Il n’y aura ni référendum ni élections avec Jovenel Moïse, prédit Joseph Lambert - Le Tout Au Pluriel Magazine
mai 13, 2021

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Il n’y aura ni référendum ni élections avec Jovenel Moïse, prédit Joseph Lambert

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Le Tout au pluriel magazine/via
Le Nouvelliste

L’actuel président du Sénat, Joseph Lambert, invité à la matinale de Magik9, est revenu sur sa rencontre avec Jovenel Moïse, lundi 19 avril, au Palais national. L’élu du Sud-Est a révélé l’essentiel de sa conversation avec le locataire du Palais national, contesté par différents secteurs de la vie nationale. « Je lui ai dit qu’il n’existe que deux options. Il peut rester en mode adelante vers le référendum. Sans le support de la communauté internationale, de ses alliés notoires. Il n’aura pas non plus le support de toutes les tendances de l’opposition. La deuxième option est le compromis et le consensus minimal entre les forces politiques et les forces organisées », rapporte Lambert.

Pour le président du tiers du Sénat, le compromis permettrait d’enclencher les vraies réformes politiques, économiques et sociales. Ce qui, de son avis, conduirait à une pacification durable du pays. « En présence d’un Parlement dysfonctionnel, d’un pouvoir judiciaire bancal et d’un exécutif essoufflé et qui s’apparente à une dictature, car il conserve tous les pouvoirs, il est clair qu’un accord politique est fondamental et indispensable. Cet accord doit être l’œuvre de tous les secteurs, de toutes les forces vives du pays. Cela assurera un teint de légitimité à toutes les initiatives qui seront entreprises par la suite », soutient Joseph Lambert.

L’élu du Sud-Est s’est montré très sceptique quant à l’éventualité de l’organisation d’un référendum en juin prochain pour changer la Constitution. « En tant que démocrate, je suis pour les élections. Je soutiens aussi une réforme constitutionnelle. Je crois fondamentalement qu’il faut réviser le texte. Il y avait un travail réalisé par l’ex- député Jerry Tardieu qui jouit de beaucoup de légitimité. J’ai dit au président qu’il ne pourra pas y avoir de référendum constitutionnel le 27 juin. Cette consultation populaire est techniquement compromise et non inclusive car 2.5 millions d’électeurs ne sont pas encore enregistrés par l’ONI», fait-il savoir.

Joseph Lambert indique avoir également évoqué avec Jovenel Moïse l’organisation des élections législatives et présidentielle, exigées notamment par les États-Unis. « Je lui ai dit de ne pas croire qu’il pourra organiser des élections dans les 9 prochains mois. Le minimum qu’il pourrait organiser, et ceci sur la base d’un accord politique, c’est la réforme constitutionnelle. Il faudrait former un gouvernement d’union nationale. Dans ce cas, il devrait se mettre en retrait pour laisser à ce nouveau gouvernement le soin de conduire la barque nationale. Il a beaucoup réfléchi sur ce que je lui ai dit », précise Joseph Lambert.

Plus loin, Joseph Lambert souligne que le pays se dirige inévitablement vers un pouvoir de transition. « La transition aura bel et bien lieu. Il faudra plusieurs mois pour enregistrer les 2.4 millions d’électeurs restants. Si l’on met des bouchées doubles et on met plus de moyens, on aura besoin de 7 mois environ, soit en novembre prochain. Il faudra ensuite 4 mois environ pour que le CEP prépare les listes électorales », analyse-t-il comme pour souligner que le temps ne joue pas en faveur des projets du président Moïse. « Comment le président peut-il penser organiser trois consultations populaires en une année ? », s’interroge-t-il.

Joseph Lambert, qui s’auto-proclame animal politique, invite le président à planifier un départ sans heurt. « Les prochains jours seront difficiles et compliqués. Il y aura des turbulences. Le président a intérêt à planifier de manière souple et correcte son départ au 7 février éventuellement. Sinon, ça va être le chaos. Je préconise une transition pacifique du pouvoir, une gouvernance stable. Pour ce faire, le président a intérêt à obtenir cet accord, échanger avec ses partenaires et faire les concessions politico-stratégiques nécessaires. Sinon, les choses peuvent dégénérer », prévient le président du Sénat.

Pour illustrer ses prévisions, Joseph Lambert a raconté une anecdote à propos de l’ancien président Michel Martelly qui l’avait consulté sur la possibilité de quitter le pouvoir le 7 février 2016 ou le 14 mai 2016. « J’étais chez lui. Je lui ai dit que s’il s’entêtait à rester au pouvoir au-delà du 7 février 2022, il pourrait subir un dechoukay. Je lui ai dit que l’on pourrait même acheter sur le marché informel certains tableaux et autres objets précieux qu’on aurait enlevé de sa maison lors de ce « dechoukay », révèle-t-il.

Le président du Sénat, au cours de cette entrevue accordée à Magik9, n’a pas été tendre avec l’entourage du président de la République. « Il prend toujours le temps de m’écouter. Je constate toutefois qu’il est prisonnier du silence de la vérité. J’ai le pressentiment que son entourage ne lui fait pas une vraie description de la situation. On ne lui prescrit pas les meilleures formules. Peut-être qu’on a peur de lui dire la vérité », suppose-t-il.

Joseph Lambert invite Jovenel Moïse à se rendre compte de sa situation de fin de règne, mais aussi de l’imprévisibilité de la communauté internationale. « J’ai déjà évolué dans l’entourage de beaucoup de présidents. Je sais ce que cela veut dire quand il vous reste seulement quelques mois. Je sais ce que cela signifie. Le temps passe vite. Les présidents ont beaucoup à faire. D’où la nécessité pour eux d’engager un dialogue permanent. C’est le seul moyen de créer des conditions de stabilité. (…) Il faut voir la position du BINUH sur le référendum comme celle des Nations unies. Qui dit les Nations unies dit les Américains. Ces derniers influencent les décisions à l’ONU et à l’OEA. La communauté internationale exige l’organisation des élections avec des conditions difficiles à réunir par l’exécutif. Ils savent pertinemment que Jovenel Moïse est incapable d’organiser les élections. Il faut craindre qu’un bon matin que le président soit lâché par ses amis de la communauté internationale. Moi, j’ai déjà vu comment des acteurs de la communauté internationale se sont désolidarisé de leurs alliés. Ils peuvent faire une déclaration et prendre une décision contraire, deux jours plus tard. Un bon matin, ils vont évoquer l’incapacité du président à favoriser un retour à l’ordre démocratique et un renouvellement du personnel politique. Alors il sera trop tard. Ce sera la confusion totale au niveau du pouvoir exécutif », analyse celui qui a vu les Américains, l’ONU et l’OEA lâcher en 2010 le président René Préval et son candidat Jude Célestin au profit du candidat Michel Martelly.

L’élu du Sud-Est s’est aussi adressé à l’opposition politique. « Jovenel Moïse et l’opposition doivent savoir que le 7 février 2022 est inévitable. Que le président parte avant ou après le 7 février 2022, il y aura un vacuum. Il faut l’anticiper dès aujourd’hui. L’opposition dans sa définition n’aura plus aucun sens après le 7 février 2022. Au lieu de se fier à l’incertitude, il est impératif, à partir d’un accord politique entre les deux parties, de trouver la meilleure formule pour planifier

LE 21 AVRIL 2021

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