octobre 25, 2021

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Avec la Présidence Biden, la « liberté » retrouvée des conseillers santé de la Maison-Blanche

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PARIS MATCHS

Kahina Sekkai.
paris match

Deborah Birx, deux des conseillers santé de la Maison-Blanche, n’ont pas caché leur joie avec l’arrivée du nouveau président, qui a promis d’écouter les experts sur la pandémie de Covid-19.

Sa main pour cacher son incompréhension et le visage baissé : en mars dernier, le docteur Anthony Fauci n’avait pas réussi à complètement dissimuler son ressenti lors d’un point presse quotidien tenu par Donald Trump, en pleine pandémie de Covid-19. Le président américain venait de surnommer le secrétariat d’État -équivalent du ministère français des Affaires étrangères- «le secrétariat d’État profond», évoquant un soi-disant complot contre lui mené par les diplomates voulant l’empêcher de «drainer le marécage» de Washington. Moins d’une semaine après l’investiture de Joe Biden, le directeur de l’Institut des maladies infectieuses, qui a conseillé sept présidents républicains comme démocrates, n’a pas caché sa joie d’avoir un nouvel interlocuteur à la Maison-Blanche. Jeudi, face aux journalistes qui l’interrogeaient sur les différences entre Donald Trump et Joe Biden, le médecin a assumé : «Une des nouveautés de cette administration est que lorsqu’on ne connaît pas la réponse, on n’essaie pas de la deviner. On dit simplement qu’on ne connaît pas la réponse.» Puis, évoquant la défiance assumée du milliardaire envers la communauté scientifique, il a ajouté : «L’idée de pouvoir être ici, de parler de ce que l’on sait, de ce qu’est la science… C’est en quelque sorte libérateur. […] Je ne prenais aucun plaisir à devoir contredire le président.»

La coordinatrice de l’équipe de lutte contre la pandémie, le docteur Deborah Birx, a elle changé de ton après le changement d’administration. Interrogée dimanche sur CBS News, la médecin et diplomate a révélé avoir «vu le président présenter des graphiques» sur lesquels elle n’avait pas travaillé : «Quelqu’un créait une série de données et de graphiques alternatifs qui étaient montrés au président», a-t-elle assuré, jurant ne pas savoir qui était derrière ces informations. «Il y a des gens qui croyaient véritablement que [le virus] était un canular. Je pense que les informations étaient perturbantes au début. Je pense que, comme nous n’avons pas parlé de l’étendue de la maladie, tout le monde a interprété ce qu’il savait.» Si elle n’a pas livré d’indices sur l’identité des sceptiques au sein de l’administration Trump, les regards se sont tout de même tournés vers Scott Atlas, qui a rejoint l’équipe mi-août, après avoir été repéré par Donald Trump lui-même, impressionné par ses passages sur Fox News. «Il a plein de super idées. Et il pense que ce qu’on a fait est vraiment bien et maintenant nous allons passer à la vitesse supérieure», avait assuré Donald Trump à propos de ce conseiller spécial, opposé au port du masque.

Poudre suspecte dans le courrier du docteur Fauci
Durant cet entretien, le docteur Birx a révélé qu’il n’y avait «qu’une seule personne qui travaillait à temps plein à la lutte contre le coronavirus à la Maison-Blanche». Et ce travail était compliqué par les membres de l’administration qui ont minimisé la pandémie, selon elle : «Quand vous avez une pandémie qui nécessite un changement de comportement chez chaque Américain, la communication est clé. Et donc chaque déclaration d’un dirigeant politique qui n’était pas en adéquation avec les besoins de santé publique mettait à mal à notre réponse. C’est aussi pour cela que je prenais la parole car je n’étais pas censurée. Je pouvais parler librement à propos des obligations de port du masque, de fermeture des bars au milieu d’une vague, de fermer les espaces clos où les gens enlèvent leur masque», a-t-elle déclaré. Une réponse à ceux qui ont demandé pourquoi elle n’avait pas démissionné face à l’attitude du président, alors qu’elle y a «toujours» pensé : «Je me demandais chaque matin s’il y avait quelque chose que je pourrais faire qui serait utile face à cette pandémie. Et je me le demandais tous les soirs.»

Le docteur Fauci s’est de son côté confié au «New York Times» sur sa relation avec Donald Trump, qui «savait à peine» qui il était durant les trois premières années de son mandat : «La première fois que je l’ai rencontré était en septembre 2019, quand ils m’ont demandé de venir à la Maison-Blanche, avec ma blouse blanche et d’être présent pendant la signature d’un décret sur la grippe.» Les deux hommes se sont davantage vus depuis le début de l’année 2020 mais leur relation a rapidement mal tourné lorsqu’il a douché l’optimisme du président en direct : «Les gens autour de lui, son entourage proche, n’aimaient pas que je contredise le président publiquement. C’est à ce moment que nous sommes arrivés à une situation que je qualifierais de malheureuse et quelque peu malfaisante : lorsque Peter Navarro a eu l’autorisation d’écrire une tribune dans « USA Today » pour dire que j’avais tort sur la plupart des choses que je disais. Ou que le service de presse de la Maison-Blanche publie une liste détaillée des choses que j’ai dites et qui ne se sont pas avérées vraies -ce qui était des bêtises car elles étaient vraies. Le même service de presse qui décide si je peux passer à la télévision ou vous parler.»

La situation a été d’une telle tension qu’Anthony Fauci a reçu des menaces de mort, nécessitant une protection du Secret Service : «Un jour, j’ai reçu une lettre au courrier, je l’ai ouverte et un nuage de poudre s’est répandu sur mon visage et ma poitrine.» Une poudre qui s’est avérée inoffensive mais une vraie frayeur pour le médecin, sa femme et ses enfants. Quant aux menaces de le faire renvoyer, durant ses meetings, Anthony Fauci les a interprétées comme «Donald Trump faisant du Donald Trump» et assure ne pas les avoir prises au sérieux. Il n’a jamais pensé à démissionner, malgré les divergences : «Même si je n’étais pas très efficace pour faire changer tout le monde d’avis, l’idée qu’ils sachent que toute bêtise ne pourrait être dite sans que je la combatte me rendait important.» Mais l’infectiologue n’a pas voulu s’avancer sur la responsabilité directe de Donald Trump sur le lourd bilan (près de 420 000 morts) : «Établir le lien directement, c’est très accablant. Je veux rester à distance».

LE 25 JANVIER 2021

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