octobre 23, 2021

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L’INSPECTEUR GÉNÉRAL CARL HENRY BOUCHER TECHNIQUEMENT NON RESPONSABLE DU FIASCO DU 12 MARS 2021 À VILLAGE DE DIEU

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Plus bas que les bas-fonds
Je constate avec une profonde tristesse comment sont traitées, dans mon pays, des questions liées à la sûreté, la sécurité, la sécurité publique voire à la sécurité nationale dans un indescriptible melting pot.
Des opérations relevant de la sécurité de l’État sont traitées en public et avec légèreté, des fois, au plus haut sommet. Des opérations, en violation de toutes les règles de l’art sont annoncées à grand renfort de lives, likes, cheers. Or, seuls le secret absolu et la surprise garantissent le succès de toute opération.
Mon ami le Docteur Yves Cadet serait mort une deuxième fois s’il lui était donné d’être témoin d’un tel cirque ! Que son âme repose en paix !

Le relatif
Dans la vie, même l’absolu est relativement relatif. Dans l’assourdissante cacophonique des « chers » hurleurs des micros, on a découvert le riche carnet d’adresses d’un journaliste comme Valéry Numa. Cette crise a fait découvrir de nombreux techniciens méconnus qui, pourtant, étaient là avec nous, dans le silence des savants. Il a même été donné de constater la dextérité de l’interviewer quand, emportés par les passions de la connaissance, les intervenants oubliaient qu’ils n’étaient pas à une chaire d’université mais sous les oreilles attentives de tous, notamment de celles des criminels qui sont loin d’être, juste de stupides bandits. La sécurité, c’est comme la médecine : spécialités multiples . Nul ne peut donc prétendre tout maîtriser dans ce domaine. C’est comme un orchestre philharmonique !

Qui sont-ils les conseillers nos chefs ?

Je ne sais, dans l’état actuel des choses, qui blâmer ; car, je ne connais pas les citoyens qui conseillent le chef de l’État en matière de sécurité. Ah oui ! La politique fait que n’importe qui arrive à la direction des États. C’est pourquoi les États se protègent par la rigueur organisationnelle et fonctionnelle de leurs INSTITUTIONS. N’était la solidité de ses institutions, les Etats-Unis d’Amérique auraient connu avec mister Trump une tragédie aux conséquences incalculables ! Parce qu’un décideur national ne maîtrise pas forcément toutes les arcanes du fonctionnement des États, des techniciens de tous bords sont engagés dans les cabinets et, souventes fois, pour parer aux aléas de la routine, des consultants sont appelés en renfort.

Question de doctrine
Un principe, généralement accepté, fait du « chef le seul responsable de tout ce que fait ou manque de faire son unité ». C’est ce principe qui a fait accepter au président William Jefferson Clinton devant le congrès américain le crime de la destruction du riz de l’Artibonite en faveur des producteurs de riz aux Etats-Unis d’Amérique. En tant que président, monsieur Clinton ne va pas dans les rizières de l’ Artibonite voire participer aux viols des femmes d’asiatiques affectés au développement de la production du riz haïtien mais c’est lui qui assume.
Après la tragédie du 12 mars, la seule préoccupation des dirigeants devrait se concentrer sur le moral des troupes à requinquer et la population à rassurer. Les méthodes pour y arriver font partie d’un SOP (Standard Operation Procedures) en vigueur dans toutes les entités de cette nature.

Un risque majeur
Plusieurs amis, parmi eux un fervent admirateur archelois, m’ont posé la question sur une probable désintégration de l’institution policière. J’ai toujours, farouchement défendu la thèse du NON. Les événements du 12 au 17 mars ont grandement ébranlé ma conviction sur ce sujet. Je me demande, dans le secret de mon cœur si ce n’est, désormais, une évidence. C’est que, la politique, la mauvaise, est notre sport national. C’est elle qui explique chaque geste posé au nom ou par l’institution. C’est le premier des dangers. Le risque, aujourd’hui, est presque certain. Hélas !

Un bouc émissaire
Tout porte à croire qu’on veuille attribuer l’échec du 12 mars à l’inspecteur général Carl Henry Boucher un des fleurons de l’institution policière. À l’annonce de sa mise en isolement, je me suis, mentalement, retrouvé au prétoire dans mon costume de défenseur militaire (oups ! Policière) pour démonter une à une les thèses et arguments, forcément farfelus, de l’accusation !  » Ô temps suspends ton vol ! Et vous heures propices suspendez votre cours  » !
Heures de gloire pour démasquer d’inhabiles et piètres sires voulant goulûment enterrer sous leurs bêtes ambitions un homme fier, utile parce que vertical et savant. Un homme au brillant parcours.

