Minneapolis transformée en ville poudrière en attendant le verdict de Derek Chauvin - Le Tout Au Pluriel Magazine
mai 13, 2021

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Minneapolis transformée en ville poudrière en attendant le verdict de Derek Chauvin

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LE TOUT AU PLURIEL MAGAZINE VIA UNE COURTOISIRE DU JOURNAL
PARIS MATCH

Olivier O’Mahony, à Minneapolis
Le « George Floyd Square », ainsi qu’on appelle désormais le carrefour à Minneapolis où l’afro-américain George Floyd est mort étouffé sous le genou de l’officier blanc Derek Chauvin.Le « George Floyd Square », ainsi qu’on appelle désormais le carrefour à Minneapolis où l’afro-américain George Floyd est mort étouffé sous le genou de l’officier blanc Derek Chauvin.
Olivier O’Mahony
Le procès du policier qui a tué George Floyd, devrait s’achever la semaine prochaine. Tout le monde retient son souffle .

À Minneapolis , le calme est revenu sur « George Floyd Square » , ainsi qu’on appelle désormais le carrefour où l’afro-américain George Floyd est mort étouffé sous le genou de l’officier blanc Derek Chauvin, le 25 mai 2020. Mais c’est un calme pesant, funèbre : on se croirait dans un cimetière. On n’ose à peine parler. Monter la voix, ce serait une insulte à celui dont la mort a provoqué d’énormes manifestations raciales il y a près d’un an. Partout , des fleurs, des bougies et des insignes qui réclament justice pour le disparu devenu le héros de l’Amérique noire. Un poing levé en bronze, symbole de résistance, a été érigé au milieu du carrefour. « Là où il y a des gens , il y a du pouvoir », peut-on lire sur le haut-vent de la station essence juste à côté . Sur la chaussée, un rectangle blanc a été peint à l’endroit exact où George Floyd a trouvé la mort. Il est entouré de balises. C’est comme une tombe: personne n’ose marcher dessus.A la supérette « Cup Foods », la vie a repris . Les photos à l’intérieur de la boutique sont interdites car on n’aime pas trop les curieux . C’est la que le drame avait commencé : George Floyd avait payé ses cigarettes avec un faux billet de 20 dollars, et le caissier s’en était aperçu, ce qui avait provoqué l’arrivée de la police. En entrant à l’intérieur, on est surpris par la taille du magasin, beaucoup plus grand que ce qu’on imagine en voyant les dernières images de George Floyd vivant, en train de payer au comptoir, que la télé américaine diffuse en boucle . « On a réouvert en août, mais le business est mou, à cause de ce qui se passe tout autour», nous dit Mamadou , le vendeur d’origine gambienne qui travaille la depuis longtemps dans la boutique. « La plupart des salariés présents au moment des faits sont partis », précise-t-il.

Des affrontements entre forces de l’ordre et manifestants
Chacun, aujourd’hui, retient son souffle. La ville est redevenue une poudrière depuis qu’un autre Noir, Daunte Wright, a été abattu dimanche dernier par une policière blanche, Kim Potter, qui aurait confondu son pistolet et son taser. Cette bavure ne pouvait pas plus mal tomber. Brooklyn Center, la banlieue de Minneapolis où a eu lieu ce nouveau drame, est devenu le théâtre d’affrontements entre forces de l’ordre et manifestants. Quelques centaines d’activistes anti-racistes se massent aux portes du commissariat où travaillait cette policière, bien décidés à braver le couvre feu de 22 heures décrété par les autorités . Alors, tous les soirs depuis dimanche dernier, il faut les évacuer par la force, à coups de gaz au poivre. Le scénario est toujours le même : la police diffuse des messages enregistrés et menaçants : « Ce rassemblement est illégal , veuillez vous disperser, sous peine d’être arrêtés », entend-on dans les hauts parleurs . Mardi soir , même les journalistes étaient conviés à quitter les lieux sous peine d’être également interpellés .
Mercredi soir, au quatrième avertissement , la police est passée à l’action : des soldats ont surgi de l’obscurité , formant un mur humain qui faisait toute la largeur de l’avenue. En avançant vers les manifestants , ils criaient de manière scandée :« Move ! Move! Move ! » (« Bougez ») Technique de « ratissage » efficace : les manifestants avaient beau répondre « Don’t Move! » (« Ne bougez pas! »), tout le monde a décampé et vers 22h30 , la zone était évacuée . Deux heures plus tard , le colonel Matt Langer se félicitait de la « diminution du nombre d’arrestations » (24 mercredi contre plus de 70 la veille) et du fait que, pour la deuxième soirée consécutive, aucun commerce n’avait été pillé. Un retour au calme précaire alors que que le verdict de Derek Chauvin approche : si, la semaine prochaine, il est déclaré non coupable de la mort de George Floyd – une hypothèse tout à fait possible car il faut l’unanimité du jury pour le condamner -, ce sera la révolution à Minneapolis.

LE 16 AVRIL 2021

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