octobre 19, 2021

Le Tout Au Pluriel Magazine

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Ashley Laraque, répond aux « ON » non identifiés…

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Ces derniers jours « ON » me juge trop présent dans les médias et sur les réseaux sociaux. « ON » me trouve trop critique, trop volubile. Ces jugements m’auront presque fait croire que les épisodes de la saga de l’inacceptable, magistralement joués par Jimmy Cherisier, izo, 5 secondes, lanmo 100 jou…, bénéficiant d’une diffusion bien plus large que mes prestations, seraient plus appréciées du public. Mais « ON » est un pronom indéfini et mal élevé (me répétait souvent ma tante Lyanne). Affirmation renforcée par ma lecture du texte « Disons la vérité à nos enfants » d’un auteur inconnu, seraient-ils les signes d’une noire conscience ?

Je crois devoir saisir toutes les opportunités pour parler de vérités travesties. Je crois devoir me faire la voix de toutes celles et ceux qui souffrent en silence. Convenez, je vous en prie, de la pertinence de mon combat et continuez à me supporter dans la mesure ou vous vous retrouvez dans cette quête de ce qui pourrait nous rester encore de bon sens, de valeurs et de désir de vivre ensemble.

D’abord, pour calmer les ardeurs indignées des catholiques convaincus, je me suis prudemment gardé de dire que l’église devait payer. J’ai surtout fait valoir plutôt qu’aucun membre de celle-ci ne devrait argumenter qu’elle est dépourvue d’argent… Ce serait prendre pour des idiots une population qui dans tous les départements et presque toutes les communes constate de visu la construction de grands édifices à la gloire du seigneur ! Les matériaux utilisés étant tout sauf la foi ou la prière.
De mon temps, un prêtre tel le Père Volel aurait dit : le Dieu de toutes les religions, en aucun cas, se sentirait honoré quand les hommes lui construisent des palais tout en sachant que leurs frères et leurs sœurs sont dépourvus de logis avec fort peu de vêtements sur le corps. Il aurait aussi ajouté : _l’église devrait s’abstenir dans tous les cas de consentir à monnayer la vie et la liberté d’un être humain… Mais l’Église, comprenant que l’attitude des délinquants est tributaire de l’inexistence d’encadrement, d’éducation adéquate, devrait s’engager à construire, à administrer une école au bénéfice de ces jeunes délaissés. Elle devrait utiliser son aura et de son pouvoir pour exiger le respect par l’état de ses engagements envers la jeunesse d’Haïti.

Des pères Volel il y en a tellement peu de nos jours. L’église qui me fut enseignée s’estompe de plus plus… La politique a remplacé le catéchisme. Les m4 ont remplacé la foi. Le papier-monnaie recouvre de son chaud manteau la prière. L’église d’aujourd’hui se positionne sur les réseaux sociaux et renonce à exorciser les acteurs des deux camps visiblement possédés par le diable qui réclame à tue-tête une succursale de l’enfer, chez nous …

Prenons le recul nécessaire, le temps qu’il faut, pour analyser l’objectif des inventions et mésinterprétations largement diffusées sur ces mêmes réseaux sociaux.

Quand, à dessein, il est véhiculé qu’il y aurait eu échange de prisonniers entre 400 mawozo et les autorités, l’auteur ou les auteurs de cette fabrication tente de passer un message aux gangs, les invitant à adopter un comportement similaire aux organisations rebelles des autres pays. L’objectif implicite de cette intox serait-elle de faire accepter les groupes armés comme des entités rebelles à l’instar des FARC, du Sentier Lumineux ou de Hezbollah ?. Ce statut leur vaudrait de réclamer légitimement leur place à la table des négociations. Cela leur confèrerait le droit d’être considérés non plus comme de vulgaires criminels délinquants et, surtout de bénéficier de la sympathie des anti-impérialistes! Je me demande si consciemment tout ceux qui contribuent à la diffusion de ces formes de pensées sont partie prenante de ce que collectivement nous sommes entrain de construire avec la ferme conviction de se rebeller contre une situation inadmissible ?

Il faudrait que les regroupements qui bénéficient du support (contre paiement ou pas) des organisations dites spécialisées dans la mise en place de conditions pour un dialogue entre frères ennemis, fassent attention à toute surévaluation de la situation des conflits en Haïti. S’inspirer des modèles qui viennent d’ailleurs juste parce que cela représente un gagne-pain peut envenimer une situation en lui donnant des plus corps au lieu de résoudre un disfonctionnement bien autochtone.

L’opposition plurielle, dans son ensemble, dialogue avec tous les représentants du gouvernement sauf le président Moise ! La situation de refus de dialoguer entre des entités politiques, tient plus du fantasme que de la réalité… Cependant, en prétendant qu’elle existerait, il devient dangereux pédagogiquement de faire miroiter des exemples de réussite dans d’autres pays. Modèle, exemples ou suggestions de comportement importés forgent dangereusement une interprétation particulière et erronée de la situation Haïtienne.

Surdimensionner les conflits inter-haïtiens aura pour l’effet de les rendre réellement plus complexes et bien plus difficile à résoudre. Tous les chefs de gangs ont, une fois au moins, justifié publiquement leur état par l’indifférence de l’Etat et de la société à leur condition. Ils font valoir qu’ils auraient choisi un autre mode de vie s’ils en avaient le choix. Ils ont tous fait comprendre que leurs moyens et armement leur étaient fournis par des mafieux. Où se situe donc le conflit quand le délinquant lui-même confesse son rêve de faire autre chose ? Faudra-t-il attendre qu’ils développent des moyens de se définir de nouvelles conditions, de s’autofinancer voire même de s’auto armer pour comprendre qu’aujourd’hui nous avons une réelle opportunité à saisir pour changer notre réalité.

Pourquoi évitons-nous les questions importantes comme celles-ci : à qui profiterait une situation chaotique ? Les milliers de dollars payés aux gangs contre la libération de kidnappés, dans quelles banques ont-ils été déposés ? À qui ont-ils été confiés ? Le trafic de stupéfiants a-t-il été évalué ? Les objectifs géopolitiques des grands pays en conflits, sont-ils sans effets sur notre propre réalité ?

À mon humble avis, le mal haïtien est haïtien et devra être pris en charge par des haïtiens qui devront tenir compte tant du rêve haïtien que de l’utilisation de notre état de précarité par des pays foncièrement indifférents à notre devenir de peuple nation …

LE 26 AVRIL 2021

LA RÉDACTION DE LTP !!!
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