octobre 28, 2021

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Actualités Cultirel culture sans frontière IAM, Kanye West, Nas… notre sélection d’albums rap du mois

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On a écouté

Par Kévin Boucaud-Victoire et Myriam Perfetti

LE tout au pluriel magazine via Myriam net.
Marianne net.

IAM – DEUXIÈME VAGUE
Frustrés par les annulations successives de leurs concerts, en raison de la crise sanitaire, IAM, l’un des piliers du rap français, a décidé, deux ans après la sortie de leur neuvième album studio, Yasuke, de remettre à l’écriture, de composer et de se distribuer comme au temps de leur jeune âge, en totale indépendance. Et de produire un album divisé en quatre EP de six titres. Le premier d’entre eux, Première vague, est sorti en juin dernier. On y retrouvait, loin des polémiques suscitées par leurs prises de position sur la politique sanitaire, ce qui fait tout le sel de leurs compositions : des textes inspirés par les dérives du monde actuel, des flows fluides, précis, féconds et des instrus, signées DJ Keops, impeccables. Avec, toutefois, un côté plus électro qu’à l’accoutumée. Acmé de ce six titres : « Poison d’avril », où Akhenaton et Shurik’n assènent : « 2022, ça shlingue les bottes noires/La bière contre le Char’, on est pas des codes barre […] Ça donne plein de conseils du fond de la Berline/Et nos questions jaillissent comme des pierres dans leur pare-brise. » Le ton était donné.

Le second EP, Deuxième vague, paru il y a quelques semaines, surfe plus sur le côté nostalgique, avec un mixage fait main, totalement roots. Témoin ce titre, « Du rêve dans les veines », et ces paroles : « Je suis de l’époque où cette villes a connu tant de peine/Où sa jeunesse s’envoyait du rêve dans veines (quel rêve ?)/Marseille/Marseille/Ça recommence/Ça recommence. » Ecrit bien avant que le président Macron ne se risque à une visite officielle dans la cité phocéenne en proie aux problèmes de délinquance exponentielle liés aux trafics en tous genres et à son réseau mafieux. Et, surtout, ce Tout ce qu’on est, qui parle d’humanité, d’unité et de partage, délivré allégrement sur un rythme funky : « Ce qu’on veut c’est que les coups se changent en étreintes/Que le courage revienne là où règne la crainte/Que les champs de mines redeviennent des champs de fleurs/A voir et s’apprendre, vois tout ce qu’on est/A repousser les cendres, vois tout ce qu’on est/A vouloir se comprendre, vois tout ce qu’on est/Allez viens, allez viens, allez viens ».
« On avait envie de contrecarrer la vague de peur par quelque chose de positif et musical », explique Akhenaton. Mission accomplie.

En concert le 14 novembre à l’Olympia, Paris IXe, et le 21 novembre, au Silo à Marseille.

Par Myriam Perfetti

KANYE WEST – DONDA
Quand il ne fait pas les gros titres pour ses frasques, Kanye West sait être un des artistes les plus novateurs de notre époque. Anticipant souvent les tendances – pour le meilleur comme le pire –, Ye est capable de se renouveler à chaque disque. Nous l’avions laissé en 2019 avec un album de gospel réussi, Jesus is King. Pour son 10e album, l’ancien kid de Chicago nous livre deux heures d’un rap avant-gardiste aux sonorités soul et gospel. Album expérimental, Donda avait été joué, en versions non-définitives, trois fois avant sa sortie devant un public dans un stade à Chicago, afin de permettre à l’artiste de faire évoluer son œuvre.
Tout au long des 26 morceaux qui composent l’album, Kanye navigue entre paroles intimistes, évocations de son divorce en cours avec Kim Kardashian, textes religieux et dénonciation de la « cancel culture », sur fond d’hommage à sa mère, Donda West, décédée en 2007 et dont la voix ouvre le disque. Niveau invités, l’artiste fait preuve d’un éclectisme rare, de son mentor Jay-Z, à Marylin Manson, en passant par Chris Brown, Dababy, Kid Cudi, Travis Scott, Swizz Beatz ou Lil Young. Aux manettes sur la plupart des morceaux, Kanye West nous prouve une fois de plus qu’il est un des meilleurs producteurs au monde. Difficile néanmoins de rester constant sur deux heures, surtout en cherchant à se renouveler à chaque morceau. Si l’auditeur passera un bon moment en écoutant Donda, l’album reste néanmoins bien en-dessous des meilleurs albums de Ye.

Par Kévin Boucaud-Victoire.

NAS – KING’S DISEASE II
C’est l’histoire d’un MC qui a atteint le sommet de sa carrière à seulement 21 ans. Dix-sept ans après le magistral Illmatic, classique parmi les classiques du rap, les fans de Nasir Jones ont fini par se faire à l’idée que leur chouchou ne refera plus jamais le disque parfait. Malgré parfois une impression de gâchis, chacun des quatorze albums du rappeurs mérite d’être attentivement écouté. Le dernier, King’s Disease II, ne déroge pas à la règle. Suite d’un bon album – mais pas un de ses meilleurs – sorti un an plus tôt, ce nouvel opus s’annonçait plein de promesses : une nouvelle collaboration avec Lauryn Hill, 15 ans après le mémorable « If I Ruled the word », ainsi qu’un morceau avec EPMD, légendaire groupe de la scène underground new-yorkaise, et surtout Eminem. Cette première collaboration entre deux des MCs les plus techniques du monde était autant attendue que crainte. Car ces dernières années, ces deux monstres ont souvent déçus. Mais cette fois ce n’est pas le cas. Musicalement, aucune fausse note pour Hit-Boy, entièrement aux manettes, comme pour King’s Disease. On peut cependant reprocher que niveau thème, l’artiste tourne un peu en rond, évoquant constamment sa nostalgie de l’âge d’or du rap. Un petit bémol qui n’empêche pas Nas de continuer à écrire sa légende.

Par Kévin Boucaud-Victoire.

LE 2 OCTOBRE 2021

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