octobre 19, 2021

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ACTUALITES Haïti: L’administration Biden « s’oppose » au référendum sur la Constitution en Haïti

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Le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken a affirmé que l’administration Biden « s’oppose » au référendum constitutionnel du président Jovenel Moïse et indiqué qu’il y a une possibilité et une opportunité, si les étapes appropriées sont mis en place, pour avoir une élection, lors d’une audition sur le budget 2022 du département d’Etat par devant la commission des Affaires étrangères du Congrès, le 7 juin 2021.

« Notre politique — laquelle doit se refléter dans ce que l’on dit ou fait — est de s’opposer au référendum pour les raisons que vous dites », a répondu le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken, interrogé par la congressman du Michigan Andy Levine sur ce que fait l’administration Biden pour que ce « référendum illégal n’ait pas lieu ».

« Notre position, en effet, est qu’il ne doit pas avoir lieu. C’est la position de notre gouvernement. Nous la faisons savoir », a insisté M. Blinken qui a également répondu aux considérations de Andy Levine, estimant que les Etats-Unis, au lieu de presser pour faire des élections à tout prix, même si des élections avec le régime defacto de président Moïse ne seront pas libres ou équitables, devraient de préférence, s’ attaquer la corruption, la violence et l’impunité et les éléments qui alimentent cette crise. « Nous supportons d’autres activités préélectorales. Nous pensons encore qu’il y a une possibilité et une opportunité, si les étapes appropriées sont mis en place pour avoir une élection », a indiqué Antony Blinken.

« Entre-temps, nous donnons une assistance à la police pour qu’elle fasse son travail avec plus d’efficience en faisant face à l’insécurité profondément préoccupante qu’il y a en Haïti », a-t-il dit par devant cette commission dirigée par Gregory Meeks, l’un des plus virulent critique de Jovenel Moïse au Congrès des Etats-Unis.

Les éléments de langage du secrétaire d’Etat américain Antony Blinken à cette audition sur le budget 2022 du département d’Etat et les grands chantiers de la diplomatie américaine montrent une évolution par rapport à ceux de Julie Chung, le 18 mai dernier, à une réunion sur Haïti avec des membres de la diaspora haïtienne. « Les besoins du peuple haïtien sont beaucoup trop pressants pour que les élections soient encore retardées. Vous n’organisez pas d’élections quand cela vous convient, vous les organisez quand le moment est arrivé », avait-t-elle indiqué, soulignant qu’aux « États-Unis, même pendant les moments les plus conflictuels et les plus controversés de notre histoire – ralentissements économiques, manifestations, catastrophes naturelles, guerre civile sanglante – des élections ont régulièrement été organisées pour que notre République puisse continuer à progresser ».

La diplomate américaine, dans son plaidoyer pro-élections, quelles que soient les circonstances, avait énuméré d’autres exemples. « Des pays du monde entier et des pays d’Amérique latine et des Caraïbes – pays confrontés à des problèmes de sécurité et d’infrastructure – réussissent régulièrement à le faire (élections ndlr) malgré les problèmes auxquels ils sont confrontés. Des pays avec de graves divergences politiques surmontent leurs différences pour le faire – et Haïti peut le faire aussi », avait estimé Julie Chung, qui a souligné à l’encre forte que « la démocratie électorale constitue le fondement d’un État stable et prospère ».

Avant cette position non équivoque prise par le secrétaire d’Etat Blinken, l’administration Biden a été critiquée pour son ambigüité sur le référendum. Sur les élections à tout prix, le Miami Herald, dans un éditorial du board, avait indiqué, vue la situation actuelle en Haïti, les élections ne feront qu’aggraver la situation.

Lundi dernier, le Conseil électoral provisoire (CEP) a annoncé l’ajournement du référendum prévu le 27 juin. « Le Conseil électoral provisoire, suite au renouvellement de l’état d’urgence sanitaire par l’exécutif le 31 mai 2021, tenant compte des différentes rencontres avec la cellule scientifique et le ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), se voit dans l’obligation d’ajourner le scrutin référendaire du 27 juin 2021 », pouvait-on lire dans le communiqué # 11 du CEP, signé par Guylande Mésadieu, présidente du Conseil.

«Cette décision, explique ce communiqué, est motivée par les difficultés pour le conseil de rassembler et de former l’ensemble du personnel vacataire pour la réalisation du scrutin ». « Par conséquent, un nouveau calendrier d’activités référendaires et d’élections sera adopté et publié par le Conseil après les recommandations des autorités sanitaires et les avis techniques des cadres de l’institution électorale », avait indiqué ce communiqué de ce CEP décrié dont les membres n’ont toujours pas prêté serment par devant la cour de cassation.

Roberson Alphonse
JOURNALISTE LE NOUVELISTE ht.

LE 10 JUIN 2021

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