeles, avant tout sont la force motrice qui me pousse a avancer a petits pas dans le monde inoui de la pensee et du santibon. Dieu merci, ce qui est aujourd’hui a ete CV comme le dit l’Ecclesiaste. En vertu de tout ce que nous savons et vivons aujourd’hui, nous osons croire et esperer en l’avenir d’Hayti qui est sombre, mais certain. Il est toujours bon de retourner dans ses archives pour relire l’Histoire vraie de ce peuple vilipende, mis a genoux ou les hommes “Front de boeuf”, competents et dignes sont toujours combattus. Comment oublier notre compatriote Rosalvo Bobo qu’un grand chroniqueur Haitien a campe ainsi:

“Au moment du débarquement des marines, il était le chef reconnu de la révolution qui venait de renverser le gouvernement du président Sam. Il était le favori dans la course à la présidence. Mais l’amiral américain William Caperton, chef des troupes d’occupation l’écarta comme ennemi des États-Unis, au profit du sénateur Philippe Sudre Dartiguenave. Sous l’occupation americaine il a dit « Je prefere mourir m’envelopper dans mon drapeau que de servir l’etranger ».

La parole sera liberee dans ce pays et un jour viendra ou le journaliste Haitien n’aura pas peur de dire au chat qu’il est un chat, et d’appeler le mabouya, mabouya et non “ti bet”. Quand nous savons d’ou nous venons, quand nous ressassons de jour en jour notre parcours du jour “0” au moment present, nous ne pouvons pas baisser les bras, et il y a de quoi faire la fete, car dans notre ame le soleil d’Haiti brille toujours et l’odeur du cafe monte toujours dans nos narines. Ce qui est malheur et deboires pour les autres est un passage oblige pour nous autres pour arriver a l’illumination. Osons croire en une Hayti Nouvelle et Prospere pour le bonheur de tous!

Écrit par
Kerlens Tilus 01/23/2014
Futurologue et Analyste Politique
snel76_2000@yahoo.com
LE 23 JANVIER 2021