octobre 23, 2021

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La résolution de la crise contemporaine haïtienne, vieille de plusieurs décennies, est loin d’être une réalité

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Écrit Par
Antoine Nérilus

Depuis la chute de la dynastie duvaliérienne, à la fin des années 80, la République d’Haïti est en butte à une crise tridimensionnelle ou tricéphale dont tous les citoyens font les frais d’une manière ou d’une autre. La crise est dûe à l’inefficience même de l’État dans son organisation et sa conception de l’être haïtien sous trois plans: Social, économique et politique d’où la racine même de cette crise ayant atteint son niveau de pourrissement depuis plusieurs années.

Sur le plan social, l’État n’a jamais œuvré, dans sa politique, en faveur de la satisfaction des droits basiques et inaliénables des couches et strates qui composent la société tels le droit à la vie, à la santé, à l’éducation, au logement décent, à la sécurité et aux loisirs. Nul n’est besoin de remonter à Maslow pour savoir qu’aucune société ne peut vivre en harmonie sans le respect desdits droits, ce qu’on pourrait qualifier de société socialement injuste ou encore société où l’injustice émane de l’État même, en termes de manquement dans l’accomplissement de ses fonctions régaliennes, lesquelles ne pouvant être imputées à aucune autre instance. Le citoyen ou la citoyenne a des besoins sociaux qui doivent être comblés et c’est le rôle de l’État de rendre les conditions optimales pour que cela se fasse sans excuse aucune. Tout manquement y relatif occasionnera du désordre à grande échelle, de la délinquance au niveau de toutes les tranches d’âge, des crimes et d’autres phénomènes en lien avec la ganstérisation ou la déchéance sociale et/ou morale.

Sur le plan économique, l’État ne joue pas son rôle d’arbitre dans le domaine économique mais préfère se joindre à des groupes mercantiles semi-étrangers, semi-nationaux, qu’il avantage aux mépris des forces productives et laborieuses du terroir, ce, de diverses manières. Ils bénéficient de tout ce qu’ils désirent ou exigent tels des ayants-droits pour avoir eux-mêmes pourvu aux besoins pécuniaires des agents de l’administration publique, surtout, mais pas seulement, en périodes électorales. Ils jouissent de tout et les masses laborieuses sont oubliées, littéralement. Pas de prêt dans le budget de L’État ni pour les étudiants, ni pour les délinquants, même repentants. Ainsi donc, par cette négligence en matière de gestion macro-économique et de génération de plans budgétaires dans ce domaine ( macroéconomie), l’État s’érige en producteurs de bandits, d’arnaques et de criminels notoires qu’il finira par éliminer après, ayant fort peur de leur nuisance, de leur contrainte et exigence légitimes; un État qui se complaît, sciemment, à produire des échoués sociaux en pratiquant une économie suicidaire. À la base tout cela une corruption officialisée et jugée normale entre les protagonistes économiques et politiques, au détriment du peuple inconscient, insouciant et non scolarisé à dessein pour être plus docile à exploiter.

Sur le plan politique, c’est l’État qui crée la plupart de nos mésententes fratricides en vantant par des actes et actions illégaux sa supercherie, sa méchanceté. Nos dirigeants de l’appareil étatique se croient toujours plus intelligents que l’autre et fonce en dépit des feux rouges. Nos fraudes élections en parlent. On avance malgré tout, et chacun se dit être plus rusé que l’autre et à la fin de la journée, tout le monde se trouve face au mur de la mort collective. La loi doit être stricte en l’appliquant contre autrui, mais plus malléable pour moi qui suis le présent chef. Gaffe gravissime.

Nos dirigeants ne pensent pas aux conséquences futures de leurs actes barbares contre la loi sur les concitoyens, mais à leurs intérêts personnels, de groupes ou de partis. Et le pays s’enfonce dans un précipice abyssal loin de la portée des yeux de nos chefs. La crise contemporaine haïtienne ne date pas d’hier, elle est vieille, plus que centenaire, question d’éviter de remonter après le lugubre assassinat du père fondateur de cette grande nation que nous sommes, le 17 octobre 1806.

Comme un Phoenix, Haïti renaîtra de ces cendres, il suffit que nous fassions les bons choix, sans euphorie ni passion effrénée!

Écrit par

Antoine Nérilus, enseignant, politologue, poète, février 2021.

LE 5 FÉVRIER 2021

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