septembre 24, 2021

Le Tout Au Pluriel Magazine

Nous sommes vos yeux et vos oreilles

Carole à la saveur de « krèm ti karol »

4 min read
Partagez cet article
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

De Davidson Philippe

Les eaux des océans seraient insuffisantes pour laver ma mémoire de cette belle et charmante jeune fille dont la beauté m’a épris. Elle était de celles qu’on oserait laisser se carapater sans visiter son corps et dévorer sa chair même au péril de sa vie. Son corps, ses charmes, son sexe et ses sens n’ont pas besoin des grades d’une armée pour mettre au garde à vous un ange voire un mortel.

« C’était coucher avec elle et mourir ». Pour certains, c’était Aphrodite matérialisée, la déesse de la beauté de l’Iliade d’Homère. Pour d’autres, c’était Béatrice avec qui dans l’enfer de la Divine Comédie Dante a connu un séjour paradisiaque. Quelle femme !

Combien sont elles les étoiles qui ne cessent de briller pour garder l’éclat parfait de la voie lactée ? Combien de gouttes d’eaux qui se joignent pour former l’immensité de l’océan? Combien de cellules qui s’enchaînent pour garder le corps humain actif ?combien…et combien de questions faut-il poser pour comprendre les variantes de la vie humaine?

Pourquoi après « l’hiver c’est le printemps»? Après le bon temps vient le mauvais? Pourquoi ?

Accepterions-nous que la vie certaines fois se présente comme un match de box ou seul le plus fort et le plus expérimenté a la chance de gagner ? Stimulé par un public assoiffé de spectacle et de plaisir qui à l’unisson crie au k .o? Mais où est passé le vrai dans toutes ces histoires ? Ne serait-ce pas l’avantage donné à l’égoïsme au détriment de l’altruisme et le malheur au mépris du bonheur?

Le malheur, j’en connais le goût amer, puisqu’il me l’a cicatrisé comme un tatouage dessinant la croix de baron samedi, où tout autour tourne le serpent de Dambalah. Et ce dernier fait plus peur que le vacarme des boulets de canon sur un champ de bataille.

Et l’heure de mon combat fut venue. Elle se présenta devant moi presque nue dans une petite culotte qui laissait voir ses poils de chevrettes. Son ventre plat accompagne ses seins, projette l’éclat d’une toile qu’aucun peintre n’a jamais réalisé. Dans un discours émanant du tafia je déclare que seule la cote de gressier communément appelée : « kay gwo manman » pourrait accoucher de telle créature. Je me précipitai de donner un prix pour qu’ensuite me rendre sous un ajoupa fait de morceau d’étoffe, de bout de bois, et de feuilles de tolles en très mauvais état disposées dans un désordre bien ordonné pour conserver la saveur du plaisir. Ce qui ne dérangeait pas ma vue. J’ignorais tout pour jouir du spectacle qu’offrait le corps de cette créature créatrice. Sous les conseils de bons amis je me garde de prendre à coup sûr de bonnes gorgées de ma potion composée de : safran, bwa cochon, lyann bande, sele bride, pistach et du bon tafia de chez nous. C’était l’unique arme pouvant aider un chrétien vivant à tenir une bande aussi longtemps. Il faudrait entendre Carole à chaque coup de hanche laisser sortir un son qu’aucun linguiste ne peut interpréter. Qui l’aurait imaginé ? Carole qui donne du plaisir pour de l’argent fait monter l’orgasme à son paroxysme. Pour la première fois de ma putain existence j’ai goûté à un tel sirop, qui, je n’en doute pas, a déjà apaisé la soif de plus d’un. L’idée m’était venue de vider le baril, ce qui était impossible. J’ai encore le fantasme du corps de la belle Carole, ses cris et ses déhanchements qui, pour moi constituent un souvenir indélébile.

De retour à Port-au-Prince je fis part de cette aventure à l’un de mes meilleurs amis, il me comprenait mal et m’a même traité de fou. Quelques jours plus tard, irrésistiblement attiré par ce souvenir, je revins sur la cote pour me replonger dans les charmes et déguster les cerises du gâteau de ma belle Carole à la saveur de « krèm ti karol »

En arrivant j’ai parcouru tous les ajoupas et je ne l’ai pas vue. Je me suis renseigné auprès d’un marchand de tafia qui me faisait croire que Carole se présente des symptômes du virus… SIDA. Ce qui m’a laissé ma plus grande peur, c’est que j’ai payé le double pour ne pas porter de préservatif.

LE 3 SEPTEMBRE 2021
TOUS DROITS RÉSERVÉS
harryespoirmichel@gmail.com telephone 50948438136.

LE TOUT AU PLURIEL MAGAZINE NOUS SOMMES VOS YEUX ET VOS OREILLES…