septembre 24, 2021

Le Tout Au Pluriel Magazine

Nous sommes vos yeux et vos oreilles

URGENCE: Par: Robert Malval

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Ex pm

National

S’opposer, comme gouverner, c’est prévoir. Aussi, les observateurs restent effarés face à l’imprévoyance des ténors de l’opposition qui pendant des mois réclamaient sans répit la mise en place d’un gouvernement de transition pour supplanter celui de Jovenel Moïse, et qui, un mois après l’assassinat de ce dernier, tardent à s’entendre sur une formule de remplacement, voire sur une gouvernance minimale. Faut-il penser que cette large coalition hétéroclite liguée contre le pouvoir PHTK pâtit des défauts propres à toute alliance qui se rompt dès que le repoussoir qui lui sert de liant disparaît ? On assiste à un émiettement affligeant au moment où le pays a un besoin politique pressant.

Les inconditionnels d’un dogmatisme aveugle et suspect d’opportunisme, s’enferment dans une idée fixe qui consiste à faire table rase sans en avoir les moyens. Vouloir extirper à la fois le chancre du jovenelisme et ceux qui s’en réclament ne peut que faire le jeu de ces derniers. Leur refus d’une solution de rechange fondée sur le choix de personnalités les moins clivantes pour piloter la transition ne favorisera ni l’avancée démocratique ni la dissipation du fantôme de Jovenel Moïse dont les orphelins les plus sulfureux, surfant sur l’émotion populaire du moment, se servent pour s’imposer et ajourner les questions de fond, voire même pour durer, le temps d’organiser et d’orienter les élections à venir à leur seul profit.

Il y a certes des exigences morales et politiques à satisfaire et qui ne peuvent être différées. En effet, la perversion de la démocratie par Jovenel Moïse doit être corrigée promptement, et quiconque aspire à la magistrature suprême, même à titre intérimaire, doit en être conscient. Le retrait des décrets inconstitutionnels, la mise à l’écart du Conseil électoral provisoire illégal, le renvoi sine die du référendum, l’ouverture du dossier PetroCaribe en constituent le minimum. Même les partisans les plus lucides de l’ancien pouvoir savent qu’ils ne peuvent s’y perpétuer, encore moins apaiser le pays, sans se contraindre à cette condition première de normalisation et de redressement.

Une appréciation des forces en présence commande une approche réaliste. On ne fait pas de politique selon son inclination mais en œuvrant dans le contexte d’une réalité existante. Le PHTK, même en lambeaux, a toujours les leviers du pouvoir et un soutien anxieux de Washington. Les irréductibles ont pour seule arme le verbe haut, souvent éloquent mais parfois outré. Ils misent sur les masses pour être leur armée de réserve mais sont impuissants à les mobiliser tant les gangs les terrorisent. Pourquoi alors ne pas marcher derrière Joseph Lambert ou Mirlande Manigat ou encore Edgar Leblanc pour avoir au moins un pied à l’étrier afin d’espérer être un jour bien en selle ? Une évidence s’impose: sans un chef de l’Etat pour donner force de loi aux exigences ci-dessus, il n’y aura ni rétablissement démocratique ni élections crédibles. Alors gare à la lame de fond qui bousculera tout car la démocratie n’est pas un besoin pour des ventres vides ! La mise sous tutelle du pays en sera l’ultime dénouement.

Robert Malval
Auteur

LE 8 AOÛT 2021

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