De l’état-major
Jusqu’à date, un état-major est ainsi constitué :

Un commandant en chef et un assistant
1.- Un responsable du personnel (G-1) (recrutement, gestion et discipline)
2.- Un responsable du renseignement et du contre renseignements (G-2)
3.- Un responsable de l’instruction, de l’entraînement et des opérations (G-3)
4.- Un responsable de la logistique et de l’administration (G-4)
5- Un responsable des relations civilo-militaires (G-5). Une évolution produit par le système démocratique visant à respecter le droit à l’information des citoyens.
La seule différence entre un état-major d’une armée et celui d’une police réside dans le fait que le premier s’occupe de la sûreté et de la défense nationales et l’autre de la sécurité Publique (interne)

Le fonctionnement est le même mais l’entraînement et le mode opératoire sont différents. On ne fait pas intervenir une armée sur son propre territoire. Quand la menace se précise comme provenant de ce qui peut être identifié comme étant un ENNEMI intérieur, la police s’efface et la garde ou même l’armée intervient. AUCUNE concomitance opérationnelle entre la police et l’armée. C’est l’une ou l’autre.

Des opérations
La doctrine des opérations, à date est figée. Cinq phases :

1.– Situation générale :

a) situation ennemie :
* localisation
* force (nombre incluant alliés potentiels)
* moral (objectifs, motivation, détermination)
* armement, matériel et équipements
* histoire (mode opératoire)
Ces informations relèvent de la compétence du G-2.

b) Situation amie
L’analyse de la situation ennemie oblige (en situation classique) à la règle du triple en tout : effectifs (typologie), armement, équipements moyens et support logistique.
Dans le cas qui nous préoccupe c’est là le rôle de Carl Henry Boucher.
C’est la synthèse de ces éléments d’informations qui amène à la décision donc à la :

2.- Mission

Elle peut être un siège ou une opération coup de poing (un raid). Dans le cas de village de Dieu, compte tenu de la fusion population-bandits, de l’armement et du mode opératoire la décision ne peut être que l’encerclement, le verrouillage et l’asphyxie. Une opération d’envergure jouant sur le temps et l’usure. Un raid ne s’expliquerait que par un objectif de déstabilisation visant des étapes ultérieures. Dans le cas présent, la décision dépasse la compétence de tout le commandement de la police. Elle devient celle du commandant en chef : le Président de la République.

3.- Opération

La décision une fois prise, le G-3 détermine la troupe idoine et son commandant devient le seul responsable sur le théâtre des opérations. Il a le devoir de la planification, du choix de la troupe, de la vérification des informations en constante évolution. On n’attaque jamais sans le dernier feu vert des éclaireurs éléments de contact avec la cible. Parce que les informations initiales sont susceptibles de modifications, la vérification constante est la règle. Elle relève uniquement du chargé du théâtre des opérations.

4.- La logistique

Tous les moyens de la logistique doivent être pourvus en triple et, même les imprévus doivent être prévus. (Troupes de réserve, matériel, équipements, armement, munitions, approvisionnement etc.)

5.- Commandement et signaux

La chaine de commandement ne peut aucunement souffrir d’hésitations. Sur le théâtre des opérations, il y a un chef et un seul : le commandant. C’est lui qui détermine aussi les codes de communication. La communication de routine ne vaut sur un théâtre d’opérations.
Le rôle de l’état-major c’est le monitoring. Normalement Carl Henry Boucher en tant que chargé de la direction du renseignement n’avait pas à être sur le théâtre des opérations. Son rôle dans le cas de modification de renseignements devrait se limiter à informer le Commandant en chef qui instruirait le chargé des opérations sur le terrain, à charge par celui-ci de les vérifier et d’ajuster ses décisions.

En conclusion
Il serait irresponsable de ruiner, pour de basses et inutiles raisons politiques la carrière d’un cadre valeureux. Protégez l’homme. Protégez l’institution…si c’est encore possible.

Himmler Rébu.

LE 18 Mars 2021.

LA RÉDACTION DE LTP !!!
harryespoirmichel@gmail.com telephone 50948438136.

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